Thursday, March 01, 2012

Un programme pour 2012 : Économie

Voici la suite de ma série d'articles visant à proposer des réformes pour la prochaine présidence. Après les institutions, c'est le moment de parler de l'économie.

Voila un sujet très vaste, lié à une grande variété d'autres questions : Finances, politique sociale, immigration, recherche, agriculture... Voici donc ce qui devrait être fait d'après moi, en matière spécifiquement économique :

  • Mise en place d'un protectionnisme sélectif, articulé autour d'un indice basé sur la politique sociale et environnementale du pays exportateur, ainsi que sur la réciprocité dans l'ouverture aux exportations françaises. Le libre-échange est un encouragement au dumping sociale et environnemental qui provoque des catastrophes et que nous n'avons aucun intérêt à encourager. Mettre en place une taxe de ce type permettra d'encourager le progrès social et environnemental dans les pays voulant exporter.
  • Toute subvention doit être assortie de contreparties, sous la forme d'engagement dont le respect sera vérifié. Le manquement aux engagements entrainera l'obligation de rembourser les subventions.
  • Stratégie de développement basée sur les PME. Les multinationales ne produisent plus en France ou presque et cherchent toutes sortes de moyens pour échapper à l'impôt. Quelle est encore leur utilité ?
  • Soutien volontariste à la création de coopératives et de sociétés mutuelles : droit de préemption des salariés pour la reprise d'une entreprise sous forme de coopérative, simplification des formalités pour transformer tout autre type d'entreprise en coopérative, incitations fiscales lors de la création d'une coopérative ou lors de la reprise d'une entreprise par les salariés.
  •  Soutien à l'agriculture biologique
  • Nationalisation d'EDF, GDF,Total et Areva (Mélenchon)
  • Investissement volontariste dans les infrastructures : transport ferroviaire (ferroutage, développement du réseau TGV), transport fluvial, généralisation de l'internet à très haut débit
  • Nationalisation des entreprises nécessitant une recapitalisation
  • Refus des délocalisations par les mandataires de l'état dans les conseils d'administration des entreprises dont l'état est actionnaire

Wednesday, February 22, 2012

Un programme pour 2012 : Réforme des institutions

Voici la suite de ma série d'articles visant à proposer des réformes pour la prochaine présidence. Après la sécurité, j'aborde les institutions.

Plus ça va, plus je me sens proche des idées anarchistes, je dois bien le dire. Toutefois, je suis d'accord pour dire que la France de 2012 n'est pas prête pour ce type de système. Je pense malgré tout qu'il faut aller vers une démocratie beaucoup plus directe, ce que la constitution de la Ve République ne permet pas du tout. Une véritable réforme constitutionnelle ne serait qu'un pis-aller pour une VIe République, que j'imagine personnellement sans chef de l’État, par exemple. Si la question d'une nouvelle constitution se pose, j'écrirais d'autres articles. En attendant, voici ce qu'il faudrait changer à mon avis durant le prochain quinquennat, en plus de ce que j'ai déjà pu écrire dans les articles précédents, comme l'indépendance du parquet ou le droit de vote aux élections locales pour les étrangers. D'autres articles pourront parler de sujets liés, comme celui sur l'Europe :

  • Suppression totale de la possibilité de cumuler des mandats. Si vous êtes conseiller municipal d'un village de 500 habitants, vous ne pouvez pas être conseiller général. Si vous êtes ministre, magistrat ou haut fonctionnaire, vous ne pouvez être un élu.
  • Création d'un véritable référendum d'initiative populaire, par pétition, mais aussi pour les syndicats et les associations (Jean-Luc Mélenchon). Il faut absolument augmenter le niveau démocratique, et voter pour choisir qui va gouverner n'est tout simplement pas suffisant.
  • Saisine du conseil constitutionnel par initiative populaire (Jean-Luc Mélenchon). Dans la même optique, permettre aux citoyens, aux associations et aux associations de saisir le conseil constitutionnel, c'est réintroduire plus de démocratie,  c'est redonner le pouvoir au peuple.
  • Suppression du Congrès. Toutes les décisions qui auparavant étaient prises par l'Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès seront prises obligatoirement par référendum.
  • Diminution radical des salaires des élus et des membres du gouvernements et des corps constitués.
  • Contrôle parlementaire sur les activités des services de renseignement. Dans d'autres pays, comme les États-Unis, le parlement contrôle les activités des services de renseignement, au moins à posteriori. Ces activités doivent aussi être mieux encadrées légalement.
  • Instauration d'une part importante de sièges désignés par un scrutin proportionnel dans tous les scrutins par liste, en commençant par les élections législatives.
  • Remplacement du système demandant 500 parrainages d'élus pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle par un système basé sur des parrainages de citoyens, par exemple 10000.
  • Suppression de la possibilité pour les anciens présidents de la République de siéger au conseil constitutionnel (François Hollande).
  • Fin de l'impunité présidentielle (Eva Joly).
  • Revenir sur les nominations des dirigeants de l'audiovisuel public par le président
  • Le président de la République ne doit plus présider le Conseil supérieur de la magistrature et ne doit plus y siéger (Jacques Cheminade).
  • Liberté d'expression : abrogation de l'intégralité des lois mémorielles, suppression des délits impliquant l'expression d'une opinion, hors cas de diffamation ou d'injure.
  • Abrogation du Concordat en Alsace-Lorraine. La laïcité, c'est pour tout le monde.
  • Diminution des fastes de l’État : limitation des frais de représentation, diminution du parc automobile de la présidence et de suppression de dépenses inutiles comme la patrouille de France ou la garde républicaine.
  • Simplification administrative : suppression des départements et reprise de l'intégralité de leurs prérogatives par les régions.
  • Interdiction pour les députés et sénateurs d'exercer une autre profession durant leur mandat. Représenter la France doit être un travail à plein temps. Ceci évitera les hémicycles vides et les conflits d'intérêt.

Saturday, February 18, 2012

Un programme pour 2012 : Sécurité intérieure et justice

Après mon article sur l'immigration, voici la suite de ma série d'articles contenant des propositions pour améliorer la situation en France.

La délinquance devient problématique en France, et malgré un volontarisme de façade, la droite n'a fait qu'empirer les choses. Ce n'est pas en sortant une loi à chaque fait divers qu'on va résoudre le problème. De même, la justice est dans un piètre état.

Avant d'expliquer mes propositions, il me parait utile de rappeler que les questions de sécurité sont indissociables des questions sociales, et que la misère fait le lit de la délinquance. L'école, en particulier, doit redevenir un ascenseur social.

Voici des mesures qui me paraissent utiles pour améliorer la situation :

  • La police de proximité instaurée par Jospin et supprimée par Sarkozy doit être rétablie. Si vraiment la délinquance baisse au point qu'ils trouvent le temps pour jouer au foot avec les gamins du quartier, c'est une excellente nouvelle !
  • Il faut remettre en  place une véritable politique de prévention : remettre des éducateurs dans les quartiers, remettre des assistantes sociales dans les écoles.
  • Améliorer la police : niveau d'étude plus élevé lors du recrutement, formation de haut niveau, à la fois au moment du recrutement et tout au long de la carrière, importance de la déontologie, meilleure rémunération.
  • En contrepartie, les sanctions disciplinaires et judiciaires en cas de manquement doivent être très dissuasives. La société confie une importante responsabilité aux forces de l'ordre, il est nécessaire qu'elles respectent les lois pour pouvoir les faire respecter. De même, la justice ne voit souvent les affaires judiciaires qu'à travers l’œil de la police, tout manquement au devoir de vérité devra être très sévèrement sanctionné. De manière générale, l'appartenance aux forces de l'ordre doit être considéré comme un facteur aggravant en matière pénale, en particulier si le délit est commis dans l'exercice des fonctions et/ou s'ils concernent des affaires déjà en cours d'investigation.
  • La police est au service de la population, pas du pouvoir politique.
  • La lutte contre le crime organisé doit être une priorité. Les peines de prison doivent s'accompagner de lourdes amendes voire de saisie des biens, considérés comme mal acquis, qui doivent constituer une forme de réparation sociale.
  • La même logique peut s'appliquer au grand banditisme et au "crime en col blanc".
  • La présomption d'innocence est fondamentale dans un état de droit. Chaque personne mise en cause doit pouvoir bénéficier de l'assistance d'un avocat durant les auditions dès le début de la garde à vue.
  • L'enregistrement vidéo des dépositions (horodaté et sans interruption) doit être généralisé, pour éviter toute contestation, que ça soit chez le déposant ou les forces de l'ordre.
  • Le parquet doit être totalement indépendant du ministère. Ce n'est qu'à cette condition qu'une justice impartiale pourra être rendue.
  • Il faut redonner des moyens à la police et à la justice, en personnel et en budget.
  • Il faut rappeler le principe qui doit guider la loi : des lois justes, appliquées avec fermeté. Créer des lois injustes et les appliquer sans conviction (puisque trop de fermeté ferait apparaitre leur injustice foncière) est une catastrophe. Les situations d'insécurité juridique sont inacceptables.
  • La prison ne doit pas être qu'un moyen d'isoler les criminels du reste de la société. Les châtiments doivent être compris par les prisonniers et la lutte contre la récidive doit être une priorité.
  • Les prisons doivent être améliorées. Il faut absolument lutter contre la délinquance au sein même des prisons. La prison ne doit plus être l'école du crime. Des cellules individuelles sont une solution.
  • L'offre de formation, diplomante ou non, doit être améliorée. Les détenus doivent être encouragés à améliorer leur niveau d'étude. c'est une des meilleures garanties contre la récidive et pour la réintégration dans la société.
  • Les libérations conditionnelles doivent être généralisées. Statistiquement, cette méthode a fait ses preuves contre la récidive.
  • Les possibilités de peines alternatives (bracelet, travaux d'intérêt général...) doivent être privilégiés
  • Le travail doit être rémunéré décemment. Les situations de quasi-esclavages sont intolérables et les prisonniers ne doivent pas devenir des alternatives bon marché aux salariés.
  • Dans tous les cas où c'est possible, la réparation doit être incluse dans la peine.
  • Dans un domaine connexe, des postes de surveillants dans les écoles doivent être rétablis.
  • Il faut supprimer les dispositions de la loi Perben II permettant à des services de police étrangers non-communautaires d'enquêter en France (proposition de Jacques Cheminade)
  • Il faut arrêter la folie du fichage. Le fichier des empreintes génétiques doit être limité aux personnes condamnées et aux prélèvements de scènes de crime.
  • De même, il faut encadrer plus fortement la vidéosurveillance.

Un programme pour 2012 : Immigration

Voici comme promis la première partie de ma série d'articles destinés à exposer les propositions que je trouve utile d'appliquer.

L'immigration est un des sujets préférés de la droite, que ça soit l'UMP ou le FN. Sarkozy comme Le Pen utilisent ce sujet à la fois pour flatter les bas instincts et pour trouver des boucs émissaires aux problèmes actuels.

Avant de commencer à détailler ce qu'il conviendrait de faire selon moi, il me semble indispensable d'entrer dans des considérations plus générales. Il faut affirmer clairement que, non, l'immigration et la sécurité ne sont pas liées. Que les étrangers ne sont pas responsables de la hausse du chômage ou des déficits sociaux. Que l'immigration n'a rien d'une "invasion", que l'écrasante majorité des gens de la planète n'ont tout simplement pas envie de venir en France, loin de leurs familles et de leur environnement familier. L'immigration  ne représente qu'une fraction des naissances et l'immigration aujourd'hui représente moins de la moitié de ce qu'elle était dans les années 60, parler d'invasion n'est donc pas sérieux.

Ensuite, ce qu'il faut préciser, c'est que la question de l'immigration au sens large, c'est à dire en y intégrant la question des réfugiés, est totalement indissociable de la question de la stabilité et de la prospérité des pays d'origine. La richesse des pays occidentaux, ou plutôt d'une poignée de pillards, provient de l'exploitation des pays pauvres et en particulier de leurs ressources naturelles. On ne peut pas d'un côté tout prendre aux gens et de l'autre leur interdire de venir là où on a emmené leurs richesses. C'est totalement injuste ! Nous aurons l'occasion d'y revenir dans des articles ultérieurs.

Voici donc ce que je propose :

  • Différencier clairement la question de l'asile politique de la question de l'immigration. L'accueil des opprimés de la planète est une des grandeurs de la France. Il faut que toutes les personnes en danger d'être tuées, torturées ou opprimées dans leur pays puissent se réfugier en France. C'est ne des conditions pour aider le monde à devenir un endroit meilleur. Le droit d'asile doit être rétablie, après toutes les mesures que la droite à prise dans ce domaine depuis 10 et qui ont grandement mis à mal ce droit.
  • Il me parait intolérable que quelqu'un ne puisse pas être régularisable, mais pas expulsable non plus, ce qui fait que des personnes sont en France et ne peuvent pas travailler. Toutes les personnes non-expulsables doivent être automatiquement régularisées.
  • D'une façon plus générale, il faut sortir de la logique du "cas par cas" (à la tête du client, quoi) et édicter des règles précises, connues de tous et justes pour la régularisation des sans-papiers. Ces règles pourraient être par exemple basées sur la durée du séjour en France, l'intégration (emploi, connaissance du français) et le pays d'origine. Les critères seront connus et ne changeront pas sans justification.
  • Concernant l'emploi des clandestins, il faut punir sévèrement les employeurs et les réseaux. Il est inacceptable que des pans entiers de l'économie repose sur ce type d'emploi, au détriment du salariat.
  • Il existe un moyen simple d'extraire les populations d'origine roumaines et les bulgares des circuits mafieux. Actuellement, ces populations peuvent entrer en France avec beaucoup de facilité, mais ne peuvent pas toujours travailler car le traité d'élargissement de l'Union européenne à la Roumanie et la Bulgarie prévoit des limitations dans l'immigration de travailleurs jusqu'en 2014. Il faut supprimer cette disposition qui est à l'origine de la création des réseaux mafieux en provenance de Roumanie et de Bulgarie, qui contraignent des personnes de ces pays à la mendicité, la prostitution et la criminalité. Si ce n'est pas possible au niveau européen, il faut le faire unilatéralement au niveau français.
  • Concernant les personnes dont l'expulsion a été décidée, il est intolérable de les parquer dans les actuels camps de rétention, qui font vraiment penser à une autre époque plus sombre. Les conditions sanitaires doivent être dignes et il faut permettre aux personnes concernées d'épuiser les possibilités de recours comme il convient dans un état de droit.
  • En matière d'immigration clandestine comme ailleurs, il faut sortir de la néfaste politique du chiffre mise en place par Sarkozy.
  • Concernant l'immigration régulière, je ne vois pas de raison d'empêcher toute personne ayant un emploi potentiel en France de venir dans notre pays.
  • Il faut rétablir le permis de séjour de 10 ans. On ne peut pas laisser des gens dans l'insécurité. L'intégration, c'est laisser les gens organiser leur vie.
  • Le droit du sol doit être la règle. Elle est la seule qui soit juste et qui ne soit pas un reflet d'une forme de xénophobie.
  • La naturalisation doit être automatique pour toute personne résident depuis un certain nombre d'années en France et qui en manifeste le désir.
  • Le droit de vote des étrangers aux élections locales me parait une bonne chose. Personnellement, je suis pour l'idée que ce soit les gens qui sont concernées par les décisions prises par les élus qui puissent les élire. Je suis donc bien plus favorable au droit de vote des étrangers qu'au droit de vote des Français à l'étranger !
  • Puisque la droite amène souvent le débat sur ce terrain quand il est question d'immigration : la laïcité s'impose à tous. Elle implique le respect des lois françaises sur la question, mais aussi qu'on donne la possibilité de pratiquer toutes les religions. Des lieux de culte appartenant à l’État ou à des collectivités locales pourront donc être fournis à d'autres religions, dans le respect du patrimoine.
  • Il faut également permettre à toutes les religions de construire des lieux de culte si elles le décident, sans que l'argent public ne soit utilisé dans leur financement.
  • Les mesures mises en place par Sarkozy visant à décourager la venue d'étudiants étrangers en France doivent supprimées. Ces mesures sont une aberration, et diminueront encore la réputation des universités françaises, déjà mal en point.

Friday, February 17, 2012

Tous en campagne !

Et ben ça y est, on est à nouveau en campagne pour l'élection présidentielle...

Plutôt que de simplement me limiter à la critique des candidats en général et de Sarkozy en particulier, je vais tenter d'établir ce qui, selon moi, constitue le programme politique qu'il faudrait à la France aujourd'hui. Cette idée se veut sans prétention. Je dirais même que tout le monde ferait bien de se demander quelles sont les mesures qu'il voudrait que prenne le gouvernement, et pas seulement en période électorale !

Les principes qui guideront ces propositions se voudront : démocratie, liberté, égalité, fraternité, laïcité, justice, paix et prospérité.

J'essayerais d'aborder au fil des articles des sujets comme l'immigration, la sécurité intérieure, les institutions, économie, budget de l'état, relations étrangères, défense, enseignement, environnement (je choisis délibérément en premier deux sujets chers aux gens de droite dans l'espoir de les faire réagir)...

Je me sens libre de reprendre des propositions de divers candidats, auquel cas ça sera clairement indiqué.

Je vous invite à réagir, en commentant ici ou même sur votre propre site ou blog et d'indiquer les liens ici. A défaut de faire appliquer nos idées, peut-être pourrons-nous au moins imposer un débat politique de meilleure qualité à cette élection ? Ça serait déjà une victoire...

(Oui, cet article veut bien dire que je vais essayer de publier à nouveau un peu plus souvent, malgré un emploi du temps chargé)

NB: Merci à France-Info pour ce titre bien racoleur... :-D

Monday, December 05, 2011

Où en est la Grèce ?

Où en est la Grèce aujourd'hui ? La vidéo suivante permet d'avoir une idée...
Témoignage Dimitri Assemblée Citoyenne Grabels par papounet34 Je trouve les perspectives terrifiantes, personnellement...

Thursday, November 24, 2011

Le guide du manifestant

Le syndicat de ma magistrature a réédité une version actualisée de son Guide du Manifestant. Il détaille les situations juridiques auxquelles vous pourriez être confronté(e) en tant que manifestant(e), et surtout comment y réagir.

http://www.guidedumanifestant.org/

Ça peut servir, par les temps qui courent...

Wednesday, September 21, 2011

Palestine, J-1

A quelques heures du vote de l'ONU sur la reconnaissance d'un état palestinien, alors que la position d'Israël est de condamner cette initiative "unilatérale", je me pose une question : à qui les fondateurs de l'état d'Israël ont-ils demandé l'autorisation avant de passer à l'acte, en 1948 ? A qui, pour leur permettre ainsi de condamner "l'unilatéralisme" des Palestiniens ?

Tuesday, August 02, 2011

Fukushima mon amour

Réunion entre la population de Fukushima et des officiels supposés apporter des réponses à leurs inquiétudes. Ça ne va se passer comme prévu.

Attention, cette vidéo est dure à supporter...

Thursday, January 27, 2011

Filmer la police

J'en parlais il y a un certain temps. Une riposte citoyenne aux manquements de la police est de filmer leur action. Le webzine Slate.fr a écrit récemment un article sur la question :


Alors, y a qu'à !

Saturday, December 04, 2010

Bienvenue dans le XXIe siècle !

Beaucoup de médias ont coutume de dire que les évènements du 11 septembre 2001 ont marqué l'entrée dans le XXIe siècle, comme la première guerre mondiale a marqué l'entrée dans le XXe siècle.

Comme on a tort de tenter d'extraire l'Histoire de l'actualité. Le recul n'est évidemment pas suffisant...

Pourtant, si je devais proposer une date d'entrée dans le XXIe siècle, je proposerais sans doute le 28 novembre 2010.

Pourquoi cette date ?
Parce que c'est la date à laquelle Wikileaks a commencer à publier ses révélations issues de câbles diplomatiques étasuniens.

Ces révélations sont-elles importantes ? Sans doute, mais ce n'est pas ce qui m'intéresse en l'occurence. Non, ce qui me parait chambouler tous les repères connus jusqu'alors, c'est l'acharnement des gouvernement de la planète pour faire taire Wikileaks, à tout prix, au mépris de tous les principes démocratiques, de toutes les règles d'un état de droit, de toutes les apparences...

Depuis cet été court en Suède une étrange histoire de viol dont Julian Assange, le fondateur de Wikileaks serait accusé. Par un hasard des plus improbables, le mandat d'arrêt international pour son arrestation a été émis le 30 novembre, 2 jours après la publication des câbles diplomatiques.
Pourtant, le fond des accusations parait plus que douteux, comme on peut le voir ici et là. Le procureur semble plus intéressé par l'arrestation d'Assange que par la résolution de l'affaire. Il a même refusé que celui-ci s'explique, quand il était encore en Suède.

Mais ce n'est pas tout : outre les attaques informatiques qui pleuvent sur Wikileaks, les prestataires de service chargés d'assurer le fonctionnement de Wikileaks refusent de continuer à fournir les moyens pour permettre à Wikileaks de continuer à fonctionner :

  • EveryDNS.net, son serveur de nom, a coupé l'accès au domaine wikileaks.org vendredi 4 décembre, rendant subitement le site indisponible dans le monde entier. Le nombre d'attaques subi par Wikileaks ne serait plus supportable par leur infrastructure, parait-il...
  • Le même jour, Amazon, fournisseur d'hébergement cloud, a refusé de continuer à héberger Wikileaks, après des pressions politiques
  • Le système de payment en ligne Paypal, appartenant à eBay, a bloqué le compte permettant de faire des dons à Wikileaks samedi 4 décembre. Paypal justifie cette action par ses conditions générales, stipulant que Paypal ne peut pas être utilisé pour commettre des actions illégales, bien que Wikileaks n'ait pas été condamné.
A ceci s'ajoute encore le gouvernement australien, se déclarant prêt à faire poursuivre Assange, sans préciser pour quel motif, le président iranien Ahmadinedjad déclarant que Wikileaks est une opération étasunienne, le ministre français Eric Besson déclarant, suite à l'arrivée de Wikileaks sur les serveurs de l'hébergeur français OVH, que Wikileaks était indésirable en France, les condamnations des révélations par les gouvernements italien, français, saoudien et colombien, entre autres, et bien sûr toutes les actions et déclarations du gouvernement étasunien, trop nombreuses pour être énumérées toutes. Une belle unanimité, somme toute !

Ce que cette évidente persécution a de nouveau, là où se situe la rupture, c'est qu'elle se fait en pleine lumière : le côté positif des révélations de Wikileaks est évident, le site a d'ailleurs l'appui massif de la population (il suffit de voir les appels au boycott d'Amazon et de Paypal sur Facebook), et pourtant les gouvernements sont en train d'organiser une véritable chasse à l'homme ! Julian Assange se dit maintenant menacé de mort et parle d'ailleurs de demander l'asile politique en Suisse.

Quelles que soient les révélations de Wikileaks, elles ne peuvent pas ouvrir plus les yeux des citoyens que cette traque indigne !

Désormais, l'époque de la politique feutrée est révolue. Le message à la population est très clair : si vous vous révoltez, il vous en cuira ! Vous n'avez qu'à regarder Julian Assange !

Comme dit Guy Béart, "Le premier qui dit la vérité / Il doit être exécuté".
Ça ne saurait tarder...

Wednesday, April 28, 2010

Une utilité pour les journaux gratuits ?



Les journaux gratuits nuisent à la qualité de l'ensemble de la presse en privant la presse traditionnelle de ses ressources et de ses lecteurs. De plus, l'information qu'ils fournissent est le plus souvent d'assez piètre qualité.
Malgré cela, il est clair qu'ils sont lu par un public extrêmement large et extrêmement diversifié, représentant presque toutes les couches de la population.



Leur émergence a, par réaction, favorisé l'apparition des médias citoyens, avec bien sûr des blogs comme celui-ci, mais aussi les sites d'information citoyenne comme Agoravox ou Wikinews. Le problème, c'est que l'information citoyenne n'atteint qu'un public déjà largement engagé politiquement, et, pour les blogs, largement acquis aux idées de l'auteur. Par exemple, je pense que peu de gens en désaccord complet avec mes idées lisent mon blog...

Donc, que faire ?

Il faudrait trouver un moyen de combiner la diffusion des journaux gratuits et la proximité avec le quotidien des médias citoyens.
Ça revient à dire : se réapproprier l'espace occupé par les journaux gratuits.

Je propose une solution : annotons les journaux gratuits !

Si vous lisez un journal gratuit, écrivez à proximité de chaque article votre opinion sur le sujet de celui-ci.

Ainsi, on peut transformer la diffusion de journaux gratuits en un vaste forum de diffusion d'idées. Le manque d'échange d'idées est à mon avis un des gros obstacle au changement. Votre avis est important, faites le connaitre ! C'est le sens même de la démocratie.

De plus, c'est très facile : il suffit d'avoir un crayon avec soi, les journaux sont fournis gracieusement un peu partout !



Peut-être qu'un jour, les éditeurs de journaux gratuits laisseront des espaces spécialement dédiés à cet effet ?

Wednesday, April 14, 2010

Retraites : my two cents

On nous parle abondamment de réforme des retraites, et c'est généralement pour nous préparer à un allongement de la durée de cotisation, à une hausse des cotisations salariales ou à une baisse des retraites.
Ou les trois...

Pourquoi faudrait-il qu'il en soit ainsi ? Si on en croit les médias, une grande partie des syndicats (!) et les politiques de droite, y compris le PS, tristement unanimes sur le sujet, ça serait à cause de l'allongement de la durée de la vie, de la baisse du nombre de cotisants et de l'augmentation du nombre de retraités.

Étrangement, personne ne fait le lien avec les baisses de charge que cette même droite accorde aux employeurs depuis 40 ans.

Au contraire, on nous dit que le financement pour le niveau actuel de prestations n'est plus assuré.

La question qui se pose est simple : comment est-ce possible, alors que la France n'a pas connu de récession sur un an durant ces 20 dernières années (mais où est la crise, au fait ?) ? Ne faudrait-il pas demander aux politiques (surtout ceux qui se prétendent de gauche) s'ils ont vraiment l'intention de faire (ou de laisser faire) en sorte que la part du PIB consacrée aux retraites diminue ?
Oui, parce que c'est ça, la réalité : le PIB augmente (la fameuse croissance), donc si on veut dépenser moins pour les retraites, on veut leur consacrer une part moindre de ce PIB. En d'autres termes : consacrer une part moindre de la richesse que produit notre pays chaque année à nos anciens !

Dans la poche de qui ira la différence de richesse ? J'ai ma petite idée...

Et vous ?

Wednesday, March 17, 2010

Avant le second tour...

Visiblement, seule l'Alsace peut encore éventuellement rester entre les griffes de l'UMP. En tant qu'Alsacien (je suis toujours inscrit à Wissembourg), je vais donc aller voter, sans enthousiasme débordant je dois le dire, pour la liste d'union PS-EE, dimanche prochain.

L'enjeu, pour l'instant, est d'affaiblir l'UMP, le gouvernement et Sarkozy autant que possible, afin de diminuer les dégâts qu'ils feront d'ici 2012, même si le PS et les Verts (ou quelque soit le nom qu'ils se donnent aujourd'hui) sont loin du compte et ne semblent pas vouloir prendre leurs distances avec le libéralisme.

Le score du Front de gauche me parait prometteur, mais leur alliance immédiate avec le PS et les Verts les rend suspects de n'être que des supplétifs chargés de ramener dans le droit chemin les "égarés" voulant encore vraiment voter à gauche.

Que faire, donc, sachant que le NPA a fait un score décevant ? Je m'interroge sur l'après-Régionales...

Monday, March 15, 2010

Régionales 2010 : après le premier tour

Le premier tour des élections régionales de 2010 est déjà riche d'enseignements :

-L'UMP est massivement désavouée par les citoyens
-La stratégie attentiste du PS (ne rien changer et attendre que la déception et les problèmes fassent revenir les électeurs) se révèlent malheureusement payante. Ça va être plus difficile que jamais de tirer le PS vers la gauche
-Le Modem est mort
-La stratégie du NPA, visant à unifier les partis à gauche du PS, est un échec
-Le score du FN démontre que la stratégie de l'UMP visant à rendre les populations "issues de l'immigration" responsables d'une bonne partie des problèmes de la France rencontre malheureusement un certain succès
-Le soufflé Vert des élections européennes de 2009 est largement retombé

Tuesday, March 09, 2010

Elections régionales

Dimanche 14 mars et dimanche 21 mars 2010 auront lieu en France les élections régionales. Quel message faut-il adresser à cette occasion à la classe politique en général et au gouvernement en particulier ? Bien sûr, il ne s'agit que de mon avis, mais il doit bien vous intéresser, puisque vous prenez la peine de me lire (merci, soit dit en passant).

Au gouvernement, à Sarkozy, à la majorité de droite, à l'UMP et à ses croupions (Nouveau Centre, Gauche Moderne) :
-Nous sommes très mécontents des réformes entreprises depuis 2007
-Nous désapprouvons l'action du gouvernement
-Nous voulons que le pouvoir démocratiquement élu reprenne le pas sur le pouvoir économique
-Nous voulons que le gouvernement cesse de dresser les habitants de la France, de nationalité française ou non, les uns contre les autres
-Nous voulons que l'économie de la France soit au service du bien-être des habitants de la France, et non l'inverse
-Nous voulons des services publics efficaces, ayant les moyens humains et financiers de leur mission
-Nous voulons que la dette de l'État soit maitrisée
-Nous voulons que le chômage régresse et que chacun puisse avoir un travail capable de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille
-Nous voulons que le gouvernement cesse d'exploiter l'insécurité dans des buts électoraux ou autoritaires
-Nous voulons un retour aux valeurs de droits de l'homme, de démocratie et d'état de droit
-Nous nous opposons à la dérive autoritaire qui a lieu depuis 2007
-Nous nous opposons à une Europe qui prive les citoyens de leurs droits démocratiques. Si l'Europe ne peut pas être démocratique, elle ne doit pas être

Au PS et aux Verts :
-Vous devez cesser d'attendre que l'électorat revienne vers vous simplement par dépit du pouvoir de droite en place. Cette attitude conduit le peuple au désespoir
-Vous devez redevenir un parti de gauche
-Vous devez rompre définitivement avec l'idéologie libérale, qui conduit la France et le monde à la misère mondialisée

Aux partis de gauche :
-Ce qui vous réunit est plus fort que ce qui vous divise, si vous êtes sincère. Cessez de vous faire concurrence et unissez-vous afin de peser, pour le peuple

Au Modem, qui ne rêve que de devenir l'UMP à la place l'UMP, et au FN, qui a fait de la haine et de la division son fond de commerce, je n'ai rien à dire.

La gauche (ou ce que la presse appelle ainsi) peut sortir largement vainqueur de ces élections. Encore faut-il que les électeurs se déplacent. Si vous êtes mécontent, dites-le ! Allez voter ! S'abstenir, c'est faire le jeu du pouvoir en place !

Sunday, March 07, 2010

Le quai de Ouistreham



Florence Aubenas a connu une grande notoriété pour avoir été otage en Irak en 2005. Le livre qu'elle a publié en février 2010 n'a pourtant rien à voir avec les conflits au Moyen-Orient. Il s'agit d'un reportage in-situ illustrant la situation sociale dans la France de 2009 (de février à juillet).

Elle s'est fait passer pour une chômeuse, nouvellement divorcée, n'ayant pas travaillé depuis longtemps et n'ayant d'autre diplôme que le bac. Afin d'améliorer son anonymat, elle s'est installée à Caen, en Normandie.

Le monde qu'elle dépeint est terrifiant. Orientée par le Pôle Emploi vers des travaux de femme de ménage, elle travaille à l'heure pour des CDD sous-payés ou des contrats d'intérim. Malgré la nécessité de posséder une voiture et un téléphone portable pour pouvoir assurer ces emplois, elle ne gagnera jamais plus de 700 € par mois durant les 6 mois que durera son reportage.

Visiblement, certains employeurs ont flairé l'aubaine et exploitent sans vergogne toute une population de gens ayant perdu tout espoir.

C'est tout un monde de la pauvreté et de la précarité qui est décrit par le menu, vu de l'intérieur.

Elle égratigne au passage le Pôle Emploi lui-même, avec sa logique d'entreprise, son absence de perspective, ses formations bidons, ses tracasseries administratives uniquement destinées à permettre de radier des chômeurs, ses sous-traitants à côté de la plaque et les craintes de ses agents pour leur propre emploi, malgré leur surcharge de travail.

Un ouvrage à lire pour comprendre à quel point la France est déjà tombée bas, à quel point la misère s'y répand, et à quel point les gens sont déjà résignés.

Le désastre dûment annoncé est sur nous.

Thursday, February 25, 2010

Suspects de l'assassinat de Dubai




Ces photos (sur lesquelles vous pouvez cliquer si vous voulez les voir en plus grand ou les télécharger) montrent les personnes que la police de Dubaï suspecte d'être des agents du Mossad coupables ou complices de l'assassinat de Mahmoud al-Mabhouh. Il est bien évident que ces personnes ne seront jamais punies pour leur crime, et encore moins extradées par Israël, puisque, comme je l'indiquais dès 2006, la cour suprême israélienne a validé la légalité des assassinats politiques.

Si comme moi, vous n'acceptez pas ce type d'agissement (même si la personne assassinée est quelqu'un qui n'inspire guère la compassion), si vous êtes pour un état de droit, si vous refusez la voie de fait, je vous recommande de diffuser ces photos le plus largement possible !
Au moins, ces agents devront changer de métier, puisqu'un agent de renseignement dont le visage est connu de tous ne sert plus à rien.
Vu le prix que représente l'entrainement d'un tel agent de renseignement, peut-être qu'Israël y réfléchira à deux fois la prochaine fois...

J'essayerais de mettre des photos de meilleure qualité si j'en trouve, afin qu'ils soient le plus reconnaissables possibles...

Thursday, January 07, 2010

Google Chrome

Si vous habitez Paris, vous ne pouvez pas échapper à la campagne de publicité de Google pour son navigateur Chrome, visible en ce moment en 4 par 3 dans le métro.

Cette campagne, qui a lieu également au Royaume-Uni, a visiblement attiré l'attention de quelqu'un trouvant à redire aux problèmes de vie privée que pose l'omniprésence de Google sur Internet :



(Photo placée sous licence CC-BY-SA par son auteur, Bisonbison)

La formulation, qui contient une faute de grammaire, est une référence au fameux mème "All your base are belong to us", connu de beaucoup d'internautes...

Rappelons que le CEO de Google, Eric Schmidt, a tenu récemment des propos absolument scandaleux sur le sujet, affirmant que "s’il y a des choses que vous souhaitez cacher à tout le monde, vous ne devriez peut-être pas les faire" (sic) :



(Je précise que la plateforme de blog Blogger et le site de partage de vidéos Youtube appartiennent à Google. Espérons que rien ne sera censuré. Ça m'obligerait à migrer tous mes articles ailleurs...)

Thursday, May 21, 2009

Action

Que faire ? Oui, que faire face à la situation qui se dégrade de plus en plus dans notre pays ? La dérive anti-démocratique devient patente, et la situation économique catastrophique. Vous, je ne sais pas, mais moi, l'impuissance me taraude.

C'est pourquoi j'ai décidé de détailler ici, quand j'en trouverais, les moyens que je parviendrais à trouver. N'hésitez surtout pas à me faire des suggestions, j'essayerais de les creuser autant que je pourrais.

Une idée qui me travaille depuis un moment, c'est le contrôle citoyen des activités de la police. En d'autres termes, est-il possible pour un citoyen normal, sans pouvoir juridique particulier (genre carte de presse) d'observer, de filmer, de photographier ou d'enregistrer par tout autre moyen (dans la suite de l'article, je dirais simplement : filmer) l'action de la police, contrôles d'identité, perquisitions, actions de maintien de l'ordre (lors d'une manifestation, par exemple) ?

Après m'être documenté, il s'avère que c'est effectivement tout à fait légal, sauf exceptions bien définies par la loi.

Dans quel cadre légal ?

Tout d'abord, les forces de l'ordre sont soumises au même régime que n'importe quel citoyen dans ce domaine, ce qui veut dire qu'on peut filmer n'importe qui, mais non publier ces images. Ce qui veut dire qu'il faut rendre les personnes méconnaissables (avec un effet de flou, par exemple) si on veut rendre son film public. Dans un cadre privé, toutefois, il est tout à fait possible de diffuser ces images. Attention donc aux listes de diffusion sur Internet, certaines ayant des archives publiques, donc librement accessibles, ce qui équivaut à une publication. Les textes de loi régissant ces dispositions sont l'article 9 du Code civil (respect de la vie privée) et l'article 226-8 du Code Pénal (la peine encourue pour la publication non-autorisée des images ou paroles de quelqu'un est d'un an d'emprisonnement et/ou 15000 euros d'amende. Ça ne rigole pas !)

Ce régime est compliqué par un statut particulier pour les représentants des forces de l'ordre. L'article 39 sexies de la Loi sur la Liberté de la Presse spécifie qu'il est interdit de rendre public l'identité des fonctionnaires de la Police nationale, des militaires (donc les gendarmes), des personnels civils de la défense ou des agents des douanes ayant une mission exigeant l'anonymat. On remarquera que les policiers municipaux ou le personnel pénitentiaire ne sont pas concernés. Toutefois, la jurisprudence a créé plusieurs exceptions à ce régime :
-Les événements dont l’importance justifie qu’ils soient portés par l’image à la connaissance du public (Arrêt du 19 mai 2004 de la Cour d’appel d’Aix en Provence)
-Les événements d'actualité auxquels les représentants des forces de l'ordre se sont retrouvés mêlés par l'exercice de leur fonction (Arrêt du 26 juin 2000 de la Cour d’appel de Paris)
-Les opérations de police en relation directe avec un événement d’actualité hautement médiatisé (Arrêt du 20 février 2001 de la Cour de cassation)
-Les reconstitutions de faits criminels (Arrêt du 10 mai 2005 de la Cour de cassation)
Ces décisions s'appuient notamment sur l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

De plus, l'arrêté du 27 juin 2008 portant sur l'anonymat de certains fonctionnaires de police précise que les policiers faisant partie de certains unités doivent conserver leur anonymat, ce qui veut dire qu'il est même interdit de les filmer. C'est le cas pour (je reprends le texte) :
1° L'unité de coordination de la lutte antiterroriste ;
2° Au titre de la direction centrale de la police judiciaire :
― la sous-direction antiterroriste ;
― le service interministériel d'assistance technique ;
― la brigade de recherche et d'intervention criminelle nationale et la brigade de recherches et d'investigations financières nationale ;
― les brigades de recherche et d'intervention ;
3° La direction centrale du renseignement intérieur ;
4° Au titre de la direction centrale de la sécurité publique, les groupes d'intervention de la police nationale ;
5° Au titre de la direction centrale de la police aux frontières, l'Office central pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi des étrangers sans titre ;
6° L'unité de recherche, d'assistance, d'intervention et de dissuasion (RAID) ;
7° Au titre de la préfecture de police :
― les services de la direction du renseignement chargés de la prévention de la violence, du terrorisme et des dérives sectaires ;
― la section antiterroriste de la brigade criminelle de la direction de la police judiciaire ;
― la brigade de recherche et d'intervention ;
8° Le groupe de sécurité de la présidence de la République

Mais attention, la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance rend celui qui filme une agression complice de l'agresseur. Pour l'instant, cette loi n'a pas encore été utilisé pour protéger des policiers auteurs de bavures, et les magistrats ne voudront peut-être pas statuer dans un sens aussi manifestement contraire aux faits, mais théoriquement, d'après la lettre de la loi, la possibilité existe. Ce texte ne concerne toutefois pas les personnes titulaires d'une carte de presse, c'est à dire les journalistes professionnels.

Que conclure de tout ce jargon ?

Il est parfaitement possible de filmer la police durant son action. Les policiers ne peuvent pas vous en empêcher, à l'exception de certaines unités antiterroristes ou de renseignement. Vous ne pouvez pas rendre public ses enregistrements sans dissimuler les visages des policiers (conservez soigneusement les originaux où on peut voir les visages, pour servir de preuves en cas d'action en justice de la part des victimes d'exactions policières), sauf si les événements filmés sont des événements médiatisés, comme des manifestations (qui sont par définition publiques, ce que les policiers savent d'ailleurs parfaitement : c'est au nom du même principe qu'ils ont le droit de filmer les manifestants). Un contrôle d'identité doit déjà très gravement déraper pour devenir un événement d'actualité, à mon avis.

De plus, les policiers n'ont pas le droit de saisir votre matériel sans décision d'un magistrat (et il faut alors que cela soit fait par un Officier de Police Judiciaire). La destruction ou la dégradation du matériel, ou l'effacement des enregistrements sont totalement interdits, bien sûr.

Prenez soin de toujours demander aux policiers s'ils acceptent d'être filmé. S'ils refusent, cela ne change rien à vos droits et devoirs. S'ils acceptent, ils auront du mal à vous attaquer par la suite. Filmez la question et la réponse.

Pourquoi tout ce jargon ?

Ces textes vous protègent et garantissent vos droits. Les connaitre vous sera très utile face à des policiers qui joueront probablement la carte de l'intimidation. Il est évident qu'il vaut donc mieux éviter d'avoir quelque chose à se reprocher par ailleurs pour entreprendre ce type d'action.

Et maintenant, on fait quoi ?

FILMEZ !
Un camescope premier prix coûte environ 60€, un appareil photo numérique environ 40€, un dictaphone dans les 70€. De nombreux téléphones portables sont également capables maintenant de remplir ces fonctions. Traquez les comportements anormaux de la police, filmez les et mettez-les sur plusieurs sites de partage de vidéo (mieux vaut éviter de mettre tous les œufs dans le même panier), voire transmettez aux médias et aux associations de défense des droits des citoyens. Transmettez aux victimes, afin qu'elles puissent faire valoir leurs droits. Prenez des photos, enregistrer les conversations. Si on surveille la police, ça l'aidera à faire son travail plus consciencieusement, ce dont elle ne peut bien sûr que se féliciter !

Quelques liens :

http://revolution.celeonet.fr/index.php?showtopic=17408

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article195
http://www.rue89.com/explicateur/2009/03/18/ce-que-manifestants-et-policiers-ont-le-droit-de-faire-ou-pas
http://www.slate.fr/story/2997/t-le-droit-de-filmer-un-policier
http://www.mediapart.fr/club/blog/annav/190309/manifestants-vos-droits