Wednesday, May 13, 2009

HADOPI adoptée

la loi HADOPI, qui permet le blocage de la connexion internet des gens accusés d'avoir téléchargé illégalement des contenus, sans aucune procédure judiciaire, et qui va créer un flicage systématique des internautes, a donc été adoptée hier par le Parlement, et aujourd'hui par le Sénat. C'est une triste nouvelle.

Ça créé un précédent dangereux concernant le traçage des activités. Si on autorise l'espionnage des internautes pour quelque chose d'aussi trivial, ça veut bien dire qu'on pourra le faire pour n'importe quel sujet. Ca créé un autre précédent tout aussi dangereux en matière de sanction sans passer par la voie pénale.

Et bien entendu, ça ne résoudra absolument rien concernant le téléchargement illégal. Les solutions techniques pour continuer à télécharger en toute impunité existent déjà.

Les créateurs ne toucheront pas un centime de plus, les ventes de contenu continueront à décliner, et on continuera d'en imputer la responsabilités aux "pirates" (drôle de mot. Quel rapport entre quelqu'un qui télécharge quelques morceaux de musique et des forbans pillant et massacrant ?) alors que ça n'a rien d'évident. Ça me rappelle une blague : Les ventes de voitures ont encore baissé ce mois-ci. Il y en a vraiment marre de ces pirates qui téléchargent illégalement des bagnoles sur Internet !


A noter aussi, la petite histoire tragi-comique (plutôt révoltante, en fait) de la semaine : les débats étaient suivi assidûment par différents militants pro-licence globale, qui bloggaient sur le sujet et qui se servaient du trombinoscope de l'Assemblée pour identifier les différents intervenants, notamment sur deputesgodillots.info, qui se charge en fait de repérer les députés n'intervenant pas mais vacant à des occupations diverses (lire son journal, envoyer des SMS, utiliser son ordinateur portable...) et qui ne sont là que pour voter en fonction des directives de leur parti. Or, le 5 mai, l'utilisation du trombinoscope a subitement été interdite ! Il a fallu attendre que la député verte Martine Billard interpelle Bernard Accoyer, président de l'Assemblée, sur le sujet, pour que son utilisation soit de nouveau autorisée. Bel exemple de la démocratie en action ! Visiblement, "on" ne veut pas que les débats et comportements des députés soient trop précisément observés et critiqués...

2 comments:

souklaye.sylvain said...

1- D’un côté, nous avons une industrie culturelle déclinante n’assumant pas le proxénétisme économique et la pandémie infantilisante qu’elle exerce sous le regard de son débiteur. Celui-ci est à la fois une fondation philanthrope de gestion nationale et une entreprise d’import/export.
2- De l’autre côté, nous avons une infinité de niches de population n’ayant rien à voir les unes avec les autres, mais faisant front par principe de précaution. Nous prouvant par la même occasion à quel niveau de léthargie se trouvent nos sociétés occidentales pour qu’un luxe devienne une lutte nécessaire.
3- Au centre, se trouve le gros du troupeau qui n’a pas d’avis et fait preuve d’intelligence situationniste ou d’indifférence banale sur ce combat qui est à la fois d’avant-garde et d’arrière-cour.
4- Dans toutes les batailles, il y a des pertes acceptables. Mais comme nous ne prenons plus plaisir à nous salir les mains avec une de ces barbaries ancestrales, les invectives servent de nos jours de courroux médiatique ou de Hit Combo virtuel pour le bonheur des voyeurs générationnels et des lâches éternels.
5- Quand on pratique l’affrontement constant ou la paix commémorative pour occuper son temps, c’est que l’on est plus en mouvement. Alors la guerre civile des flux a-t-elle un sens ?
La suite ici :
http://souklaye.wordpress.com/2009/03/13/creation-internet-et-insultes-gratuites/

Traroth said...

Désolé, mais je ne réponds pas aux messages délibérément abscons. Vous n'êtes pas plus clair ici que sur Agoravox ou NouvelObs...