Wednesday, November 22, 2006

Le CSA et la prison

Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel vient de demander à M6 d'apposer la mention "Déconseillé aux moins de 12 ans" aux épisodes de la série "Prison break" (dont je n'ai à ce jour pas vu un seul épisode, dois-je dire), à cause "de nombreuses scènes de violence dans un contexte carcéral perturbant pour de jeunes enfants" (dixit nouvelobs.com).

En 2006, on en est donc là : la prison, institution destinée à l'amendement des délinquants et criminels, a atteint un tel niveau d'horreur qu'il faut en déconseiller la vue aux enfants. On a vraiment tous de la chance d'avoir l'opportunité de vivre en cette formidable époque...

Je rappelle quand même que les bêtes féroces qu'on dresse dans ces endroits, on va devoir les laisser sortir un jour, ou plutôt les lâcher. Ca fait froid dans le dos.

On est vraiment dans une période de baisse généralisée des attentes. Théoriquement, la prison devrait avoir une vertu éducative en même temps que punitive, permettant au criminel ayant accompli sa peine de retrouver sa place dans la société, en ayant compris ses torts et en ayant acccompli une juste pénitence. Dans la pratique, on se contente d'éloigner les criminels pendant un certain temps de la société en les isolant dans un endroit d'où ils sortiront pire qu'avant.

Cas concret : la baisse régulière du budget de l'enseignement en prison. Il faut savoir qu'on peut passer quasiment n'importe quel diplôme, en prison. Mais depuis 2002, à mesure que le niveau de répression sarkozienne augmente et que les prisons se surpeuplent, le budget dévolu à cet enseignement diminue. Pourtant, un diplôme doit être le meilleur moyen de diminuer la récidive en permettant aux anciens prisonniers de trouver un emploi. Une époque formidable, je vous dis !

Monday, November 13, 2006

Java est libre !

Ce lundi 13 novembre est à marquer d'une pierre blanche : après 11 ans d'existence, l'environnement Java (c'est à dire le langage, l'environnement d'exécution et les environnements Java SE, Java ME et Java EE) passe sous licence Gnu GPL (version 2) et devient donc un logiciel libre ! C'est un grand moment pour l'informatique libre.

Wikipédia, les virus et les médias

La semaine dernière, des pirates ont utilisé la Wikipédia en allemand pour répandre un virus : ils ont installé une page en allemand utilisant la charte graphique de Wikipédia sur un serveur russe en utilisant une URL proche de celle de Wikipédia. Ensuite, ils ont subrepticement ajouté un lien vers cette page dans un article de la Wikipédia en allemand. L'utilisateur inexpérimenté ne pouvait donc pas voir qu'il quittait Wikipédia pour un autre site en cliquant sur ce lien. La réaction des administrateurs a été rapide et efficace, et il ne semble pas y avoir de dégâts significatifs, pourtant, tous les médias sont en train de reprendre en choeur que "des pirates ont réussi à mettre un virus sur Wikipédia" (ce qui est factuellement faux) et que des gens ont été contaminés. Comme toujours quand les médias répandent de fausses informations, il ne faut pas s'attendre à un démenti, ou alors presque invisible. Je m'étonne de plus en plus de l'empressement des médias à diffuser ce genre d'information, à l'évidence sans aucune vérification. Est-ce que c'est une manière de combattre Wikipédia, qui doit déranger dans les milieux médiatiques, ou est-ce que c'est le sensationnalisme inscrit dans le code génétique de tout journaliste ? Dans chaque journaliste sommeille un journaliste de tabloïd, et les mauvaises nouvelles font plus vendre que les bonnes nouvelles.
Au final, quelle que soit l'explication, Wikipédia a beaucoup plus à craindre des médias que des virus !

Saturday, November 11, 2006

La Première Guerre Mondiale

Le 11 novembre est pratiquement le dernier moment où on parle de la Première Guerre Mondiale, qui se sera terminée depuis 90 ans en 2008.
Pourtant, on peut constater que la manière dont on en parle est vraiment un triomphe du politiquement correct. On n'en parle qu'en terme très abstrait, sans rentrer dans des détails sordides (il y aurait pourtant de quoi faire).
On évoque les vétérans de cette guerre en utilisant un compte à rebours macabre et de mauvais goût ("il n'en reste que 6", "il n'en reste que 4"), mais on n'oublie jamais d'évoquer leur héroïsme.
Rappellons quelques faits de cette guerre :
-Au total, 9 millions de morts, dont 1.390.000 Français
-La bataille de Verdun : 30.000 morts
-550 soldats français "fusillés pour l'exemple", sur 2500 condamnés, entre 1914 et 1918. Des révoltes similaires ont eut lieu dans les armées allemandes et italiennes.
On ne peut que compatir avec l'enfer de ces soldats français, allemands, anglais, russes et autres, contraints de se laisser envoyer à l'abattoir par des généraux incompétents.
Leur révolte montre bien leur absence de consentement. On les a contraints à sacrifier leur vie. Eux ne demandaient qu'à vivre en paix. Les qualifier de héros, c'est oublier la responsabilité - pour ne pas dire culpabilité - des gouvernants dans cette boucherie. Ce sont des victimes.

Thursday, November 09, 2006

Monday, November 06, 2006

"Un succès important pour la jeune démocratie irakienne"

Des avocats interdits d'exercice (Jacques Vergès), le remplacement d'un juge considéré comme trop clément par le pouvoir politique, des accusés qu'on empêche de s'exprimer. Mais la condamnation à mort de Saddam Hussein est considéré comme "un succès important pour la jeune démocratie irakienne" par George W. Bush.
Parce que, pour le gouvernement étatsunien, après les tortures d'Abou Graib, les exactions impunies des militaires de la "coalition", la quasi-guerre civile quotidienne, les décisions étatsniennes imposées aux Irakiens qui les entérinent docilement, les milices qui tiennent le terrain, parfois avec l'appui des étatsuniens, il existe quelque chose qui s'appelle "la jeune démocratie irakienne"...
Loin de moi l'idée de défendre Saddam Hussein, ce monstre, mais étrangement, alors qu'il est de notoriété publique que les fameux gaz de combat utilisés par l'armée irakienne contre les Kurdes étaient fournis par les Etats-Unis, ça ne semble pas avoir été évoqué durant le procès. Ou alors les médias occidentaux n'en ont pas parlé.
Mais ça, ça n'est pas possible, n'est ce pas ?

Wednesday, November 01, 2006

Et si ?..

Les évènements en Irak et les évènements dans les banlieues françaises... A priori, pas de rapport, si on évite la tarte à la crème de la comparaison directe, qui ne serait pas pertinente. Pourtant, si on regarde au niveau des autorités (respectivement les gouvernements étatsunien et français), on voit quand même se dégager un certain nombre de points communs :
-Désinformation systématique. Je ne vous ferais pas l'affront de revenir sur ce sujet concernant l'Irak, mais on voit bien aussi que les ridicules théories de Sarkozy concernant des bandes organisées, des motivations religieuses et le grand banditisme ne tiennent pas debout. Dans l'un et l'autre cas, on a donc l'émergence d'un scission entre une réalité, bien connue "officieusement" par tout le monde, public comme gouvernants et une "version officielle" en complet décalage avec le réel (on pourrait dire beaucoup de choses sur ce thème concernant d'autres sujets en France, par exemple concernant les statistiques : chômage, inflation, etc), mais soutenue mordicus par ces mêmes gouvernants, en dépit des évidences.
-Impunités des "forces de l'ordre" (je mets des guillemets, car quand on attend ce niveau de violence, cle terme devient impropre), se livrant littéralement à des exactions contre la population.
-Absence totale de recherche de véritables solutions de fond de la part des gouvernants, qui "démissionnent" (pour utiliser un terme à la mode) totalement de leur vrai rôle. On combat simplement les symptômes (c'est à dire les citoyens révoltés et déséspérés) à coup de matraque ou de bombes (c'est selon). L'égalité des chances et l'intégration ne sont pas à l'ordre du jour en France, une paix juste permettant de reconstruire une véritable société n'est pas à l'ordre du jour en Irak.

Ce constat n'est pas sans conséquence. Il indique une rupture totale entre le pouvoir et les citoyens, considérés désormais, au mieux, avec indifférence, au pire, comme des gêneurs à réprimer.

Et si... la démocratie dans le monde occidental durant la deuxième moitié du XXe siècle n'avait été qu'une parenthèse, qui serait en train de se refermer ?
On perd souvent de vue que la plus grande partie du monde, durant la plus grande partie de l'Histoire de l'humanité, a été dirigé par des régimes autocratiques (sous une forme ou une autre). La démocratie, c'est une faible exception. Elle ne survivra pas à l'inactionde ceux qui devraient la défendre, les citoyens. Reprenez ce qui est à vous !