Sunday, December 07, 2008

Activités libres

Maintenant que j'ai à peu près digéré la fin de mon implication dans Wikipédia, j'ai décidé de reprendre quelques activités associatives.

J'ai donc demandé (et obtenu) un compte sur Citizendium, un projet d'encyclopédie libre (sous licence Creative Commons) concurrent de Wikipedia, lancé il y a deux ans par Larry Sanger, un des cofondateurs de Wikipedia, et qui se distingue de cette dernière par une différence de taille : les articles, bien que rédigés par qui le désire, sont revus par des contributeurs ayant un statut particulier et pouvant justifier d'une expertise dans le domaine correspondant. Il est également nécessaire d'avoir un compteJ'étais sceptique au moment du lancement du projet, et de fait, la croissance de Citizendium est lente, mais j'ai envie de voir les choses de plus près.

D'autre part, j'ai adhéré à l'April, l'Association de Promotion et de Recherche en Informatique Libre. J'en profite pour mettre un bandeau promotionnel appellant à l'adhésion sur ce blog.

Dans les deux cas, je n'ai pas encore décidé quel sera mon niveau d'engagement ni ce que je ferais, concrètement. On verra bien...

Je ne peux que vous enjoindre à faire de même : trouvez une cause qui vaut la peine que vous vous engagiez pour elle, et trouvez un moyen d'action : adhésion à un association, pétition, écriture (du blog au livre, en passant par un article sur un média citoyen comme Agoravox)... Et joignez le geste à la parole. Le plus difficile, c'est le premier pas. Ensuite, on est pris dans l'action, et ça devient passionnant. Tous ensemble, nous pouvons changer le monde.

Wednesday, December 03, 2008

"Après la démocratie", d'Emmanuel Todd



Dans la lignée de rigueur des ouvrages d'Emmanuel Todd, voici "Après la démocratie".
Le thème du livre est, comme son nom l'indique, le devenir de la démocratie à l'heure où les soubresauts électoraux (présidentielles de 2002 et de 2007 en France, de 2000 et 2004 aux Etats-Unis, primaire de l'élection de 2008 aux Etats-Unis) montrent que les citoyens sont de plus en plus désabusés par la classe politique et que l'écart entre élites et classes populaires s'accroit.

La cause primaire de ce phénomène, selon Todd, est le libéralisme effréné, les élites ne remplissant plus leur rôle de direction politique pour ne plus se préoccuper que de leurs intérêts propres. De plus, il n'y a pas d'alternative politique, le PS comme l'UMP (ou les Républicains comme les Démocrates, aux Etats-Unis) étant des chantres du libéralisme et du libre-échange générateurs de délocalisation, et par tant, de baisse du niveau de vie (perte de pouvoir d'achat et chômage). Le peuple est en train de réaliser cette état de fait et a de plus en plus de mal à l'accepter, à mesure que les conséquences négatives sont de plus en plus évidentes.

Selon Todd, les adeptes du libéralisme sont aveuglés par une pure croyance, puisque son application est en train de conduire à la paupérisation de toute la population, à l'exception des 1% les plus riches, en gros.

Il affirme que la scission entre élites et peuple risque de conduire à la fin de la démocratie, et se risque à prévoir 3 avenirs possibles pour la France : une démocratie éthnicisé, où les musulmans seraient exclus, la société se ressoudant grâce à cette exclusion (logique de bouc émissaire) ; une disparition pure et simple du suffrage universelle, au moins au niveau national, éventuellement grâce aux nouvelles technologies ; et, plus positif, une intégration dans un ensemble plus vaste, une véritable Europe politique démocratique.

Todd, comme toujours, étaye son raisonnement de données statistiques, et s'appuie sur la sociologie, mais aussi l'anthropologie et l'évolution historique des sociétés, rendant son propos extrêmement crédible, comme c'était déjà le cas avec "Après l'empire".

Tuesday, December 02, 2008

La France est-elle encore un pays libre ?

20 mois après l'accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la question est posé, comme on pouvait malheureusement s'y attendre : la France est-elle encore un pays libre ?

Plusieurs affaires récentes donnent une image inquiétante de cette thématique :

  • L'arrestation de Vittorio de Filippis, ancien directeur de la rédaction de Libération, concernant une banale une plainte pour diffamation. Filippis a été "cueilli" à son domicile à 6 heures du matin, menotté, fouillé au corps plusieurs fois, on l'a même obligé à se déshabiller, et on lui a interdit d'appeller son avocat, ce qui est pourtant un droit élémentaire. On apprend à cette occasion que ce type d'abus est loin d'être exceptionnel, et que, quand il ne s'agit pas d'une personnalité, il n'y a rien, là, semble-t-il, de scandaleux
  • La fouille d'élèves de 4e, donc âgés de 13 à 14 ans, dans un collège du Gers, par des gendarmes ayant fait irruption dans la classe avec un maitre-chien et son animal. On apprend à cette occasion que cette histoire est loin d'être un cas unique, que près d'une trentaine de fouilles systématiques ont déjà eu lieu dans des écoles depuis début 2008
  • Il existerait un projet gouvernemental pour emprisonner des enfants dès 12 ans. Frédéric Lefèbvre, porte-parole de l'UMP et proche de Sarkozy, a d'ailleurs tenu des propos concernant "la détection précoce de comportements" délinquants, parlant de "trois ans".
  • Un décret concernant la loi sur le service minimum impose une "période de négociation" avant le dépôt d'un préavis de grève. Une sorte de préavis au préavis, en somme.
  • Dans l'affaire des vandalismes des lignes TGV, arrestation de personnes engagées politiquement sur des indices extrêmement légers (possession d'horaires de train ou d'ouvrages politiques) en utilisant les législations antiterroristes de manière totalement abusive (même si aucune définition consensuelle du terrorisme n'existe, il est généralement admis que si aucune vie humaine n'est mise en péril, il ne s'agit pas de terrorisme). Ces personnes sont les premières à avoir été placées en liberté surveillée suite à une mise en examen pour un motif lié au terrorisme, depuis que ce type de chef d'accusation existe.
L'ensemble, suite des dérives des mois précédents, dépeind un tableau pour le moins angoissant : l'école passe assez visiblement de l'éducation au dressage, "enseignant" en premier lieu aux enfants à se tenir tranquille, à craindre la police, à obéir et à se laisser exploiter sans se révolter. Et ça se vérifie à tous les niveaux : limitation du droit de grève, mise au pas des médias, instrumentalisation de la justice (ce dernier point est largement démontré au regard des jugements visiblement complaisants et diligents dont bénéficient les multiples plaintes que dépose Sarkozy contre des citoyens de notre pays).

Le 24 juin, je me demandais si on allait bientôt toucher le fond. Il semble qu'on en soit loin, aussi bien économiquement que politiquement !

Wednesday, November 05, 2008

Une bonne chose de faite !

C'est officiel, Barack Obama a été élu président des États-Unis et entrera en fonction le 20 janvier.

Bon, ne boudons pas notre plaisir, c'est une bonne nouvelle. Même s'il est illusoire de s'attendre à un changement radical dans la politique étasunienne, que ça soit en matière de politique intérieure (lutte contre la pauvreté) ou en politique extérieure (les autres pays continueront sans doute à être considérés avant tout comme des vassaux), l'élection d'Obama marque, on peut l'espérer, un retour à un certain bon sens, par exemple la fin des aventures militaires monstrueuses des États-Unis ou la privatisation des fonctions régaliennes de l'Etat (prisons, armées, gestion de crise...). Ensuite, tout dépendra de la force et de la volonté du nouveau président de revenir sur les législations délétères comme le Patriot Act. Pour l'instant, je me plais à penser qu'Obama a une volonté de réforme forte, et qu'il va donc chercher à améliorer le sort des citoyens de son pays en supprimant les mesures les plus dramatiques prises par l'administration Bush, ce qui est un bien, en soi.

Espérons toutefois qu'il ne subisse pas le même sort que le seul autre président non WASP (puisque catholique) de l'histoire étasunienne, démocrate lui aussi, un certain John Fitzgerald Kennedy...

Cette élection marque aussi, et c'est important, le retour des Etats-Unis à la démocratie, puisque les Républicains ont renoncé ou n'ont pas réussi à la confisquer en la truquant (certains signes montrent toutefois qu'ils ont au moins essayé, voir mon article du 9 octobre). Là aussi, c'est une bonne nouvelle.

Thursday, October 30, 2008

True.

And now, a short message for our friends from the United States:

Guys, do yourselves a favor, go for a change...



True.

Wednesday, October 22, 2008

Plus ça change, plus ça reste pareil...

L'État va "investir" 10,5 milliards d'euros d'ici la fin de l'année dans 6 banques afin de redynamiser le marché du crédit. Quelle forme prendra cet investissement ? Un prêt ? Un prise de participation ? Ni l'un, ni l'autre, si on en croit le Canard enchainé d'aujourd'hui : La méthode retenue semble être celle de l'investissement à fonds perdus, également appelé "cadeau". Il n'y a pas de prise de participation, et les accords sont plus que flous concernant les modalités de remboursement. Bellaciao semble penser également que les banques ne rembourseront jamais.

Toutes les promesses de "refondation du capitalisme", de moralisation de la finance et de retour sur l'investissement consenti par l'Etat afin de ne pas creuser les déficits ne sont donc que des mensonges. Tout ça n'est encore qu'une autre occasion pour Sarkozy d'obliger ses amis. Et toujours à nos frais. Rien ne va changer. Rendez-vous dans 10 ans pour la prochaine crise (En supposant qu'on arrive à surmonter celle-ci). Le contribuable sera de nouveau mis largement à contribution (c'est à ça qu'il sert, non ?), après avoir endetté nos enfants, on endettera nos petits-enfants. Et on nous promettra de tout faire pour que ça ne se reproduise jamais. Juré-craché...

Quand vous payez vos impôts, faites vous à l'idée que vous ne reverrez jamais la couleur de votre argent. Il n'y a pas d'argent pour les hôpitaux, les écoles ou les transports en commun. Financer les services publics ou faire des cadeaux aux amis, il faut choisir. Et, avec à nouveau plus de 30000 suppression de postes dans la fonction publique pour 2009, j'ai l'impression que le choix a déjà été fait.

Parallèlement, on apprend ce matin qu'une commission parlementaire a retoqué une mesure promise par le gouvernement. Il s'agit de l'aide au transport, qui devait permettre d'aider les salariés à financer le coût du transport entre domicile et lieu de travail. L'employeur aurait eu l'obligation de financer la moitié du coût, à l'image de ce qui est fait en ile-de-France pour les transports en commun. Le président de la commission, Pierre Méhaignerie a déclaré que puisque le pétrole avait baissé, cette mesure ne se justifiait plus. Mais quel rapport ? Je n'ai pas constaté de baisse dans les prix des transports en commun. D'après lui, "il vaut mieux privilégier le salaire direct", alors que, quand le gouvernement parlait encore de pouvoir d'achat (comme ça parait loin...), Sarkozy a bien dit qu'il n'avait pas d'influence sur les salaires. Méhaignerie préfère donc privilégier quelque chose sur laquelle il n'a aucune influence (et qui, au passage, sort complètement du cadre de ladite commission). Les choses ne sont pas prêtes de s'arranger...

Les cadeaux, c'est toujours pour les amis, qu'est-ce que vous imaginiez ? Et ni vous, ni moi ne faisons partie des amis de Sarkozy. Faites-vous une raison.

Monday, October 20, 2008

Bavure




Qu'est-ce qu'une bavure policière ? De nos jours, c'est quand quelqu'un filme une action de police par accident. En effet, qu'est-ce qui permet de penser que quand une arrestation n'est pas filmée, elle se passe dans de meilleures conditions ?

Ce qui fait peur, c'est que il y a 20 ans, ce type de dérapage aurait provoqué un tollé, et de nos jours, c'est à peine si on en parle. Vous croyez que les fonctionnaires en question vont être inquiétés ? Moi non plus.

On a vraiment la police qu'une majorité (53%) d'entre nous mérite. Et il y en a pour s'étonner qu'avec ce genre de choses au quotidien, les populations concernées par ce type d'exactions sifflent la Marseillaise ! C'est vrai, quoi, elle n'est pas belle, la vie, dans notre belle République ?

Dans la vidéo ci-dessus, les policiers font irruption dans un appartement en forçant la porte, sans commission rogatoire, donc en toute illégalité, interpellent sans aucune raison des jeunes qui étaient en train de regarder la télévision et molestent l'un d'entre eux à coups de matraque (ce qu'on voit très distinctement dans la vidéo) sans être en position de légitime défense, ce qui est donc tout simplement une agression.

Dernière minute : un policier aurait porté plainte pour agression contre l'un des gamins, car il s'est cassé le pouce en le frappant. Quelle indécence...

Wednesday, October 15, 2008

Siffler la Marseillaise

Hier soir, avant le match de football entre la France et la Tunisie, des supporters ont sifflé la Marseillaise. La question qui se pose, à mon avis, est : pourquoi siffle-t-on la Marseillaise ? Sans même prétendre répondre à cette question, qui dépasse de loin le cadre de cet article, on peut affirmer sans trop se tromper qu'interdire ce type de manifestation (une loi créant un délit d'outrage aux symboles nationaux a même été créé en 2003, après des évènements similaires lors d'un match de foot en 2002), c'est vouloir simplement combattre les symptômes sans combattre les causes. En d'autres termes, si vous n'êtes pas content, fermez-la ou il vous en cuira.

Et dans la cocotte-minute, la pression monte, monte...

Saturday, October 11, 2008

Les banques ont-elles encore une utilité ?

Le G7 vient de décider (vous avez remarquez comme on est repassé subrepticement du G8 au G7 après la guerre en Géorgie ? Le G7, auquel la Chine n'est pas associée, est donc un groupe composé exclusivement "d'alliés" des États-Unis) qu'il ne laisserait plus aucune banque faire faillite dans les pays qui le composent.

Après les multiples aides déjà annoncées dans les derniers mois, on peut donc considérer que la crise des subprimes, qui a été le détonateur de la crise actuelle, est terminée.

A quoi est donc due la crise actuelle ?

On nous parle de "perte de confiance des établissements financiers", qui entraine ce qu'on appelle un "credit crunch", c'est à dire une pénurie des crédits. En d'autres termes, les banques refusent chroniquement le risque représenté par les prêts. Ce qui a pour conséquence de mettre à sec les autres acteurs de l'économie, à commencer par les entreprises et les particuliers. Il est par exemple actuellement presque impossible de contracter un prêt immobilier.

Le problème, c'est que ce risque est le principe même du métier bancaire. On en est donc au point où les banques refusent tout simplement de faire leur métier, qui est justement de prêter de l'argent. Ce risque justifie par exemple les intérêts que perçoivent les banques (rappelons à ce propos que les banques prêtent l'argent qu'on leur confie, et non le leur. Seul le fait qu'elles assument ce risque justifie leur rémunération).

D'où ma question : L'État peut-il accepter que les banques, qui exercent une fonction malheureusement indispensable au bon fonctionnement de notre économie, puissent décider ainsi, unilatéralement, de refuser de l'exercer, au risque de faire sombrer le pays dans la crise ? L'actuelle crise démontre clairement l'importance stratégique de leur fonction.

Personnellement, je pense que non, ça n'est pas acceptable. Je pense que l'État devrait autoritairement nationaliser toute banque qui se refuserait par principe à accorder des crédits.

Thursday, October 09, 2008

Vers des élections truquées ?

Ca fait un moment que je fais part de mes craintes concernant le trucage de la prochaine élection présidentielle aux Etats-Unis.

Le Nouvel Observateur indique aujourd'hui que le New York Times a trouvé des irrégularités dans les listes électorales étasuniennes : des dizaines de milliers d'électeurs ont été radiés dans au moins 6 états clés, en violation de la loi. Officiellement, il s'agirait d'une erreur. Une erreur à très grande échelle (6 états), quoi. C'est ballot, quand même, non ? Et toujours au profit du même parti, comme en 2004 et en 2000. Une coïncidence, sans doute.

Ça commence...

Tuesday, October 07, 2008

Wikipédia : un bilan

Wikipedia... je me rends compte que je n'ai jamais dressé le bilan que je faisais de l'expérience de 5 ans dans les entrailles de l'encyclopédie désormais bien connue, et avec laquelle j'ai rompu toute forme de collaboration en mars dernier.

Bien... commençons par le début.

J'ai découvert Wikipédia en mai 2003. Je recherchais des informations sur un site de Sun Microsystems, alors que je travaillais pour une SSII à Strasbourg. Et il y avait là un lien vers un site appelé Javapedia, un site qui affirmait vouloir prendre comme modèle Wikipédia. "Mais qu'est-ce donc que Wikipédia", me suis-je dis. J'ai suivi le lien qui se trouvait sur la page, et c'est ainsi que j'ai découvert l'encyclopédie libre. Le site ne payait pas de mine à l'époque. Début juin 2003, la Wikipedia anglophone contenait à peine 132 423 articles. Quant à la version francophone, elle en avait 11 296 (pour plus de 700 000 maintenant). Et certaines versions n'utilisaient même pas encore le désormais célèbre logiciel Mediawiki (appelé à l'époque "phase 3"), mais UseModWiki, comme les versions en swahili ou en basque, par exemple....

Malgré cela, pour moi, le coup de foudre fut instantané. Je n'ai pas honte de le dire, j'ai toujours cherché un moyen de changer quelque chose de manière décisive, de faire quelque chose qui fasse une vraie différence pour mes contemporains et pour ceux qui viendront après nous. Et là, sous mes yeux, se trouvait quelque chose de si révolutionnaire que son potentiel était flagrant même dans l'état embryonnaire où elle se trouvait : Un moyen de donner un accès universel au Savoir, librement, sans contrainte et gratuitement, et ce partout dans le monde. Mais aussi, une nouvelle manière d'envisager l'interdisciplinarité, de l'art à la médecine, de la spiritualité aux technologies industrielles. Mais aussi, une expérience d'ouverture et de libre collaboration, de partage et de travail en commun. Pour moi, ce fut une révélation immédiate.

Après peu de temps, je tentais une première modification(*), en n'osant y croire : tout le monde avait-il vraiment le droit de modifier le contenu ? Eh oui. C'était incroyable. Terrifiant. Fascinant...

Dans les cinq ans qui ont suivi, j'ai consacré un temps considérable à participer au projet, rédigeant, mais aussi participant aux discussions et aux prises de décision, sur Wikipédia comme les projets connexes. J'ai ainsi participé, entre autres, à la création du Comité d'arbitrage et au comité de pilotage pour la création de Wikimédia France. Je suis devenu administrateur sur la Wikipédia francophone, puis bureaucrate (un statut donnant le pouvoir purement formel de donner les droits administrateur, après vote de la communauté), administrateur sur les Wikibooks anglophone et francophone, sur le Wikinews francophone, etc. J'ai participé au choix du logo actuel. J'ai aussi été membre du Comité d'arbitrage (il s'agit d'un groupe chargé de régler les conflits entre wikipédiens, et qui a un pouvoir de décision contraignant, une sorte de justice, en somme) de la Wikipédia francophone pendant plus d'une année, ce qui a consommé une partie considérable de mes loisirs.

En juin 2003, Jimmy Wales, le fondateur du projet, a annoncé la création de Wikimedia Foundation, association à but non-lucratif destinée à gérer la croissance du projet et à le promouvoir. La fondation a pris forme à partir du mois de septembre, concrètement. Et c'est là que les ennuis ont commencé.

Alors qu'il aurait fallut créer une organisation très représentative de la communauté, à l'image du mode de fonctionnement des différents projet, Jimbo a créé un machin opaque, une association à laquelle on ne pouvait pas adhérer, mais uniquement constituée au début d'un conseil de 5 personnes, dont il s'est arrogé d'office la présidence et dont il désignait seul deux autres membres, les deux derniers étant élus par la communauté. Ce principe de fonctionnement, mis en place en janvier 2004, était prévu initialement pour permettre le lancement de la fondation et ne devait pas perdurer au-delà de la première année de son existence. Certains wikipédiens, dont moi, sont pourtant perplexes. En janvier 2005, tout naturellement et sans que personne ne soit consulté, le même principe est pourtant reconduit. Dès décembre 2004, on le sentait arriver, et le 16, j'ai écrit ça. Le 17, Florence Devouard me répondait ça.

Devant ce que je considérais comme la trahison des engagements ayant été pris un an auparavant, j'ai pris la décision d'en appeler à la communauté, et j'ai donc lancé un message ayant connu une certaine notoriété. Le ton était délibérément provocant, car je cherchais à sonner l'alerte, même si cela devait être au prix de ma réputation. Autant dire que je ne me suis pas fait que des amis. Il s'en est suivi une discussion par mail avec Jimbo, pas très fructueuse et dont on ne pouvait rien conclure de très rassurant. Il affirmait en gros qu'il pensait que nous avions pour mission de construire une Wikipedia capable de durer, ce que je ne pouvais qu'approuver, et que seul lui en était capable, ce que je n'approuvais pas du tout.

Ce message n'a rien changé dans l'immédiat, mais je pense qu'il a eu certaines conséquences à plus long terme. Finalement, l'organisation de la Wikimedia Foundation a sensiblement évolué depuis, et j'ai la faiblesse de croire y être pour quelque chose. La structure de la Fondation est maintenant beaucoup plus représentative, avec des membres élus et d'autres désignés par les associations locales.

Dans l'intervalle d'un an entre la première désignation du Conseil d'administration de la fondation et la deuxième, un autre sujet de préoccupation a surgit. Dans différents pays, des gens pensaient que la création d'associations locales permettraient de soutenir plus efficacement le projet. Les premiers pays à se doter de telles associations furent l'Allemagne et la France, avec 6 mois d'écart, environ.

Mais là où les Allemands décidèrent immédiatement de créer un association totalement indépendante, les Français décidèrent de statuts biscornus, où la fondation américaine détenait une minorité de blocage et qui se réservait le droit de modifier le contenu de Wikipédia en cas de décision de justice, ce pour quoi elle n'avait pas la légitimité (au nom de quoi une association de Français s'arroge-t-elle le droit de modifier un contenu qui appartient tout autant à un Belge ou à un Québecois, ou même à un Péruvien, francophone ou non, en fait ?), mais qui était de plus juridiquement très dangereux, puisque cela signifiait d'après la loi LCEN que l'association se reconnaissait éditeur du contenu de Wikipédia. Devant l'entêtement des participants de l'assemblée générale, je claquais la porte, ce même jour, et je ne fais donc pas partie des membres fondateurs. Pour la petite histoire, ces deux points ont été supprimé des statuts à la demande expresse de la coordinatrice de la fondation pour les associations locales, Delphine Ménard (qui n'est pas un poisson ;-), en 2007. Aucune autre association locale n'a suivi ce modèle saugrenu...

Parlons donc de Wikimédia France. Attention les yeux...
J'avoue avoir du mal à savoir par où commencer si je veux parler des problèmes de Wikimédia France. L'indécision et le manque d'ambition chronique ? La mollesse des équipes dirigeantes successives ? L'amateurisme souvent frustrant ?

Après le clash de l'assemblée générale de 2004, je décidais de me désintéresser de l'association française, et de me concentrer sur la rédaction d'articles. Finalement, l'association a mis presque un an à se constituer après cette épisode, ce qui montre bien l'efficacité de l'équipe dirigeante de l'époque. Une fois l'association constituée, après 6 mois, elle piétinait littéralement, et quelques personnes se mirent à la recherche de bonnes âmes afin de faire avancer les choses malgré tout. Delphine Ménard fit appel à moi, et malgré quelques réticences, je finis paraccepter de m'investir dans le fonctionnement de Wikimédia France en octobre 2005. C'est un épisode connu d'un petit cercle de personne comme l'épisode dit "du putsch", où les rares personnes motivés ont pris en main le destin d'une association à la dérive et dont le conseil d'administration était devenu largement virtuel.

Pour Wikimédia France, j'ai entre autres organisé l'adhésion de l'association au Forum des Droits de l'Internet, la participation au Village du Libre de la Fête de l'Humanité (la première fois en 2006, après prise de contact en 2005, et c'est devenu une habitude, depuis), j'ai participé à Paris Capitale du Libre en 2006 et bien d'autres choses. Malgré cela, après mon coup de gueule de 2005, malgré le fait que beaucoup ont reconnu par la suite qu'il était justifié, et malgré le fait que j'ai participé au sauvetage de l'association à un moment où elle courait tout simplement au désastre, je n'ai jamais été élu au conseil d'administration de Wikimedia France. Comme je l'ai dit plus haut, je savais quel risque je faisais courir à ma réputation quand j'ai décidé ce coup de gueule (et les autres), mais j'avoue en conserver une certaine amertume, et surtout un regret, car je pense que les équipes qui se sont succédées à la tête de Wikimédia France ne sont pas à la hauteur (je dois reconnaitre que je ne suis plus trop l'actualité wikipédienne depuis mars dernier, mais je serais surpris que ça ait fondamentalement changé, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Bon d'accord, j'ai jeté un oeil sur le site, puisque j'y ai encore accès, et ça n'a effectivement pas l'air de bouger beaucoup. Sans surprise).

En juin 2006, des obligations professionnelles m'ont contraint à m'éloigner de l'univers wikipédien, et là, nous nous approchons de la fin de mon article. J'ai finalement quitté la société pour laquelle je travaillais, ce qui m'a à nouveau laissé plus de temps. Et là, en mars 2007, j'ai découvert ce que beaucoup ont découvert depuis : un phénomène de noyautage des instances de prise de décision de Wikipédia, différents individus prenant des positions à responsabilité (administrateurs, arbitres), mais pour mieux pousser des intérêts partisans. Des nouveaux qu'on pousse dehors sans ménagement, des anciens écœurés qui s'en vont. Ces phénomènes constituent en outre un véritable tabou sur Wikipédia (la phrase "la cabale n'existe pas" est simplement répétée sur un mode incantatoire), alors que les médias s'en font déjà l'écho (ici, par exemple). Et c'est là qu'apparait, pour moi, en tout cas, la faiblesse de la structure mise en place, à tous les niveaux, face à l'entrisme. Un conflit violent s'ensuit quand je tente de confondre quelques-uns des intrus, mais, avec le recul, je dois bien reconnaitre que c'était présomptueux de ma part devant l'ampleur du phénomène. Un conflit s'ensuivit, qui se termine à la surprise générale à mon détriment (il suffit de consulter les débats, puis la conclusion, pour comprendre qu'on n'a clairement pas la totalité des discussions sous les yeux, et que des décisions ont été prises ailleurs).

Dégouté, je décide de cesser de contribuer, et de prendre une longue pause.

Je reprends contact avec le Wiki-monde à l'occasion de la Fête de l'Humanité 2007, sur le stand de l'association. Je vois aussi le stand de In Libro Veritas, éditeur de contenu libre sous forme papier, avec qui nous avions pris contact l'année précédente. Cette maison d'édition aimerait collaborer avec nous pour faire des éditions papier, sur un thème ciblé, à partir d'article de Wikipédia. Mais personne n'a repris contact avec eux depuis un an, malgré ses nombreuses tentatives de relance ! Agacé, je décide de relancer le projet. J'y vois aussi l'occasion de reprendre contact avec le Wiki-monde.

Le projet est un véritable chemin de croix. Je suis en contact avec Pierre Beaudoin, président de l'association, pour la rédaction du contrat, mais visiblement, il n'est pas franchement enthousiaste. Tout est à faire : Wikimedia France n'a même pas de contrat de licence à jour pour les marques déposées de la fondation. Après des dizaines de coup de fil et de mails, des réunions (celle qui a eu lieu en marge du colloque d'octobre semblait pourtant prometteuse), l'objectif de Noël 2007 est finalement raté, et je décide de jeter l'éponge. Tout était pourtant prêt, le contrat était rédigé, les termes approuvés de manière informelle, il ne restait plus qu'à décider d'y aller. L'échec est-il dû à l'indifférence ? L'indécision ? Autre chose ? Pierre a bien dit vaguement une ou deux fois qu'il s'agissait d'un petit projet, qu'on ne pouvait pas attendre beaucoup de bénéfices... aux dernières nouvelles, il n'y a toujours pas de Wiki-bouquin à la FNAC et aucun projet "d'envergure" n'est venu remplacer celui-ci...

Après, ça vaut à peine le coup d'être raconté. Rien jusqu'à mars 2008 et l'assemblée générale, où comme d'habitude, je ne suis pas élu au conseil d'administration. Je ne peux alors que constater mon impuissance, et le fait qu'il n'y a plus rien que je puisse faire avec mes petits poings pour changer les choses.

Wikipédia est une idée formidable, littéralement, comme peut être formidable le décollage d'un avion. C'est les larmes aux yeux que je la vois se scléroser, sa créativité s'étioler, les anciens contributeurs partir, les nouveaux refuser de rester à cause de quelque clique. La plupart des gens aux commandes semblent maintenant plus intéressés par les avantages que peuvent leur procurer cette position devenue prestigieuse que par l'épanouissement du projet et par ses objectifs, à commencer par la mise à disposition universelle du Savoir, librement accessible. Postes de consultant, médailles, conférences payantes, promotion d'objectifs personnels, stratégie de communication, voila les nouveaux objectifs. Ça devient essentiellement du business. Et comme rien n'a été fait pour prévenir ces dérives quand le projet était jeune, on peut dire sans trop s'avancer que ça sera bientôt trop tard, si ce n'est déjà le cas.

Tout va plus vite dans le monde des technologies de l'information. Wikipédia va-t-elle réussir à vivre toute une existence en une décennie ?

L'encyclopédie a existé bien avant Wikipédia. Si cette dernière perd les qualités qui ont fait son succès, ouverture, universalité, gratuité, liberté, il importe finalement assez peu qu'elle disparaisse ou qu'elle s'englue simplement dans sa propre sclérose et continue à vivoter. Ce qu'elle a représenté sera mort.



(*) : en fait, ce n'est sans doute pas ma première modification. Celle-ci doit avoir quelques jours de plus, avant que je ne créé un compte, mais je ne me rappelle plus quoi il s'agit... :-(

Cet article a été publié sur Agoravox et repris par Yahoo Actualités.

Tuesday, September 30, 2008

French subprimes

Qu'est-ce qu'un crédit-relais ? C'est un crédit qui permet de "faire le joint" entre deux investissements immobiliers successifs : vous possédez un bien immobilier, vous voulez le vendre pour en acquérir un autre (le cas classique, c'est le changement de résidence principale, devenu trop petit suite à un mariage ou à une naissance, par exemple). Le crédit-relais va vous permettre d'acheter votre nouveau bien avant d'avoir vendu l'ancien. La durée d'un tel crédit est donc brève, et il faut habituellement rembourser en une année.

La crise des subprimes a eu deux conséquences dramatiques sur les gens ayant contracté ce type de crédit : la vente du premier bien devient extrêmement difficile, voire impossible (les banques sont devenues très frileuses sur les crédits immobiliers) et les cours de l'immobilier ont baissé, et donc leur deux biens ont perdu énormément de leur valeur. La combinaison de ces facteurs met les titulaires de tels crédits-relais dans une situation intenable : ils ne peuvent pas vendre leur premier bien, et sa valeur ne couvre de toute manière pas le montant du crédit-relais, celui-ci arrivant à échéance. Et à l'heure où les banques sont elles-même dans une situation difficile, inutile de compter sur leur mansuétude...

On estime à environ 30 000 le nombre de ménages concernés en France par cette machine à broyer les gens (d'après France-Info) , ménages qui vont être mécaniquement conduits au surendettement, voire pire.

Est-il moral que les particuliers soient victimes du trou béant creusé par les banques, ce qui a entrainé la baisse des cours et les difficultés actuelles ? Dans la situation actuelle concernant les crédits-relais, les banques sont à la fois l'origine du problème et l'exécuteur qui va saigner les victimes à mort. Ce qui revient à dire que les banques vont avoir la possibilité d'amortir une partie de leurs pertes en dépouillant les pauvres.

Dans mon message du 22 septembre dernier, je disais qu'il était impératif de limiter la liberté des banques. A l'heure où l'État va être amené à renflouer nombre d'entre elles, il est plus que jamais en position de dicter ses conditions. Et empêcher ce nouveau pillage me parait une condition sine qua non pour obtenir les aides en question, ou alors, je ne comprends plus à quoi peut bien servir l'État. Et vous, qu'en pensez-vous ?

Monday, September 29, 2008

Le Roy est partout chez lui

Comme l'a rapporté le Canard enchainé, il y a un certain temps déjà, et comme le rapporte France-Info aujourd'hui, au mois d'août, Sarkozy, président de la République, a mis la puissance de l'Etat (en faillite, rappelons-le...) au service du tout-à-l'égout de la résidence de sa femme située au Cap Nègre.
Pendant que la France dépérit littéralement, ce personnage ne se préoccupe que d'intérêts particuliers, et participe à des réunions de copropriété alors qu'il n'est pas un des copropriétaires.
On se croirait de retour sous la monarchie : Tel Louis XIV dans "le vicomte de Bragelonne", "le roi commande où qu'il soit" (citation de mémoire)...

Monday, September 22, 2008

Le plan Paulson va-t-il sauver le capitalisme financier ?

Bush a annoncé la semaine dernière un plan permettant de sauver les banques américaines du désastre complet. Ce plan, qui est chiffré à 700 milliards de dollars (1000 milliards, selon d'autres sources), consiste à racheter aux banques américaines (et uniquement américaines. Les banques étrangères qui se sont laisser refiler des créances douteuses par les banques américaines pourront se brosser) les titres douteux issus des subprimes, c'est à dire des crédits immobiliers accordés de manière inconsidérée à des gens peu aisés qui ne peuvent pas les rembourser.

On observera pour commencer que ces petits accédants à la propriété, eux, vont tout perdre sans que l'état fédéral ne bouge le petit doigt. Ils vont être dépossédés (c'est souvent déjà fait) du résultat d'une vie d'économie, de travail, de privation, sans pratiquement récupérer quoi que ce soit, et en finissant sans maison et couvert de dettes, puisque la vente de leur bien immobilier ne suffira pas à couvrir leur crédit, les cours de l'immobilier s'étant effondrés. Certains investisseurs dans l'immobilier doivent être en train de se remplir les poches en rachetant massivement à vil prix...

D'autre part, les banques ont spéculé sur l'immobilier pendant des années, réalisant des milliards de bénéfices, et ont fini par se prendre le mur. Et maintenant, c'est l'état, et donc le contribuable, qui va couvrir les pertes ! Voila une vision idyllique du capitalisme financier, sans risque. Faisons un parallèle avec un casino : je joue, si je gagne, je garde l'argent, si je perds, quelqu'un d'autre paie. Le risque est grand que cette crise ôte toute prudence aux financiers, puisqu'ils savent qu'en cas de problème, l'état assumera les pertes !

D'après moi, la crise actuelle prouve incontestablement que les marchés financiers sont incapables de se réguler par eux-même, et que l'état doit prendre des mesures contraignantes, adopter législations et réglementations afin d'empêcher que de telles catastrophes se reproduisent.

Exemples de mesures pour éviter que ce type de crise n'arrive à nouveau :

  • Nationalisation des banques centrales, et pilotage par l'état (ou par l'Union européenne, pour la BCE). Aux États-Unis, par exemple, la Fed est pilotée par un groupement de banques privées, et l'État n'a pas son mot à dire. C'est la porte ouverte à tous les abus.
  • Taxe sur les transactions internationales. C'est le moment de reparler de la fameuse taxe Tobin, qui permettrait de ralentir quelque peu le rythme des transactions internationales.
  • Obligation de couverture des titres à crédit. La "titrisation" (c'est à dire la transformation en titres négociables) de valeurs purement spéculatives, sans fondement matériel, comme des crédits immobiliers, ne permet pas, par nature, de garder le contrôle sur la fiabilité des titres émis. Il est impératif de contraindre les banques de bloquer un pourcentage de la valeur de ces titres virtuels en capital.
  • Interdiction des marchés à terme sur ces titres virtuels. Le marché à terme est un mécanisme qui permet d'acheter et de vendre des titres qu'on ne possède pas, en réglant la différence à un moment prédéterminé, à la fin du mois, par exemple. Ce type de mécanisme est dénué de base solide si le titre ne repose sur rien de concret.
  • Limitation des paiements interbancaires avec ce type de titre. Il faut limiter la circulation de ces titres en contraignant les banques à payer une partie de leurs débits avec des valeurs solides, capitaux ou actions, par exemple.
Il semble malheureusement inévitable que les états règlent la facture dans le cas présent, sous peine de provoquer un effondrement général de l'économie dommageable d'abord pour les plus faibles, comme toujours, mais il serait inexcusable que les états concernés (États-Unis, Grande-Bretagne et France, pour n'en citer que trois) ne prennent pas les mesures pour éviter d'avoir à le faire à nouveau à l'avenir. L'argent du contribuable n'est pas fait pour ça.

Thursday, August 28, 2008

Sarkozy a-t-il viré à gauche ?

La nouvelle vient donc de tomber : le RSA sera financé par un nouveau prélèvement sur les produits du capital et de l'épargne.

Voila qui ressemble fortement à une mesure de gauche, non ?

C'est sans compter avec le bouclier fiscal, qui plafonne les prélèvements que subissent les personnes les plus riches.

Le RSA sera donc financé par un prélèvement qui touchera en premier lieu les petits épargnants. La classe moyenne, quoi.

Donc, non, Sarkozy n'a pas viré à gauche.

Le bouclier fiscal se révèle être une véritable chausse-trappe, et il est à craindre que des prélèvements en trompe-l'œil comme celle-ci se multiplient, taxant les pauvres en prétendant taxer les riches.

Tuesday, July 29, 2008

"La politique de quota ne sert à rien"

Sur France-Info ce matin, j'ai entendu une interview de Fadela Amara. Mais qu'est devenue la fondatrice de "Ni putes, ni soumises" ? Tout en revendiquant sa "liberté de parole" au sein du gouvernement, elle flatte Sarkozy avec la dernière flagornerie, en rappelant bien tout ce qu'il lui a "permis de faire" (sans préciser quoi, au juste). Elle dit aussi que la politique de quota d'expulsions "ne sert à rien". Ne sert à rien !

Mais on pouvait dire... Oh! Dieu! Bien des choses, en somme... Que la politique des quotas d'expulsion est une vraie saloperie, nuisible, une machine à broyer les gens, qui emploie des méthodes de gestapiste pour piéger les clandestins, comme les cueillir à la sortie des écoles quand ils viennent chercher leurs enfants ou de les convoquer en préfecture soi-disant pour accomplir des formalités et les arrêter aux guichets. Une stratégie qui pratique allègrement la politique du fait accompli : on se dépêche d'expulser avant que les personnes arrêtées ne puissent intenter un recours, par exemple, ou avant que ce recours n'aboutisse. Quand finalement on se rend compte qu'il ne faut pas expulser cette personne, il est trop tard. Qu'on parque les clandestins ainsi raflés dans des camps de concentration (appelés centres de rétention), où la qualité de vie est tellement catastrophique que la France est régulièrement condamnées depuis plusieurs années par toutes les ONG humanitaires (Cimade, Amnesty International, LDH, Comité Européen de prévention de la Torture) ou organismes internationaux (OCDE, ONU, Conseil de l'Europe). Des culs de basse fosse, dans lesquels on parque les gens, les vieux comme les jeunes, et même les enfants ! Qu'ils sont ensuite renvoyé chez eux sous escorte, avec une telle violence qu'on ne compte plus les cas où des passagers anonymes empruntant les mêmes avions se sont déjà offusqués, voire ont même pris la défense de ces "terribles criminels". Certains expulsés sont morts aux mains de la police durant leur expulsion. D'autres, bien que n'ayant pas bénéficié en France du statut de réfugié politique, ont été assassiné une fois de retour dans leur pays d'origine. D'autres encore se retrouvent dans un pays dont ils ne savent rien, où ils n'ont jamais vécu, dont ils ne parlent parfois même pas la langue, étrangers dans un pays dont ils ont pourtant la nationalité.

Cette politique a du sang sur les mains.

Voila, madame Amara, ce que vous auriez dire, ce que vous auriez dénoncer, si votre "liberté de parole" n'avait pas été complètement imaginaire, rien de plus qu'un mensonge, si vous n'aviez pas été complètement corrompue par le système dans lequel vous avez accepté d'entrer. En ne dénonçant pas ses dérives, en restant dans ce gouvernement, voila ce que vous cautionnez, ce dont vous êtes complice !

Quand vous indiquez que vous touchez 11500 € par mois, on comprend mieux où est votre intérêt. Mais par pitié, cessez de vous revendiquer de gauche. Vous n'en avez plus aucune caractéristique ! Vous n'êtes qu'une ministre de droite, caution morale d'un gouvernement de droite qui gouverne dans l'intérêt des puissants, en s'asseyant totalement sur l'intérêt du plus grand nombre. Vous ne servez qu'à entretenir le mensonge, qu'à dissimuler cette situation aux yeux du peuple en créant l'illusion d'une préoccupation sociale dans l'action du gouvernement, ce qui est faux !

Aujourd'hui, les habitants de notre pays ont peur. Peur de l'avenir, peur de la misère, peur de la prochaine annonce fracassante de votre gouvernement, anxieux de voir où la foudre arbitraire va s'abattre la prochaine fois, quelle sera le prochain service public qui sera démantelé, à quoi il va falloir renoncer, mais aussi peur du présent et des matraques de la police, peur d'aller en prison pour s'être révolté, peur de perdre son emploi pour ne pas avoir accepté des baisse de salaire ou des heures supplémentaires éreintantes. Et vous ne faites rien pour changer cela. Vous ne freinez rien du tout. Votre "plan banlieue" n'est qu'un alibi, un cache-misère (au sens propre comme au figuré), sans budget, et, on le voit déjà, sans effet. Épargnez-nous au moins vos platitudes, je suis certain que vous n'y croyez plus vous-même, en supposant que vous y ayez jamais cru !

Tuesday, July 15, 2008

Naissance de l'Union Pour la Méditerranée ?

Le 13 juillet au soir, tout le monde se congratulait lors du grand raout à la gloire de Sarkozy : l'Union Pour la Méditerranée sortait de terre (de mer ?), en ayant enfin quelques projets :

-Dépollution de la Méditerranée : Cela correspond-il vraiment aux préoccupations des pays du Sud ? On peut en douter
-Autoroutes maritimes et terrestres : mais qu'est-ce donc ? Rien de concret de décidé
-Protection civile contre les catastrophes naturelles : Anecdotique. Les incendies de forêts sont plutôt une problématique de la rive nord, où la collaboration existe déjà depuis longtemps, et on ne voit pas trop en quoi les pays de la rive sud pourraient être utile. Concernant les catastrophes de plus grande ampleur (séisme, ouragan...), on ose espérer que l'appartenance ou non d'un pays à l'UPM ne sera pas un facteur déterminant pour l'envoi de secours !
-Université euro-méditerranéenne : 800 millions d'habitants, 1 université...
-Énergie solaire : mais encore ? Là encore, c'est typiquement une préoccupation de pays riche, à mille lieux des problèmes énergétiques d'un pays comme la Tunisie.
-"Initiative méditerranéenne de développement des affaires" : Mais qu'est-ce donc ?

De plus, ce sommet aurait été l'occasion pour le Liban et la Syrie d'annoncer un échange d'ambassadeurs et pour Israël et les Palestiniens d'avancer vers la paix.

Le 14 juillet, l'euphorie est déjà retombé et la réalité reprend ses droits : on s'aperçoit aisément que l'UPM elle-même n'est qu'une coquille vide (on notera d'ailleurs l'étrangeté de la démarche : d'habitude, on créé une organisation parce qu'on a des projets en commun, alors que là, à l'inverse, on décide de la création d'un "machin" avant de se demander à quoi ça va bien pouvoir servir et d'improviser un contenu sur le pouce) n'ayant en particulier aucun financement et donc aucun moyen d'action (mais vu l'absence de projets concrets, ça ne posera peut-être pas un très gros problème), qu'aucune décision concrète concernant la constitution de l'UPM n'a été prise, au-delà du principe (même la localisation du siège de l'UPM n'a pas été tranchée), Bachar el-Assad a dit que l'échange d'ambassadeurs nécessiterait "un certain temps" et la signature de la déclaration finale du sommet achoppe à cause de désaccords israélo-palestiniens (la création d'un état palestinien n'y est pas évoquée, les Palestiniens se retrouvent donc comme toujours dans la position des dindons de la farce).

Bref, on est à nouveau dans la même situation qu'après le Grenelle de l'environnement : de belles paroles, dont on sait qu'elle ne serviront à rien au moment même où elles sont prononcées. Évidemment, comme pour le Grenelle de l'environnement, les médias parleront beaucoup moins de l'enterrement de première classe dont bénéficiera le projet dans quelques mois ou années...

Alors vous, je ne sais pas, mais personnellement, en tant que contribuable, ça commence à me mettre hors de moi de voir que la France organise des évènements dont le but principal est de permettre à Sarkozy de se mettre en scène dans des postures avantageuses, sans utilité aucune, en gaspillant l'argent public, l'argent que vous et moi payons par nos impôts, à l'heure où tous les Français (enfin presque tous...) sont contraints de se serrer la ceinture.

On peut néanmoins supposer que Sarkozy brûle (déjà) ses dernières cartouches à l'international, et que les autres dirigeants seront moins prompts à répondre à ses appels une fois l'échec de l'UPM constaté.

Wednesday, July 09, 2008

Le STIF ou le flicage généralisé

Il devient peu à peu impossible d'acheter une carte orange sous forme de coupon Paris. Cette carte nominative, mais avec un coupon anonyme permettait pourtant de se déplacer anonymement et sans problème particulier en région parisienne.
Il est maintenant obligatoire d'utiliser la carte Navigo, un dispositif électronique qui se présente sous la forme d'une carte à puce sans contact, tout ce qu'il y a de plus nominative. Elle permet donc de tracer tous vos déplacements dans le réseau du STIF, c'est à dire les réseaux RATP, RER et Transilien. Le STIF affirme sur son site que ces données ne sont pas conservées, mais dans ce cas, j'aimerais comprendre le pourquoi de ce qui suit.
J'ai appris à mes dépens, hier soir, lors d'un contrôle inopiné, que le "Pass Navigo" s'assortissait aussi de nouvelles obligations : il est obligatoire de valider votre carte, même si ce n'est pas nécessaire pour accéder à votre moyen de transport, obligation qui n'existait pas pour la Carte Orange. A défaut, vous êtes passible d'une amende de 40 €. Comme j'avais passé un portique bloqué en position ouvert, je n'ai échappé que de peu à l'amende. Mais je dois dire que la mésaventure m'a agacé.
Moi qui croyait que l'abonnement de 105 € que je paie chaque mois était ma seule obligation et suffisait à me mettre en règle, je me rends compte qu'on vient de m'inventer de nouvelles obligations. En particulier, l'obligation de ne pas rompre le fil que j'ai à la patte.

Monday, July 07, 2008

Sarkozy, le mépris du Peuple

Samedi, lors du conseil national de l'UMP, me président de la République a tenu un discours. Il y a notamment tenu les propos suivants : "Désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit".

Tous les syndicats se sont révoltés contre ce qu'ils considèrent être un affront à leur encontre, les partis d'opposition se sont révoltés contre cette idée cynique du dialogue social.

Mais personne n'a réellement relevé ce qu'il y a profondément choquant dans cette déclaration : l'idée que, à l'heure où les Français vont mal, connaissent la misère, sont malheureux, le but ultime du président de la République serait de les faire se tenir tranquille, d'éviter toute révolte.

Mais pour le compte de qui ?


Sarkozy lors d'un discours, l'air suffisant, comme toujours

Sunday, June 29, 2008

SNCF, c'est possible...

Ce week-end, je suis revenu dans mon Alsace natale. Pour ce faire, j'ai réservé un billet dans le TGV Est, comme je le fais à chaque fois. Cette fois-ci pourtant, je m'y suis pris un peu plus tard que d'habitude.

J'ai donc obtenu un billet où, au lieu d'un numéro de place, figurait la mention "Place selon disponibilité", ce qui veut dire qu'en gros, cette réservation ne me donnait pas accès à une place réservée.

Ce qui signifie en gros, cette réservation est totalement fictive. La SNCF facture un service, la réservation, qu'elle ne rend pas.

Quel ne fut pas mon agacement quand les hauts-parleurs de la gare de Strasbourg annoncèrent l'arrivée du train en ajoutant "l'accès au train est réservé aux personnes ayant reversé".

Et effectivement, j'ai passé les 2h20 du trajet entre Strasbourg et Paris sur un strapontin, dans l'environnement bruyant et inconfortable d'une plateforme en bout de wagon.

Visiblement, la réservation est une convenance pour la SNCF, pas pour le voyageur. La SNCF, elle, surbooke allègrement comme la première compagnie aérienne low-cost venue, alors qu'elle n'a rien de low-cost !

Thursday, June 26, 2008

On se fout de ce que vous pensez !

Lu ce jour sur le site du Nouvel Observateur : Fillon a déclaré, devant l'Union Démocratique Internationale (UDI) que la droite avait "gagné la bataille idéologique". Il estime en outre que la gauche était responsable de "l'étiolement de la croyance dans le progrès" à cause de son refus du "libéralisme, de la compétition et de la mondialisation". D'après lui, ça revient à "refuse[r] la réalité", et donc à être "renversé par la réalité".
Mais de quel progrès parle-t-il, au juste ? Les délocalisations des multinationales, dont les propriétaires paient des vacances à Sarkozy ? La baisse du service public ? Le démantèlement de l'État ? La vente de tous les biens restant de la nation ?
C'est à une véritable liquidation qu'on assiste, et pour voir une victoire là-dedans, il faut vraiment avoir des problèmes oculaires ! Les Français, en tout cas, ne semblent pas convaincus : les sondages n'ont jamais été aussi mauvais, et il parait désormais clair que le gouvernement et Sarkozy ne bénéficient plus du soutien des citoyens dans leur politique. Ce qui n'a pas l'air de les préoccuper le moins du monde, soit dit en passant !
Le libéralisme est loin d'être une "réalité" incontournable. J'irais même plus loin : tous les pays qui connaissent le succès économique l'évitent comme la peste, et ce depuis toujours ! Il y a d'ailleurs une étrange coïncidence entre la conversion massive des politiques français (y compris de gauche, malheureusement) au libéralisme, et notamment au libre-échange, et le déclin de plus en plus visible de la France.

Monsieur Fillon, la méthode Coué ne vous sauvera pas ! Votre gouvernement est une caricature de tout ce qu'il ne faut pas faire, et redresser le tort que vous faites à la France et à ses habitants prendra sans doute des décennies, en supposant que ça soit possible (on jugera sur pièce dans 4 ans). Se féliciter de ses succès quand on est le capitaine d'un navire qui sombre manque ou de décence, ou de clairvoyance, voire des deux. A votre place, je me méfierais du jugement de l'Histoire. Vous et le chef de votre gang risquez d'y entrer comme les liquidateurs de la France, ni plus, ni moins !

Le fait du Prince

Bon, il l'a fait. Sarkozy a décidé de taxer la marine à vapeur pour financer la marine à voile déclinante. Ou plutôt il a décidé de taxer les connexions Internet et les opérateurs de téléphonie mobile pour financer la télévision. La télévision publique, en l'occurrence, qui ne diffusera plus de publicité, et dont le financement va donc devenir complètement indépendant de l'activité. Je m'explique : la publicité est tributaire de l'audience. Si les émissions sont trop mauvaises, les gens cessent de regarder. Même la redevance est dépendante de l'attractivité des émissions : les gens ont toujours le choix de renoncer à posséder un poste de télévision. Mais les téléphones mobiles et les connexions Internet n'ont rien à voir avec la qualité des émissions de télévision (d'ailleurs, je ne pense pas que les FAI et les opérateurs se laissent faire. Ce financement est encore loin d'être certain). Ce qui veut dire que, quelle que soit la qualité des émissions de France Télévisions, son financement sera le même. Sachant que, globalement, les programmes de qualité ont un prix de revient plus élevé que les mauvais, que pensez-vous qui va se passer ?

Mais tout ça n'est que broutilles par rapport à la "petite annonce" faite complètement en passant par Sarkozy hier soir. Profitant de l'effet de choc (tel qu'expliqué par Naomi Klein dans son livre "la stratégie du choc", que je ne peux que vous enjoindre à lire) de son annonce, il en a profité pour décréter que dorénavant, le président de France Télévisions ne serait plus désigné par un organe ayant une relative indépendance, le CSA, mais par "l'exécutif", c'est à dire Sarkozy lui-même. Pour le coup, l'annonce dépasse de loin la problématique de la suppression de la publicité (ça n'a d'ailleurs aucun rapport). Il s'agit d'une prise en main totale du service public de la télévision au profit des intérêts politiques de Sarkozy.

Je repose la question que j'ai déjà posé il y a quelques temps : y a-t-il encore quelqu'un pour nier la dérive autocratique du pouvoir depuis l'élection de Sarkozy ?

Tuesday, June 24, 2008

Est-ce qu'on va bientôt toucher le fond ?

La chute incroyable de la France se poursuit. Aujourd'hui, deux sujets :

-Les publicités télévisées pour l'action du gouvernement en matière de pouvoir d'achat. Outre le fait que ces clips prouvent surtout à quel point ces mesures sont dérisoires, on ne peut que s'interroger sur la démarche. Quel est l'objectif ? Le gouvernement n'arrivera pas à convaincre les gens que tout va bien alors que tout va mal ! D'ailleurs, si l'action du gouvernement était tellement positive, elle n'aurait pas besoin de "communication" comme celle-ci. Personnellement, je déplore ce retour assumé d'une propagande officielle, comme dans une république bananière, et je m'interroge sur l'utilisation faite de l'argent public : les 4 millions d'euros de budget de cette campagne à la gloire du gouvernement aurait été mieux utilisés ailleurs. Et je me pose la question : le gouvernement utilisera-t-il de la même manière les deniers de l'Etat au profit de la promotion de sa politique (et donc de la réélection de ses appuis, à l'Elysée comme au Parlement) en période électorale ? L'ensemble me parait profondément malsain.

-La réduction de la prise en charge des affections longues durées (ALD) par l'Assurance maladie : La plupart d'entre nous affronterons un jour ou l'autre une maladie grave : cancer, greffe, affection cardio-vasculaire, diabète, handicap, etc. C'est souvent notre dernier combat. Ces accidents, en plus de leur influence directe sur la qualité de vie, ont souvent un impact économique catastrophique sur les malades. Pour certaines maladies graves, les malades ne pourraient pas dans leur majorité financer leur traitement. Je pense donc que les ALD sont la première raison d'être de l'Assurance maladie. Je suis d'ailleurs persuadé que pour les maladies bénignes, elle ne sert plus à rien depuis longtemps (le ticket modérateur et la franchise sont à mes yeux un prix normal, équivalent à ce dont la profession médicale devrait se contenter si la Sécu n'existait pas). A mon avis, si on ouvre cette brèche dans l'appui qu'offre l'Assurance maladie aux gens gravement malades, dans un avenir très proche, l'Assurance maladie ne servira plus à rien du tout.

J'espère qu'on va bientôt toucher le fond, pour pouvoir enfin commencer à remonter ! Mais ça, ça nécessite d'abord une prise de conscience.

Friday, June 13, 2008

Irlande, suite

C'est donc officiel, semble-t-il : l'Irlande a dit "non" au Traité de Lisbonne.

Honnêtement, on ne peut que se réjouir d'un tel vote.

Personnellement, je suis clairement fédéraliste. J'aimerais que l'Europe s'unisse politiquement, pour ne former qu'une seule nation. Une nation démocratique.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas le chemin qui est suivi actuellement : l'Union politique, comme je le disais il y a quelques jours, n'est plus du tout à l'ordre du jour, et le TCE, comme le Traité de Lisbonne, entérine cet état de fait, ce qui est une trahison totale des idéaux qui ont prévalu au lancement du projet européen. Ces traités ont pour but essentiel de dicter encore un peu plus leur politique économique aux pays membres. Une politique économique néo-libérale, bénéfique pour les riches, nuisible pour les pauvres.

Pire, l'Europe n'a rien de démocratique. On se demande vraiment qui prend les décisions. Un exemple frappant récent : les poulets à la Javel américains. Personne n'en veut, ni le Conseil de ministres européen, ni le Parlement européen, ni, surtout, les citoyens européens, ni, bien sûr, les paysans européens. Et pourtant, la Commission européenne, forte de son absence totale de légitimité démocratique, a décidé que leur importation serait malgré tout autorisée. Pour faire plus simple, on citera l'ancien premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, qui se défaussait joyeusement sur "Bruxelles" pour justifier des décisions impopulaires.

C'est à tout ça que les Irlandais ont dit "non". Comment leur en vouloir ?

Maintenant, ce que les "décideurs" doivent faire, c'est proposer enfin une véritable alternative pour l'Europe, un véritable projet, enthousiasmant comme il l'était en 1957. En ont-ils vraiment la volonté ? Il faut l'espérer, sous peine de se heurter encore à la juste colère du peuple.

Tuesday, June 10, 2008

Maladie grave

Cette planète a attrapé une grave maladie : l'humanite...

Monday, June 09, 2008

L'Irlande, dernier espoir

Le 12 juin prochain, la République d'Irlande va voter lors d'un référendum sur le Traité de Lisbonne. Alors que le TCE a été ou devait être ratifié par référendum (certains pays ont ajourné la ratification après le non de la France et des Pays-Bas) par 9 pays sur 25, le Traité de Lisbonne, qui reprend l'essentiel du TCE, ne sera ratifié par référendum que par 1 pays sur 27 (la Roumanie et la Bulgarie ayant adhéré à l'Union dans l'intervalle). C'est donc une occasion parfaite pour chiffrer, en quelque sorte, le recul de la démocratie en Europe. On appréciera la ratification française, qui s'assied complètement sur le vote des Français lors du référendum sur le TCE (qui était un "non" franc et massif, à 54,67%, je le rappelle). Je suis curieux de voir ce qui va se passer aux Pays-Bas...

On voit qu'à l'évidence, la méfiance envers le Peuple est devenue la règle dans l'Union, et qu'on préfère faire "ce qui est bon pour lui" (ahem...) sans lui demander son avis, puisqu'il pourrait désapprouver. Ce que confirme la campagne pour le oui en Irlande, basée sur les mêmes arguments qu'en France en 2004 : vous n'êtes pas capable de comprendre le traité, donc faites nous confiance et votez oui. En d'autres termes, il faut voter oui au Traité parce qu'il est incompréhensible. Comme en 2004, on a l'impression que les décideurs ne cherchent pas trop à expliquer les avantages de ce traité, et n'ont finalement que des arguments de forme.

On comprend les réticences des citoyens, tant il est vrai que cette naissance d'un nouveau traité au forceps marque bien une réticence : ce traité, TCE ou de Lisbonne, marque l'abandon sans doute définitif de la volonté d'union politique qui était à l'origine du projet européen, et la victoire définitive d'une Europe purement économique et ouverte à toutes les importations, au détriment de son propre tissu économique.

En d'autres termes, ce projet est l'enterrement définitif de l'Idée européenne. Place à l'Europe de Milton Friedmann et de "l'école de Chicago", faite uniquement à notre détriment.

Bref, pour faire simple : messieurs et mesdames les Irlandais, you are our last hope!

Monday, June 02, 2008

Pensées diverses

Du 7 au 29 juin se déroulera l'Euro 2008 (football, pour ceux qui l'ignoreraient) et du 8 au 24 août les Jeux Olympiques d'été.

Presque deux mois durant lesquels l'attention du public sera détournée de la politique intérieure et où les gouvernements pourront prendre toutes sortes de mesures impopulaires sans que personne n'y fasse attention. Ceci est donc un appel à la vigilance. C'est le moment de défendre vos droits...

Dans un registre plus tragique, indispensable à lire : "La stratégie du choc", de Naomi Klein, dont je parlais déjà en septembre dernier, et qui est enfin traduit en français (moi non plus, je ne me suis pas senti le courage de lire un tel pavé en anglais...). L'auteur de "No logo" dresse un portrait terrifiant de notre monde contemporain, où les neocons sont littéralement l'affut des catastrophes naturelles, guerres et autres désastres pour imposer des mesures injustes en profitant du nuage de poussière (effet de "choc et stupeur") soulevé. Comme le livre vient de sortir, je suis encore en train de le lire, mais elle donne d'entrée quelques exemples : la guerre en Irak, la guerre des Malouines, le tsunami de 2004, l'ouragan Katrina (privatisation de toutes les écoles de la Nouvelle-Orléans), la crise financière asiatique de 1999, etc. C'est effrayant. Et ça pose encore la même question : si nos gouvernants ne roulent pas pour nous, pour qui roulent-ils donc ?

Tuesday, May 06, 2008

Y a-t-il encore une liberté d'expression en France ?

Ca fait un petit moment que je n'ai plus rien publié, n'ayant pas envie, comme je l'indiquais, de me mettre à radoter. Rapporter tous les sujets de révolte ou de plaisanterie de la sphère politique en Sarkozie serait un travail à plein temps, et ça ne m'intéresse pas vraiment. Mais il y a quand même des moments où on dépasse la mesure, où l'abject atteint des sommets.

Par exemple quand une bloggueuse est interrogée par la gendarmerie à cause du contenu de son blog. C'est la mésaventure qui est arrivée à Arthénice, à cause de son article "Moi aussi j'accuse". Chacun appréciera du caractère hautement illégal de ses propos...

Résumons-nous : publier ses opinions politiques sur un blog peut vous conduire à être interrogé par la police, en France, en 2008.

Y a-t-il encore quelqu'un pour nier la dérive en matière de libertés individuelles en France ?

Monday, March 17, 2008

Enfin, une réaction !

Ca fait quelques semaines que je n'ai plus rien écrit dans ce blog, simplement parce que je n'avais pas énormément de choses à dire. Je n'ai pas envie de commenter sans fin les stupidités du clown qui nous sert de président, car j'ai déjà l'impression de me répéter, et que je ne me vois pas répéter ça pendant 5 ans. Je vais donc diminuer la cadence des commentaires concernant la politique française.

Les élections municipales et cantonales ont enfin marqué une réaction face à la politique catastrophique du gouvernement de Sarkozy. Ledit gouvernement a déjà dit entre les deux tours qu'il n'allait pas en tenir le moindre compte et qu'il fallait "aller plus loin dans les réformes" (dixit Fillon), et ne cesse de le répéter depuis hier soir.
Pourtant, sauf à affirmer que tous ces maires de droite non-réélus ont simultanément été rejetés par une étrange coïncidence, il est évident que les citoyens français ont cherché à manifester leur déplaisir au gouvernement. Ce déplaisir ne peut être dû qu'à deux choses : l'attitude personnelle du président, bien sûr, mais aussi la réaction face à des mesures qui provoquent casse sociale, baisse du pouvoir d'achat, appauvrissement du pays, etc. Petite précision : ces municipales marquent le meilleur résultats de la gauche à cette élection de toute la Ve République, c'est à dire 1958 !

Quels sont les conséquences de ce scrutin ?
-Maintenant que les élections sont passées, le Sarko-Circus va reprendre de plus belle.
-Maintenant que les élections sont passées, on va vraiment sentir passer les réformes. Sarkozy n'a plus aucune raison de prendre des gants. Rendez-vous dans la rue !
-La défaite de la droite marque sans doute la fin de "l'ouverture" (entendez : l'entrée au gouvernement de personnalités venues des partis de gauche et qui sont bizarrement d'accord pour participer à une politique de droite), la droite étant brutalement ramenée à terre. Les "ouverts" vont-ils se rendre compte qu'ils sont en train de brûler leur crédibilité par les deux bouts ? On peut en douter.
-Le pari de Bayrou a échoué. Le Modem n'a pas d'électorat, pas d'élus et la campagne électorale a vu la fuite de pratiquement toutes les personnalités qui restaient au Modem, à l'exception de Marielle de Sarnez et d'Azouz Begag, qui ont tous les deux toutefois été battus, tout comme Bayrou lui-même. L'avenir du Modem semble bien sombre.
-La mort du FN semble également acquise. Qui s'en plaindra ?
-Les scores honorables des partis à la gauche du PS vont peut-être enfin leur donner les moyens de s'organiser, de se réformer et surtout de s'unifier de manière à se rendre vraiment utiles. Mais en ont-ils vraiment la volonté ? Les querelles de clocher semblent plus importantes pour eux que le bien des Français.
-Le PS a réussi à faire un bon score en ne changeant rien ou si peu à sa situation après la présidentielle et les législatives (Royal a même failli nous rejouer sa valse à trois temps avec le Modem, alors qu'on ne peut pas vraiment dire que ça lui ait réussi la première fois). Ce n'est pas une bonne nouvelle. Le PS pourrait être tenté de ne rien changer, alors qu'il n'a toujours pas d'offre politique convaincante (programme motivant, personnalités crédibles, positions claires sur des sujets d'actualité). On se demande vraiment ce qu'ils attendent. Ils n'ont rien foutu pendant 10 mois. Cela dit, ils n'avaient déjà rien foutu pendant 5 ans avant ça. Mais il me semble impossible de voir le candidat du PS gagner en 2012 si rien ne change. Vous, je ne sais pas, mais personnellement, je n'ai pas envie de voter ni pour Royal, ni pour Hollande, ni pour DSK, ni pour Fabius, ni pour Lang. Il est temps qu'une nouvelle génération émerge, si possible avec de véritables convictions, et pas seulement avec de l'ambition (de ce coté, les Valls et autres Montebourg me paraissent peu prometteurs).
-Les prochaines sénatoriales (en septembre) vont être houleuses. Il est probable que le Sénat bascule à gauche, peut-être en septembre, sinon en 2010. En effet, en 2010, le collège électoral aura à peine changé, puisque entre temps, il y aura seulement eu des élections régionales, la même année (où la gauche ne peut pratiquement que régresser, puisqu'elle détient actuellement 21 régions sur 22). Rappelons que sur 51760 grands électeurs votant pour les sénatoriales, 49440 sont des délégués municipaux, avec une forte sur-représentation des communes rurales, en proportion de leur population (d'où ce Sénat chroniquement à droite, les campagnes votant bien plus à droite que les villes), les 2320 autres grands électeurs sont les députés, conseillers généraux et régionaux (les conseillers régionaux sont 665 dans toute la France). Autant dire que les élections sénatoriales sont étroitement liées aux élections municipales. Et en 2010, la loi électorale ayant changée, c'est la moitié des sénateurs qui sera renouvelée d'un seul coup. Avec la majorité des grandes villes, 21 régions sur 22, 59 départements sur 101 et demain sans doute la majorité au Sénat, la gauche peut devenir un contrepoids efficace à la politique de Sarkozy, d'autant que les dernières législatives ne lui ont pas donné une très vaste majorité à l'Assemblée nationale.
-Alors que la participation aux élections étaient, d'une manière générale, en hausse très nette depuis la présidentielle de 2002, ces municipales marquent le retour à une abstention très inquiétante. Personnellement, j'ai l'impression qu'elle montre très clairement le désespoir des citoyens qui ne savent vraiment plus vers qui se tourner, tous les partis les ayant déçus, ce qui met la France dans une position virtuellement pré-insurrectionnelle. Attendons mai... :-)

Bref, la période 2007-2008 risque de marquer une rupture dans l'histoire politique de la France, et l'avenir politique est toujours aussi incertain. Si ça devait durer, tout deviendrait possible. Malheureusement...

Sunday, February 24, 2008

"Casse-toi, pauvre con !"

Désolé pour la vulgarité, mais c'est une citation. Du président de la République française en train d'insulter un passant qui ne veut pas se laisser toucher.

Personnellement, vu les résultats catastrophiques de sa politique depuis 10 mois, je trouve que cette citation ferait un slogan tout trouvé pour les manifestations contre ce même président...

Monday, February 11, 2008

La fabrique du crétin - La mort programmée de l'école

Ce livre de Jean-Paul Brighelli est brutal. Et ça fait du bien !

Sa thèse est que nos enfants n'apprennent plus rien à l'école, et que ça n'est pas un accident, mais le fruit d'un travail délibéré pour vider l'école de sa substance, afin de d'obtenir une population juste suffisamment éduquée pour s'occuper des tâches courantes, mais incapable de toute pensée critique.

Son constat est celui d'un enseignant, et il est illustré de nombreux exemples. Ça donne à réfléchir, franchement, même si, personnellement, je ne partage pas toutes ses conclusions, en particulier sur la manière de remédier à la situation. Quant il parle de remettre du contenu dans l'enseignement (c'est à dire faire l'inverse de ce qu'on fait en allégeant les programmes) ou de rétablir une hiérarchie, entre l'élève et le professeur, entre le livre de Loana et "Les Misérables", entre l'ignorance et la connaissance, entre la culture hip-hop et la culture classique, on ne peut qu'être d'accord avec lui. De même quand il parle d'apprentissage tout au long de la vie (une idée plus du tout à l'ordre du jour depuis que Jospin n'est pas devenu président en 2002, et c'est bien dommage) et quand il dit que l'enseignement ne devrait pas être la carrière par défaut de ceux qui ne savent pas quoi faire dans la vie.

Mais quand il parle de réintroduire davantage de compétition entre les élèves, je ne peux pas être d'accord. La compétition signifie implicitement qu'il y a des enfants qui ne peuvent pas apprendre, ce qui est à mon avis, fondamentalement faux, à part quelques cas pathologiques. L'enseignement devrait justement aider les enfants à apprendre et les pousser, alors que la compétition, et donc sélection, cela signifie qu'on va rendre délibérément l'apprentissage lui-même difficile afin de permettre cette sélection. De même, ce qu'il dit à propos de l'enseignement de ce qu'il est convenu "les nouvelles technologies", je ne partage pas du tout son point de vue. Son idée, c'est que les technologies qu'on apprendrait à l'école seraient déjà obsolètes au moment de l'arrivée sur la marché du travail. Ce n'est que partiellement vrai. Comme le disait l'un de mes professeurs : "vous n'apprenez pas le C, vous apprenez à programmer !". La même chose est vraie, ou peut être vraie, pour un traitement de texte.

Un livre instructif et à contre-courant, qui me parait contenir des trésors de sagesse, dans tous les cas.

Monday, February 04, 2008

Congrès

Le Congrès réuni à Versailles a modifié la Constitution française pour pouvoir ratifier le traité de Lisbonne, copie quasi-conforme de la Constitution européenne.

Sur 907 parlementaires, députés et sénateurs, 893 ont voté, dont 741 votes exprimés. 560 ont voté pour, 181 contre et 152 se sont abstenus. Soit 75,57% de voix pour.

En 2005, le Peuple français avait voté contre un traité quasi-identique à 54,67%.

Voila où en est la démocratie en France le 4 février 2008.

Vous, je ne sais pas, mais pour moi, Sarkozy en train de trifouiller la Constitution, c'est un peu mes cauchemars qui deviennent réalité.

Thursday, January 31, 2008

La misère des stagiaires en France

Xavier Bertrand, ministre du Travail, des Relations Sociales et de la Solidarité (!) du gouvernement de Sarkozy, a lancé aujourd'hui une magnifique idée : imposer aux employeurs de rémunérer les stagiaires, ce qui est théoriquement déjà obligatoire depuis 2006 (malheureusement, les décrets fixant les montants ne sont jamais parus...).

Il fixe dans son projet comme rémunération minimum 30% du SMIC, pour les stages d'au mois 3 mois, exonérés de charges patronales, bien entendu (en ce moment, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais à chaque fois que ce gouvernement prend une mesure, il l'accompagne d'une exonération de charge. Ca m'étonnerais que la Sécurité Sociale survive longtemps à ce traitement)...

30% du SMIC, voyoooons voiiiiir... Le SMIC est actuellement à 1005,35 € mensuels... 30%, on arrive à 301,61 € (en arrondissant vers le haut).

J'ai changé d'emploi en mars dernier. Avant, je travaillais dans une société qui proposait des services pour téléphonie mobile. Campagne marketing, jeux par SMS, portail Wap, ce genre de choses. Cette société fonctionne beaucoup avec des stagiaires (et c'est un euphémisme). En fait, c'est même un bagne à stagiaires : horaires de folie, travail pénible, rémunération ridicule, aucune embauche à la clé (pourquoi embaucher alors qu'on prendre d'autres stagiaires ?). C'est une des raisons pour lesquelles je suis parti : en tant que chef de projet, je ne pouvais plus voir ça, et surtout y participer (c'est loin d'être la seule raison : le reste de ce qu'on pourrait dire de cette boîte est à l'avenant !).

Rémunération ridicule, ça veut dire dans les 400 €, c'est à dire un niveau de revenu qui ne permet absolument pas de vivre à Paris. Mais on est encore loin des 300 € proposés par Bertrand !

Spéculons un peu : quel "employeur" (je dis employeur pour la compréhension. Vu la situation, je devrais parler d'esclavagiste) va rémunérer ses stagiaires à plus de 301,61 € alors qu'il sait que c'est une norme communément admise et à laquelle les stagiaires vont même s'attendre ? En d'autres termes, cette loi va proposer un nivellement vers le bas de la rémunération des stagiaires.

Ce n'est pas le seul projet gouvernemental dans le domaine : le rapport Attali propose ni plus ni moins que d'imposer un an de stage aux étudiants en master !

Outre l'aspect totalement immoral de ce retour à la corvée médievale, on se rend bien compte que ces stages vont être consommateurs d'emploi : ils vont remplacer de véritables emplois, dont des gens auraient pu vivre ! Et pire encore, créer une sélection sociale parmi les gens qui voudront passer un master : à 301,61 € par mois, il faudra avoir de solides réserves financières pour tenir un année !

Le collectif Génération Précaire propose de rémunérer les stagiaires à 50% du SMIC durant les 3 premiers mois, et à 80% au-delà. Vous, je ne sais pas, mais personnellement, je trouve cette proposition tout à fait raisonnable.

Monday, January 28, 2008

Mittal

En 1999, le géant français de la sidérurgie Usinor vend son usine de Gandrange, en Lorraine à l'indien Ispat.

En 2002, la fusion de trois géants de la sidérurgie européenne, Usinor (France), Aceralia (Espagne) et Arbed (Luxembourg) donnait naissance à Arcelor. Cette entreprise était alors le numéro 1 mondial de l'acier et employait 98000 personnes.

En 2004, le groupe indien Mittal Steel devient numéro 1 mondial de l'acier. Il rachète notamment Ispat.

En 2006, le groupe Mittal lance une OPA hostile sur Arcelor. Après des mois de négociation et de péripéties, la fusion se fait sans que le gouvernement français ou les autorités européennes n'aient tenté sérieusement de l'empêcher. Le nouveau groupe prend le nom de ArcelorMittal.

Bien entendu, Mittal a donné toutes les garanties sociales aux autorités françaises, ainsi syndicats, dont certains l'ont même cru. Autant de naïveté est désarmante, je trouve. On n'en imaginerait pas autant à l'UIMM, par exemple...

En 2008, ArcelorMittal annonce de 600 à 700 suppressions d'emploi à l'usine de Gandrange.

Dans un contexte où la demande mondiale d'acier n'a jamais été aussi forte, on peut se demander la raison de cette baisse de surface.

En cause, la vétusté de l'outil de production. ArcelorMittal va donc supprimer le four et le laminoir lourd, ne laissant que le laminoir à fil et des activités de recherche. Autant dire que le site est condamné, comme le disent les syndicats. Ben oui, il faut investir, la marge, c'est pas que du bénéfice, hein !

Pendant ce temps-là, ArcelorMittal continue pourtant à construire des usines. En Inde. Autant dire que les Lorrains n'ont pas fini de pointer à l'ANPE !

Et pas la peine de compter sur Sarkozy pour arranger les choses, à mon avis. Il s'entretient aujourd'hui avec Lakshmi Mittal, mais si je peux me permettre un pronostic, il n'en ressortira rien de concret. Après, est-ce que Mittal va faire dans le symbolique pour permettre à Sarkozy de sauver la face ou est-ce que Sarkozy va finir par reconnaître son impuissance (ce dont il commence à prendre étrangement l'habitude. On voit que l'élection présidentielle est passée. On ne rase plus gratis...), difficile à dire. Peut-être que nos médias si impartiaux vont mettre l'étouffoir sur cette histoire et qu'on n'en entendra plus parler, laissant les (ex-)salariés les fesses dans la merde ? Ca me parait possible, et vous ?

Saturday, January 26, 2008

Louis de Cazenave

Comme je le disais ici le 11 novembre 2006, le macabre et indigne compte à rebours continue : après la mort de Louis de Cazenave, il ne reste plus qu'un seul "poilu", Lazare Ponticelli, comme tous les médias nous l'ont expliqué avec précision.

Ces deux derniers survivants avaient la même position concernant les obsèques nationales que Chirac voulait pour le dernier survivant : le refus. Ils préfèraint, de manière compréhensible, être enterrés dans l'intimité et près des leurs. Lazare Ponticelli, désormais dernier survivant et donc concerné au premier chef, a pourtant fini par accepter il y a peu l'éventualité d'une cérémonie officielle. Est-il vraiment décent d'exercer des pressions sur un vieil homme ?

Louis de Cazenave avait ces mots pour l'exprimer : "Les médailles ? Certains de mes camarades n'ont même pas eu le droit à une croix de bois !"

La mythologie de l'héroïsme que l'État continue à maintenir autour des anciens combattants de la Première Guerre Mondiale, qui ne sont rien d'autre que des victimes de la stupidité et du nationalisme, on ne le répétera jamais assez, est assez répugnante. Ils n'étaient pas d'accord avec ce qu'on leur infligeait. Certains ont été fusillés à cause de ça. Encore quelques citations de feu Louis de Cazenave :

"Il faut avoir entendu les blessés entre les lignes. Ils appelaient leur mère, suppliaient qu'on les achève. C'était une chose horrible. Les Allemands, on les retrouvait quand on allait chercher de l'eau au puits. On discutait. Ils étaient comme nous, ils en avaient assez"

"La guerre ? Hay hay hay ! Un truc absurde, inutile ! A quoi ça sert de massacrer des gens ? Rien ne peut le justifier, rien !"

"La gloire, l'héroïsme ? De la fumisterie !"

"Le patriotisme ? Un moyen de vous faire gober n'importe quoi !"

"La Légion d'honneur ? Je m'en serais bien passé. Dites-le bien que l'État n'a pas été correct avec moi"

Sa sagesse était le fruit de l'expérience. Une dernière chose : ce 1er janvier, le dernier "poilu" allemand, Erich Kästner, est mort. Enfin, on suppose, puisqu'ils n'ont pas été recensés avec la même précision morbide qu'en France. Les médias en ont parlé, un peu, mais il n'y a pas eu ce déchaînement auquel on assiste en France. Vous, je ne sais pas, mais moi, ça me parait quand même plus digne, après tout ce qu'on leur a fait subir.

Wednesday, January 23, 2008

Religion

Suite aux déclarations de Sarkozy concernant Dieu et la religion, à Rome et Riyad, j'éprouve le besoin, en tant que Français (et par tant, impliqué en principe par les déclarations de cet individu supposé me représenter), de redire mon attachement à la liberté religieuse, qui implique aussi la liberté de ne pas croire et de le dire.

Personnellement, je suis agnostique par simple logique et athé par choix personnel.

Agnostique, c'est à dire que je pense qu'il est impossible d'avoir des réponses à aucune des questions que posent les religions (l'univers a-t-il été créé et si oui par qui ? Qu'y a-t-il avant la naissance et après la mort ? La vie a-t-elle un but et si oui lequel ? etc). Ces choses sont par nature inconnaissables, et ceux qui prétendent avoir des réponses, c'est à dire les différents clergés, gourous ou prophètes, sont des menteurs. Ce qui ne veut pas dire que je veux leur interdire de parler, simplement que je ne suis pas d'accord pour leur permettre d'étendre leur influence sur des sujets séculiers, comme la politique.

Athé, cela veut dire que je choisis de ne pas croire à l'existence d'un quelconque être d'essence divine, même si je suis conscient qu'il n'y a pas plus de preuve de la non-existence d'un dieu quelconque que de son existence. Simplement, puisqu'il n'y a pas de raison de croire plus les hindouistes que les juifs ou les scientologues, je choisis de croire en l'indépendance et la souveraineté de l'Homme, et donc en l'inexistence de Dieu, ce qui permet d'être beaucoup plus libre.

Je choisis de croire en l'Humanité et dans sa capacité à améliorer son propre sort, collectivement. C'est une croyance issue d'un choix conscient, qui, je m'en rends bien compte, n'a rien d'évident, mais qui me parait nécessaire pour continuer, en l'absence de toute possibilité d'une espèce de Jugement Dernier ou autre forme de rédemption issue d'une intervention divine, où tous les torts seraient redressés et où la Vérité serait dite une fois pour toutes.

Interdire aux agnostiques et aux athés de s'exprimer ou les désapprouver publiquement quand on est dans une position d'autorité, comme l'a fait Sarkozy, signifie la fin de la véritable liberté religieuse dans notre pays, et ça, ça n'est pas une bonne chose. Je vous invite à vous y opposer.

Tuesday, January 22, 2008

Malaaade...

Depuis ce week-end, un petit virus affectueux me tient compagnie. Comme je ne me sentais pas bien du tout hier, j'ai téléphoné à mon employeur pour lui annoncer que je ne viendrais pas, avant de me recoucher. J'ai précisé que je rappelerais une fois fixé sur la durée de mon absence, en sortant de chez le médecin.

Après un long sommeil, je réussis finalement à rassembler suffisamment d'énergie pour me tirer de mon lit pour me traîner péniblement chez le médecin. Celui-ci me préscrit quelques médicaments qui montrent qu'il est visiblement adepte de la chronothérapie (quelques gouttes dans le nez et des cachets d'ibuprofène. Ca valait vraiment la peine...), et me préscrit un arrêt de travail... d'une journée, le jour même, donc.

Me voila donc aujourd'hui au travail, tout fiévreux, toussant, me mouchant, mal en point et sans doute contagieux. Et en tout cas pas formidablement productif.

Quelle grande conquête que la Sécurité Sociale...

Tuesday, January 15, 2008

Impertinent

Quand Anne Roumanoff commente l'actualité sarkozienne façon brève de comptoir, ça donne ça. C'est impertinent (insolent ?), enlevé, spirituel, bien trouvé, grivois sans être (trop) vulgaire et surtout drôle. L'esprit de Coluche n'est pas complètement mort...

Reste à espérer qu'elle ne paie pas trop cher pour avoir osé ce que plus personne n'ose.




Et Drucker en train de rire jaune, c'est assez marrant aussi...

UIMM

Les syndicats, ça a tendance à éveiller ma méfiance, pour des raisons analogues que pour les politiques : des gens qui prétendent défendre les salariés, souvent à temps plein, et qui ont très souvent perdu toute capacité d'indignation, je me demande à quoi ils peuvent bien servir. Franchement, on ne va pas se le cacher : le scandale de corruption de l'UIMM n'est une surprise pour personne, quand on voit la manière dont certains syndicalistes copinent presque ouvertement avec le patronat et les gouvernements de droite, et ce depuis 15 ans. Et dans la logique patronale, il est évident que graisser la patte de ceux qui peuvent décider s'il y aura une grève ou pas, alors qu'elle ne les concerne pas directement (étant des syndicalistes professionnels, ils ne sont que rarement concernés par les décisions auxquelles ils choisissent ou non de s'opposer), c'est forcément un objectif prioritaire. Par exemple, quand on voit comment la CFDT s'est comportée lors des réformes Juppé en 1995, on se pose des questions...

Et je ne pense pas que la condamnation de Gautier-Sauvagnac (pas encore acquise) y changera quoi que ce soit. J'entendais encore un syndicaliste, hier, sur France-Info, expliquer que le projet d'accord entre "partenaires sociaux" concernant la réforme du code du travail, voulue par Sarkozy, était équilibré, et que les salariés y gagneraient, dans certains domaines. En particulier, les chômeurs devraient bénéficier du Droit Individuel de Formation et de leur complémentaire santé, ce qui intéressant, mais parait bien dérisoire par rapport à ce qu'on va perdre : Contrat de mission, allongement de la période d'essai, et je ne peux pas m'empêcher de me demander ce que cache la "rupture à l'amiable", puisque rien n'empêche déjà l'employeur et le salarié de s'entendre de manière informelle quant aux modalités de la fin du contrat de travail, démission ou licenciement.

Le principe dit de "flexisécurité", mot-valise créé à partir de "flexibilité" (des emplois) et de sécurité (des salariés), est à mon avis une vaste arnaque : on va avoir la flexibilité, mais je doute qu'on ait la sécurité. D'ailleurs, quand on voit la teneur du projet, on se demande où y figure cette dernière...

Personnellement, en tant qu'informaticien, j'ai travaillé en SSII. Je me rends parfaitement compte que le contrat de mission va profondément transformer la vie dans ces entreprises, dont les emplois vont devenir extrêmement précaires (au temps pour la sécurité). Si les syndicats laissent faire ça sans protester, mon opinion concernant les syndicats sera définitive.

Monday, January 14, 2008

Le retour de la police de proximité

La police de proximité, c'est une police proche des habitants, capable d'anticiper et donc de prévenir les conflits, crimes et délits, réactive, qui connait le terrain, en d'autres termes : vraiment au service de la population.

Le concept, lancé par Balladur sous Mitterrand en 1995, est resté lettre morte durant la première partie du mandat de Chirac, quand Juppé était Premier ministre. Il fallut attendre Jospin et 1999 pour qu'il se concrétise. Chevènement était alors ministre de l'Intérieur.

Sarkozy, dès son arrivé au ministère de l'intérieur en 2002, entreprit de saper la police de proximité, la critiquant constamment, jusqu'à l'Assemblée nationale :
J’ai préféré remobiliser les forces de sécurité sur leur cœur de métier", avait expliqué M. Sarkozy, en fustigeant la gauche et sa "conception hémiplégique de la police de proximité qui n’était en fait que du laxisme et de la faiblesse déguisés
(le Monde, 2005),
Votre rôle n’est pas de jouer au football avec les jeunes des quartiers, mais de vous mettre au travail
(Toulouse, 2003)...

Aujourd'hui, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy lance les "unités territoriales de quartiers". De quoi s'agit-il ? D'une police de proximité.

Personnellement, je suis très content qu'on revienne sur l'erreur qu'a été la suppression de la police de proximité. On est toutefois en droit de se demander ce qu'il faut en conclure concernant le thème électorale de la sécurité, qui a permis a la droite de se faire élire en 2002 et 2007. Quand je me souviens de émeutes qu'on a vu ces dernières années, comme en 2005 par exemple, je me dis qu'il aurait sûrement été possible d'en faire l'économie et je me demande à quoi pensait l'imbécile qui a supprimé la police de proximité...

En bonus, une petite vidéo où Nicolas Sarkozy dit tout le mal qu'il pense de la police de proximité, et surtout qui montre la manipulation mise au point par les services de l'alors ministre de l'Intérieur pour "avoir la peau" de la police de proximité :