Un informaticien dissident d'origine alsacienne vivant depuis sept ans en Ile-de-France, progressiste, humaniste, de quoi ça parle ? Ben de politique, surtout, en fait...
Thursday, December 06, 2007
Le "Grenelle de l'environnement", un mois plus tard
-Absence de suivi du groupe des "cinq" par le gouvernement (les cinq collèges de participants, Etat, collectivités locales, patronat, salariés, organisations environnementales, qui étaient supposés assurer le suivi des "décisions" prises lors du "Grenelle")
-Remise en cause des décisions prises
Rien que du prévisible, quoi. On voit que les caméras sont parties. Vous, je ne sais pas, mais moi je me suis dit que ça allait se terminer comme ça au moment même où Sarkozy a annoncé ce "Grenelle".
Wednesday, December 05, 2007
The story of stuff
"The story of stuff", avec Annie Leonard, un site pour tout comprendre des mécanismes de l'économie mondiale et la manière dont les choses sont délibérément organisées pour vous rendre malheureux, mais utile pour l'enrichissement de quelques-uns. Un résumé efficace qui explique les liens entre problèmes sociaux, environnementaux et politiques.
Thursday, November 29, 2007
6 mois et 23 jours plus tard...
Le Nouvel Observateur publie aujourd'hui un sondage de popularité, qui met les mécontents et les satisfaits à égalité à 49%. Le 6 mai est déjà bien loin.
Ce sondage nous apprend aussi que 87% des sondés trouvent la politique du gouvernement inefficace en matière de pouvoir d'achat, 73% qui la trouve inefficace en matière de lutte contre le chômage, 73% à estimer que les choses ont tendance à empirer, 76% à penser qu'il y a de fortes chances qu'il y ait des conflits sociaux dans les mois à venir et 53% à penser que le rôle de la France dans le monde s'affaiblit.
Vous ne pouviez pas y réfléchir *avant* de voter, franchement ? Maintenant, on en a encore pour au moins 4 ans, 5 mois et 7 jours à devoir supporter cette politique lamentable...
Monday, November 19, 2007
Si Vis Pacem
Et là, c'est la claque. Cet album est fantastique !
Ils ont plus que jamais la pêche et question musicalité, c'est vraiment excellent. Rien que du bon. Si vous aimez ce type de musique, n'hésitez pas.
Et le vent lui court après...
Sunday, November 18, 2007
Où est la gauche ?
Pendant ce temps, le démantèlement de tout ce pour quoi nos ancêtres se sont battus, ont souffert et sont morts (et je pèse mes mots) continue, sous les applaudissements des victimes.
Monday, October 22, 2007
Wikipédia, à nouveau
Plus sérieusement, après un long "wikibreak" (terme consacré quand un contributeur décide de prendre du recul) de presque un an, j'ai à nouveau envie de participer à cette grande aventure.
En un an, quelques choses ont changées : les critiques que j'émettais sont à présent publiques et couramment reprises, y compris dans les médias, maheureusement. La situation semble s'être considérablement améliorée, toutefois : les petits clans qui s'étaient formés sur la Wikipédia francophone ont mis de l'eau dans leur vin. Certains sont partis, ce qui est une bonne chose.
J'ai eu le plaisir de participer au colloque sur Wikipédia qui s'est tenu vendredi et samedi dernier (malgré les grèves). Les thèmes étaient la validation du contenu, la constitution d'un réseau d'experts et les rapports avec le monde éducatif.
Ce colloque était très intéressant, avec de nombreux intervenants ayant des idées vraiment originales. Je pense que ça va contribuer à faire évoluer les choses favorablement dans les prochains temps. Ce colloque m'a également permis de reprendre contact avec l'actualité du Wikimonde, que j'avais un peu perdu de vue ces derniers temps. Je me sens prêt pour nager à nouveau au milieu du courant.
Tuesday, October 16, 2007
Syndicats et syndicalistes
On comprend mieux le faible taux de syndicalisation en France...
Friday, October 12, 2007
L'affaire de l'Ile de la Jatte
Aujourd'hui, moins de 3 semaines plus tard, l'enquête en question est classée sans suite. Le Monde en fait un petit entrefilet à la page 5 de son édition d'aujourd'hui, bien planqué, et on le retrouve sur son site, web, en passant par Google News, parce qu'on n'en dit rien sur la page d'accueil. Et c'est tout. *Aucun* autre média n'en parle, si on en croit Google News, toujours.
Ca, c'est ce qu'on appelle une affaire prestement étouffée !
Tuesday, October 09, 2007
Contre le protocole de Londres
Au niveau européen, les brevets sont gérés par l'Office Européen des Brevets (OEB), dont le siège est situé à Munich, et qui est un organisme indépendant (et non pas communautaire, par exemple). Actuellement, pour déposer un brevet européen, il faut le rédiger dans une des 3 langues prévues par la Convention de Munich de 1973, à savoir le français, l'anglais ou l'allemand, puis le faire traduire dans les langues des différents pays dans lesquelles on veut que le brevet s'applique.
Un brevet se compose de 2 parties : un partie Revendication, qui décrit ce qu'on cherche à protéger, et une partie Explication, qui décrit précisément le procédé en question. La partie Revendication est habituellement relativement brève, de l'ordre de 5 à 10 pages, alors que la partie Explication peut faire plusieurs tomes.
Le protocole de Londres prévoit de supprimer l'obligation de traduction de la partie Explication, ce qui veut dire que l'essentiel du brevet ne serait plus disponible que dans une seule langue.
L'objectif affiché est de diminuer le coût de dépôt du brevet en diminuant les frais de traduction. Toutefois, l'économie est faible, puisque le coût de traduction ne représente qu'une faible fraction du coût de dépôt d'un brevet.
Quelles sont les conséquences de ce changement ?
-L'anglais risque une fois de plus de s'imposer comme langue de dépôt, au détriment du français ou de l'allemand. On permet donc aux pays anglophones d'obtenir un avantage en matière de brevet, puisqu'ils pourront facilement déposer un brevet et accéder aux brevets existants, au détriment de nos entreprises nationales
-Les petites entreprises vont avoir du mal à consulter des brevets qui ne seraient pas déposé dans leur langue, alors que pour les grandes entreprises, cela ne repésente pas réellement un problème. On risque donc de brider l'innovation dans les PME
-Au final, ce sont les frais de traduction du déposant qui vont être diminués, sachant qu'au final, chaque entreprise d'un pays ayant une autre langue que la langue de dépôt devra traduire à nouveau le brevet. Il faudra donc réinventer la roue à chaque fois.
Pourquoi ce message aujourd'hui ? Parce que c'est aujourd'hui que l'Assmeblée Nationale doit ratifier ce protocole, dont la France n'a rien à attendre de positif. La ratification par le Sénat doit avoir lieu demain. Les conséquences tant pour la francophonie que pour l'économie française sont potentiellement désastreuses. Encore une fois, on ne peut que se demander pour qui roulent nos représentants. Pas pour nous, en tout cas.
De nombreuses organisations s'élèvent contre ce coup porté à notre pays par nos propres députés et sénateurs : l'intégralité des syndicats, les associations de défense de la langue française, ainsi qu'un certain nombre de politiques : le PCF et les Verts ont une position officielle contre cette ratification, ainsi que Michel Vauzelle (PS) ou Nicolas Dupont-Aignan (ex-UMP). Evidémment, encore une fois, le silence médiatique est assourdissant, pendant qu'on vend la France en pièces détachées.
N'hésitez pas à interpellez votre député sur cette question !
Sunday, October 07, 2007
Un système d'affichage en 3 dimensions
Thursday, October 04, 2007
Airbus et la dépénalisation du droit des affaires
Ce qu'il y a de frappant concernant ce (début de) de scandale, c'est qu'aucun journaliste n'a jugé utile de faire le rapprochement entre ces agissements et les projets de Sarkozy concernant la dépénalisation du droit des affaires (dont je parlais dans mon post du 6 septembre), alors qu'il s'agit là d'une illustration éclatante, concrète, de ce qu'est vraiment la délinquance financière. Spoliation des petits porteurs, récompense de l'incompétence, siphonnage des liquidités de l'entreprise, avec ses conséquences logiques (ici le fameux plan "Power 8", dont sont maintenant victimes les salariés d'Airbus, futurs chômeurs ou "out-sourcés"), voila le vrai visage de la délinquance financière, que veut dépénaliser Sarkozy (et donc autoriser, de facto).
Il s'agit bien de magouilles, de comportements crapuleux de la pire espèce, que le président de République cautionne ouvertement.
Tuesday, October 02, 2007
La réduction des effectifs de fonctionnaires par la pratique
En tout cas, ça me laisse sans permis, alors qu'il est probable que j'en ai besoin dans les prochains temps. J'ai donc décidé d'entreprendre les démarches nécessaires pour obtenir un duplicata.
J'habite en Seine-Saint-Denis (9-3, pour les intimes) et dans ce département, les sous-préfectures n'effectuent pas ce type de formalité. Il faut aller à la préfecture, à Bobigny.
C'est donc ce que j'ai fait ce matin. Bon, je le confesse, je ne suis pas du matin. J'ai quand même fait l'effort d'arriver assez tôt : la préfecture ouvre à 8h30, je suis arrivé à 8h50...
Et il y avait au minimum 300 personnes en train d'attendre, rien qu'à l'extérieur de la préfecture. Une file digne de Disneyland ou de la tour Eiffel. Comme je n'avais pas envie de passer ma journée à la préfecture de Bobigny (surtout qu'ilne s'agissait pour cette fois que de retirer un formulaire, fort opportunément impossible à obtenir en ligne...), j'ai tourné les talons.
Et le gouvernement veut diminuer encore les effectifs de fonctionnaires. On n'ose pas imaginer ce que peut donner. Les gens auront intérêt à venir avec leur matériel de camping, parce qu'une journée ne sera plus suffisante pour faire la queue...
Saturday, September 29, 2007
Rafles
Dans un ensemble d'articles sur le site du Contre-Journal de Libération (un blog bien caché où Libération parle, un peu, des vérités qui dérangent de plus en plus concernant la politique française).
Dans une interview, Laurent Giovanononi, secrétaire de la Cimade (Comité intermouvement auprès des évacués) explique que, très logiquement, les rafles ont commencés quand les autorités chargés des expulsions ont commencé à avoir du mal à atteindre les "quotas" décidés par l'Elysée. Il décrit des méthodes qui font froid dans le dos : des policiers qui contrôlent systématiquement tous les lieux publics d'une rue : cafés, commerces, écoles, ou des pièges tendus dans les préfectures ou d'autres administrations en utilisant des convocations bidons qui se terminent par une garde à vue. Les procureurs, qui émettent les réquisitions nécessaires pour ces contrôles, sont totalement instrumentalisés : on voit des réquisitions concernant des agglomérations entières, alors qu'elles sont supposées être très ponctuelles, sous des prétextes futiles. Il revient sur la violence de ses méthodes : on arrache la personne à sa vie quotidienne pour la mettre dans un centre de rétention puis l'expulser, c'est à dire qu'en quelques minutes, on détruit la vie dela personne pour la mettre dans un charter.
Daniel Vanstaevel, de RESF, rappelle que ces contrôles dits systématiques ne le sont pas du tout et que le critère du faciès y est déterminant.
Jean-Pierre Dubois, professeur de droit constitutionnel et président de la LDH, fait un parrallèle entre ces méthodes et la pêche au filet : on tend son filet et on ramasse le poisson. Il décrit les patrouilles qui contrôlent systématiquement une rue : commerces, cafés, cages d'escalier. Il retrace l'historique de la dérive actuelle, depuis les lois Pasqua, qui ont autorisé les conrôles d'identité dans des circonstances très larges. Il rappelle aussi que ces rafles ont tendance à "ramasser" les clandestins les plus intégrés : ceux qui essayent de régulariser leur situation, qui envoient leurs enfants à l'école, qui ont un travail. Il explique que les enfants sont de plus en plus nombreux en centre de rétention, et qu'ils sont parfois pris à la sortie de l'école et renvoyé vers un destin hasardeux pour ne pas dire dangereux, "avec leurs livres et leurs cahiers sous le bras". Il explique également les stratégies utilisées pour affaiblir les possibilités de défense ou de recours des sans-papiers : on rafle juste avant le week-end, car le week-end, la Cimade, qui tente de secourir les clandestins, n'exerce pas ses activités. Il donne des exemples de gens expulsés car étant réputés en sécurité dans leur pays, qui se font assassiner dès leuyr retour, avec donc la complicité de la France. Il parle aussi des endroits où l'Etat estime avoir le droit de contrôler l'identité des gens, y compris les cliniques et hopitaux, voire même en salle d'opération.
Emmanuel Terray, anthropologue, ancien directeur du Centre d'études africaines et membre de la LDH, s'interroge sur la "pudeur" des médias, qui réchignent à parler de rafle. Il fait un parrallèle très poussé entre la situation actuelle et les cas passés de l'Histoire récente de la France, l'Occupation et la guerre d'Algérie. Il relève les différences (expulsions et non torture ou extermination) mais surtout les similitudes : des individus sont considérés comme indésirables, et on va les arrêter pour s'en débarasser, les méthodes utilisés pour traquer des gens dont la seule faute est d'être là sont également les mêmes, convocation-piège en préfecture, déjà pratiquée sous l'Occupation, arrestations massives, interpellations des enfants dans les écoles, etc. Il relève que ces méthodes n'ont pas été utilisées depuis l'Ooccupation. Il emploit également le terme de "chasse". Il explique que les rafles se font selon des critères ethniques ou d'origine, "sans doute en fonction des avions qu'il faut remplir". Il relève également qu'à cause de la politique actuelle, il y a des centaines de d'enfants en centre de rétention, ce qui est contraire à la Convention européenne des Droits de l'Homme (les enfants ne sont pas expulsables). Le gouvernement s'en explique en disant qu'il ne veut pas séparer les enfants des parents, c'est à dire le même prétexte que celui utilisé par Vichy lors des rafles destinées à livrer des Juifs aux Allemands, notamment lors de la rafle du Vel d'Hiv. En fait, il s'agit d'un chantage : on explique aux parents que les enfants seront placés à la DDASS s'ils ne les emmènent pas.
Il aura moins de 6 mois pour que Sarkozy fasse de la France un pays dont il faut avoir honte, où on expulse des enfants, où on expulse des réfugiés vers des pays où ils se font assassiner.
Le silence des médias français est insupportablement assourdissant. Je veux dire : s'ils ne nous informent pas sur ces sujets inouïs, qui concernent chaun d'entre nous, je ne vois l'intérêt de leur existence même. Pour nous parler de la coupe du monde de rugby ?
Tuesday, September 25, 2007
Le petit Nicolas en Amérique
Concrètement, ça veut juste dire que, comme la présidence est tournante mensuellement entre les membres, ben en septembre 2007, c'est la France qui préside. Chaque pays de l'Onu a par ailleurs toujours le choix de choisir son niveau de représentation, de l'ambassadeur délégué à l'Onu au chef d'Etat. Et là, en l'occurence, la France (Sarkozy) a décidé que ça serait le Président (Sarkozy). On admirera effectivement l'exploit proprement incroyable.
Bon, blague à part, ce qui fait vraiment peur, c'est ce comportement qui montre que Sarkozy se sent perpétuellement obligé de légitimer sa fonction de président par ce type d'action, largement couverte par les médias. Ses prédécesseurs ont également eu l'occasion de présider le Conseil de Sécurité s'ils le désiraient (il a 15 membres, donc tous les 15 mois, puisque la France fait partie des 5 membres permanents), et, sans vérifier, j'imagine que depuis Pompidou en 1969, ça a dû arriver. Les médias ne se sont pas sentis pour autant obligé de donner dans le "Whhhaaaaahhh, Chirac/Mitterrand/Giscard/Pompidou préside le Conseil de Sécurité ! Trop fort !"
Cette manière de vouloir continuellement prouver sa stature présidentielle démontre encore une fois ce que je disais déjà dans mon message du 4 juillet dernier : Sarkozy n'a pas les épaules.
Et ce n'est pas son discours de hier sur le réchauffement climatique, devant l'Assemblée Générale des Nations-Unis, donc devant les représentants de tous les pays du monde, dont 99 chefs d'Etat ou de Gouvernement, dans lequel il a fait des fautes de français tous les trois mots, qui va me convaincre du contraire. Dire qu'on se moquait de Bush...
Monday, September 24, 2007
Sécurité sociale
La question principale concernant les systèmes de protection sociale est : jusqu'à quel point peut-on les vider de leur contenu et continuer à prétendre qu'ils ont encore une utilité ?
Maintenant, Fillon fait des déclarations ridicules sur la France qui serait "en faillité", et on nous explique que le déficit de la branche santé est encore plus élevé que les prévisions. Mais personne ne fait la relation avec les baisses de charge dont bénéficient les entreprises, qui minent le budget de la Sécurité Sociale.
L'Etat, avec la baisse des charges, fait des cadeaux avec de l'argent qui n'est pas à lui : la Sécu, ce n'est pas l'Etat. J'imagine qu'on va bientôt nous expliquer que c'est de la faute des assurés, qui "abusent", pas du tout des professions médicales (dont Sarkozy s'est empressé d'augmenter les honoraires dès qu'il est arrivé à l'Elysée) ni des entreprises pharmaceutiques aux profits titanesques...
Wednesday, September 19, 2007
Pot pourri
Bruits de bottes
Les déclarations tonitruantes de Kouchner font peur. En tout cas à moi. Pour qu'un ministre se mette à dire qu'il faut "se préparer au pire", "à la guerre" avec l'Iran, c'est vraiment que ça doit imminer. Après avoir réussi à échapper au désastre irakien, la France va donc se jeter la tête la première dans ce qui s'annonce d'ors et déjà comme un futur désastre iranien.
Et à nouveau, comme en Irak (et comme en Ethiopie, voir un article assez ancien de ce blog), on nous ressort les mêmes arguments éculés et invraisemblables : l'Iran se prépare à attaquer l'Occident avec ses puissantes bombes atomiques, il faut les désarmer maintenant pour ne pas avoir à le faire plus tard, mieux vaut les combattre là-bas que d'avoir à le faire à Time Square (ou sur les Champs Elysées), l'Iran soutient le terrorisme, ils sont responsables de la situation catastrophiques en Irak (que la situation en Irak puisse venir du simple fait que les Irakiens sont prêts à tout pour éviter d'être dominé par une autre nation, ça n'a évidémment effleuré l'esprit de personne. Ca ne rentre tout simplement pas dans le cadre de pensée des faucons, comme dirait Chomsky), etc. En tout cas, si on nous sort dans un jour ou deux un sondage qui "prouve" que les Français sont pour une guerre avec l'Iran, on saura ce que valent ces sondages...
Il n'aura pas fallu 6 mois à Sarkozy pour que des bruits de bottes résonnent en France.
Au revoir, les enfants
L'inspection académique du département du Haut-Rhin, dans un mail envoyé lundi dernier à tous les établissements scolaires du département, demandait au personnel de ces écoles de recenser tous les enfants sans-papier. Devant le tollé généralisé, un mail annulant le premier était envoyé le jour même.
On imagine aisément qu'en l'absence de réactions, la rafle aurait été l'étape suivante...
Acide désoxyribonucléique
L'amendement Mariani propose que, pour l'immigration dans le cadre du regroupement familial, les candidats à l'immigration se voient proposé, "sur la base du volontariat", des tests ADN pour prouver leur relation familiale.
Sur la base du volontariat, évidémment : ils ont toujours la possibilité de ne pas immigrer, mais ceux qui refuseront cette procédure auront-ils une chance d'être admis en France ? On peut en douter. Ca sera donc aussi obligatoire que possible, si on veut aboutir.
Comme d'autres l'ont fait remarquer, les familles recomposées, mais aussi les cas d'enfants adultérins ne passeront pas ce test, bien sûr. Mais qui s'en soucie, au gouvernement ?
Le retour de l'île de la Jatte
Le Canard enchainé révèle ce matin que le parquet de Nanterre a ouvert une information judiciaire concernant les conditions d'achat de l'appartement de Nicolas Sarkozy situé sur l'Ile de la Jatte à Neuilly. Rappellons que la résidence dont cette appartement, acheté à un prix étonnamment bas, et avec des travaux à façon dont n'ont bénéficié aucun des autres acquérants, faisait partie était construite sur un terrain cédé au promoteur par la municipalité. Le maire était Nicolas Sarkozy. Lequel doit être reconnaissant à la justice d'avoir attendu qu'il soit élu avant de lancer cette procédure. Vu la faiblesse de ces dénégations (il a lancé un définitif "c'est stupide", mais n'a pas, par exemple attaqué le Canard enchaîné en diffamation, comme la gravité des accusations le commandait pourtant), on imagine qu'il ne doit pas en mener large. Heureusement que le Conseil constitutionnel a statué pour une irresponsabilité totale du chef de l'Etat, façon Louis XVI après le décret du 10 octobre 1789. Vivement Varennes...
Rappellons surtout que cette histoire, dont le Canard avait fait ses choux gras pendant au moins trois semaines en février, en pleine campagne électorale, n'a été que très peu reprise par les autres médias, alors que dans d'autres pays, vraiment démocratiques, l'homme politique concerné n'aurait pas seulement dû retirer sa candidature, mais aurait vu sa carrière politique brisée, non sans raison. Ca n'a pas empêcher France Info de dire ce matin que cette affaire "avait fait beaucoup de bruit en pleine campagne électorale".
Voila comment on réécrit l'Histoire...
Va chercher la croissance !
Sarkozy et son gouvernement tablent toujours sur une croissance de 2,25% pour 2007, alors que l'OCDE et la Commission Européenne ont réctifié leur prévision à moins de 2% concernant la France.
Outre cette attitude totalement irresponsable qui va faire exploser les déficits (et qui n'est pas sans rappeller le budget ubuesque pondu par Sarkozy en 2005, quand il a été très brièvement ministre de l'Economie et des Finances), on ne peut que s'étonner de l'attitude de Sarkozy qui a déclaré "le point de croissance manquant, j'irais le chercher". A nouveau, on est en plein délire méssianique. Que peut-il faire que les autres ne peuvent pas ?
A moins d'une petite guerre, peut-être...
Thursday, September 13, 2007
Sicko
Après l'avoir regardé, je n'ai rien vu de particulièrement mensonger dans ce film. Quand il dépeint le système de santé français, il omet effectivement de parler du ticket modérateur (ce qu'il fait pourtant quand il parle du système britannique) ou de l'euro obligatoire en consultation, tout en n'affirmant pas, comme beaucoup de médias le prétendent, qu'en France, tout est gratuit. Cela change-t-il fondamentalement quelque chose au propos ? Evidémment non. La critique fondamentale qu'il émet à l'encontre du système étatsunien reste tout à fait valable (pour comparer : on parle à un moment d'un Canadien qui est parti en vacances aux Etats-Unis, et qui, parce qu'il s'était blessé, s'est retrouvé avec une facture 600.000 dollars pour 3 jours d'hospitalisation). Et les systèmes de santé d'autres pays dont le film parle (Canada, Royaume-Uni, France, Cuba) ne servent qu'à démontrer qu'un système aussi mauvais n'est pas une fatalité. L'exemple de Cuba est évidémment particulièrement piquant, étant donné qu'il s'agit d'un pays du Tiers-Monde et d'un ennemi des Etats-Unis, sous embargo depuis 50 ans (la scène où une des secouristes du 11 septembre que Michael Moore a emmené avec lui voit l'inhalateur qu'elle achète 120 dollars aux Etats-Unis vendu l'équivalent de 5 cent à La Havane et fond en larmes, car elle n'a qu'une pension de 1000 dollars par mois, est difficile à supporter C'était tellement visiblement spontané et pas prévu que j'en ai eu moi-même les larmes aux yeux, je l'avoue). Cela n'empêche pas ce pays d'avoir un système de santé bien supérieur à celui des Etats-Unis.
En clair, le propos de Michael Moore quand il parle des systèmes de santé au Canada, au Royaume-Uni, en France ou à Cuba, n'est nullement de se livrer à une analyse poussée de ces sytèmes, mais simplement de prouver qu'il existe des alternatives au catastrophique système étatsunien (qui est son sujet principal), qui, elles, semblent fonctionner de manière satisfaisante.
Ces critiques donnent la désagréable impression de chercher à toute force à déconsidérer le propos de Michael Moore, en utilisant tous les arguments disponibles, peu nombreux pourtant. On peut se demander ce qui motive cette attitude.
Après avoir parlé du film, j'aimerais parler brièvement de la situation qu'il montre :
Aux Etats-Unis, 35 millions de personnes n'ont aucune couverture maladie, et ceux qui en ont une sont tellement mal couverts qu'ils se retrouvent dans une situation catastrophique dès qu'ils ont un pépin qui dépasse le simple rhume. Parce que les assurances, qui sont des entreprises privées, vont chercher, et trouver toutes sortes d'arguties juridico-médicaux pour ne pas payer. On va dire que la victime d'un accident de la route, transportée à l'hôpital inconsciente, ne se verra pas remboursée de ce transport car elle n'a pas obtenu d'agrément préalable de l'assurance, ou on va laisser mourir (littéralement) un cancéreux car la greffe de moelle qui pourrait le sauver est considérée comme un "traitement expérimental" (et donc non-couvert) par l'assurance. On va fouiller à posteriori dans les dossiers médicaux des patients à la recherche d'un trouble qu'ils auraient oublié de déclarer lors de leur inscription (seuls les maladies graves doivent être déclarées, mais le film donne un exemple où une mycose est considéré par l'assurance comme une maladie grave, et elle casse donc son contrat, avec effet rétroactif, puisque la patiente a "menti sur son état de santé". Elle devra donc rembourser le coûteux traitement médical qu'elle venait de se faire rembourser).
Le véritable malheur, c'est que l'Etat autorise ce type de pratique, autorise les assurances à passer outre les traitements proposés par les médecins en qualifiant certains traitements "d'expérimentaux" ou permette qu'on qualifie une mycose de "maladie grave". Le film montre clairement le cynisme de Nixon, qui a créé ce système délibérement pour permettre à ses amis assureurs de s'enrichir. Une preuve de plus que quand le monde politique et le milieu des affaires sont trop étroitement mêlés, il n'en ressort rien de bon pour le pays et le peuple.
Une dernière chose à propos de "Sicko" : Allez le voir !
Sunday, September 09, 2007
Choc
Profiter du malheur pour provoquer encore plus de malheur. On en revient à la question que je posais dans un message précédent : se pourrait-il que nos gouvernements ne nous veuillent pas du tout du bien ?
Thursday, September 06, 2007
Dépénalisation du droit des affaires
Il a déclaré lors de l'université d'été du Medef, à laquelle il a participé (au mépris de l'impartialité théorique du chef de l'Etat) : "La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme". Il a réitéré hier lors du bicentenaire du code du Commerce au Tribunal de Commerce de Paris : "la pénalisation à outrance de notre droit des affaires est une grave erreur (...) Je veux y mettre un terme". Pour lui, le sujet "ne prête pas à polémique" (je ne savais pas que le pouvoir du président s'était accru au point qu'il puisse décider des sujets de polémique). Il a développé son propos : "Qu'est-ce qui justifie que lorsqu'il existe des sanctions prononcées par l'administration ou par une autorité de régulation, viennent s'y ajouter des sanctions prononcées par des juridictions pénales ?"
Examinons un peu les délits financiers dont il pourrait être question :
-Détournement de fond
-Faillite frauduleuse
-Abus de bien social
-Financement illégal de parti politique (tiens donc...)
-Délit d'initié
-Corruption
-Fraude fiscale
-Contrebande
Sarkozy veut donc dépénaliser tout ou partie de ces délits. Mais à quel titre ? Le droit pénal est là pour protéger la société contre les comportements délibérés qui pourraient lui nuire. Il est clair que les délits énumérés ci-dessus entrent en plein dans cette définition. Une précision : la délinquance financièrea elle seule génère plus de la moitié du "chiffre d'afaire" criminel de la France. C'est loin d'être un phénomène négligeable.
D'après le président, il faudrait que seules les juridictions civiles soient compétentes pour ses infractions. Rappellons que les juridictions civiles n'ont pas la possibilité de demander d'investigation et que c'est au demandeur (la victime) de prouver la réalité des faits. Actuellement, elles attendent la conclusion des juridictions pénales et statuent en fonction de ces conclusions. Les investigations sont donc menées par le parquet (le parquet de Paris a une cellule financière exprès pour ça, qui risque donc de disparaître), qui peut requérir la police, la gendarmerie, les douanes, l'inspection des impôts, l'inspection du travail, la DRIRE, etc. Apporter la preuve risque donc d'être dans la plupart des cas tout simplement impossible. Exemple : un salarié licencié économique (la victime), parce que l'entreprise a été sapée par un abus de bien social ou un détournement de fond, n'a absolument pas les moyens d'apporter la preuve de ces faits. Et sera donc tout simplement débouté. La réforme va donc conduire de fait à une autorisation de tous ces délits. La magouille légalisée et autorisée.
Les délits financiers ne sont pas des crimes sans victimes ! Les salariés, les concurrents, l'Etat, les clients, les fournisseurs, les actionnaires et les créanciers (les banques, mais aussi souvent la Sécurité Sociale) de l'entreprise sont les victimes ! Nous sommes tous concernés, et c'est nous qui réglerons l'ardoise à la fin.
Pour éclairer complètement la scène, il faut préciser que la législation française sur le droit des affaires est déjà l'une des plus laxistes parmi les pays de l'OCDE, et qu'elle est qui plus est appliquée de manière très "souple" (environ 2000 cas pour toute l'année 2006). On cherche donc vainement "l'outrance" donc parle Sarkozy...
On ne peut qu'être frappé par le changement de discours de Sarkozy, qui se veut le chantre de la "tolérance zéro" quand il s'agit des pauvres, mais veut permettre aux plus riches de nuire à la société en toute impunité.
On ne va pas se mentir : la collusion entre le pouvoir politique et le milieu des affaires devient manifeste, surtout qu'il n'y avait déjà pas beaucoup de place pour le doute si on examine les fréquentations du président, et notamment les personnes qui financent ses vacances. L'immoralité est au pouvoir. Vous avez dit "prévarication" ?
Wednesday, August 29, 2007
"Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens"
D'après les auteurs, le ressort principal de ce mécanisme est le "sentiment de liberté". En gros, si on donne le choix aux gens en indiquant sa propre préférence, ils vont choisir ce qu'on leur aurait imposé dans d'autres circonstances.
La notion de liberté et donc aussi de démocratie en prend un coup. A rapprocher de Noam Chomsky et de sa théorie sur "la fabrication du consentement".
A lire absolument !
Friday, August 24, 2007
Le droit de manifester
Cette vidéo, révélée par Libération, montre la manière dont 3 e ces agents ont été démasqués, lors d'une manifestation altermondialiste à Québec. Les autorités ont depuis reconnu qu'il s'agissait de policiers, officiellement chargé d'infiltrer la manifestation afin de procéder à des arrestations afin d'éviter les débordements. La manifestation s'étant déroulé de manière tout à fait pacifique, on est en droit de se demander qui ils étaient supposé arrêter. Et surtout, ça n'explique pas pourquoi ces "manifestants" étaient armés de pierres (!). Les Canadiens doivent vraiment se réjouir que l'argent de leurs impôts soit si bien employé. Pour les museler.
Les implications sont terrifiantes : et si nos gouvernements ne nous voulaient pas du tout du bien ?
Thursday, August 23, 2007
Vacances, j'oublie tout...
Il affirmait notamment que les gens étaient à cette époque étaient bien plus propres et avaient des moeurs bien plus libérales qu'on ne l'imagine habituellement. Nos préjugés dans ce domaine viennent, d'après lui, du changement de mentalité qui a eu lieu à la Renaissance, où on a considéré par exemple, que l'eau "ouvrait les pores de la peau" et laissait pénétrer les maladies dans l'organisme. C'est aussi à cette époque que serait apparue la pudibonderie dont nous ne sommes toujours pas complètement débarrassés.
Il avait en outre des idées très intéressantes quant à l'évolution de l'enseignement, avançant que la perte de qualité de l'enseignement conduisait droit à une société de l'oppression.
Bref, quelqu'un de très intéressant, avec des idées originales.
Monday, August 20, 2007
De retour
En tout cas, j'ai vraiment profité de ces vacances pour me ressourcer. Ca m'a fait un bien fou. La nature, la paix, le calme. Ca change de Paris !
Tuesday, August 07, 2007
Bonnes vacances !

Salut les gens,
Juste un petit mot pour dire que je n'écrirais sans doute pas dans ce blog dans les deux prochaines semaines. Je vais aller pagayer sur la Dordogne et camper au bord de la rivière le soir, avec quelques amis. J'espère qu'il va faire beau et que vous aurez aussi la chance de partir en vacances. A plus !
Sunday, August 05, 2007
Lèse-majesté
Loin de moi l'idée de dédouaner ce jeune. Il méritait bien sûr d'être puni, par quelques jours de travaux d'intérêt général, ou par une amende. Parce que quand on sait quel destin attend les repris de justice en France, la prison ferme, ça signifie tout simplement qu'on vient de détruire la vie de ce jeune, pour une parole. Sa vie est brisée : à lui le séjour traumatisant en prison, parmi les bêtes sauvages, l'interruption de ses études ou de son emploi, le chômage, les entretiens d'embauche infructueux, puis peut-être la délinquance, la vraie.
On sait maintenant que Sarkozy n'a pas peur de détruire totalement ceux qui le contrarient, aussi peu que ce soit. On ne reviendra pas sur l'attitude d'une justice aux ordres, rendant des décisions complètement iniques, comme celle-ci, tant le temps passé depuis le mois de mai nous a déjà rendu cette idée familière.
A la fin de la campagne électorale, je disais que des temps difficiles nous attendaient. On est déjà en plein dedans. Et ça ne fait que commencer.
Saturday, August 04, 2007
Etudiants républicains
La guerre, oui ! Si les autres la font à leur place...
Des pauvres, par exemple...
Voila les élites étatsuniennes de demain : des gens qui n'hésitent pas à envoyer les autres à la mort.
Friday, August 03, 2007
Thursday, August 02, 2007
Ratatouille
Et là... Et bien, ce film est tout simplement génial. Beau : les images (de synthèse) sont de toute beauté, et surtout drôle et rempli d'optimisme. En sortant de la séance, je ne pouvais pas arrêter de sourire. Et j'avais envie de retourner tout de suite le voir une deuxième fois, et ça, ça fait vraiment longtemps que ça ne m'était pas arrivé en sortant d'un cinéma.
Que dire de plus ? Ah, oui : allez le voir !
Tuesday, July 31, 2007
Incivilités
Décontenancé, je lance "petite conne" et je me tourne pour revenir à ma lecture. Que faire d'autre ? Mais elle répond, un truc du style "si j'étais un mec, ça s'rait une tarte dans ta gueule !" Je lui réponds un truc du même niveau intellectuel, je dois bien le reconnaitre, du style "si t'étais un mec, je te démolirais", puis je me remets à lire. Mais sa copine, encouragée par l'attitude de son amie, porte maintenant le téléphone toujours musical à son oreille. Il se trouve donc à quelques centimètres de la mienne, d'oreille. Je suis agacé. Je me retourne, avec l'intention d'attraper le téléphone. L'autre a semble-t-il deviné mon intention, puisqu'elle fait : "t'as pas intérêt à essayer de prendre mon téléphone !", au moment où je fais exactement cela, dans un geste rapide. Elles bondissent sur leurs pieds et commencent à m'invectiver, de me traiter de voleur, avec un ton étrangement enfantin, alors que ce ne sont plus des adolescentes. C'est un étrange mélange de menaces, de prières et d'évidents mensonges ("c'est ma mère qui me l'a donné et elle est morte", par exemple. Vu l'appareil, qui doit avoir quelques semaines tout au plus, c'est un évènement qui a dû se produire très subitement). Elles me saisissent la main, dans de vains efforts pour me faire lâcher prise. Je me lève. Sa copine, celle qui tenait l'appareil à l'air un peu plus raisonnable. Je leur dit que je leur restituerais l'appareil quand elles descendront. Elles répliquent tout de suite qu'elles descendent à la prochaine station. Je leur dit alors de descendre au niveau inférieur (c'est une rame à étage et nous sommes en haut) avec leur téléphone. Elles répiquent ensemble que oui bien sûr, elles se cassent, promis. Je lâche le téléphone. Une fois le téléphone en sécurité, la grande gueule se met alors à m'injurier, à me traiter de tous les noms. Elle me crache dessus, me ratant heureusement, puis me balance une gifle. Mes lunettes volent. Je ne vois plus grand chose.
A ma grande honte, je dois bien dire que j'ai fait deux pas vers elle dans l'intention de la frapper. Je me contrôle finalement. Je fais 1,80 m et je pèse plus de 90 kg. Même si j'ai maintenant pas mal de kilos en trop, j'étais assez sportif, étant plus jeune. Si je fais ça, ça va mal se terminer. Elle a fait un bond en arrière, elle crie que je n'ai pas intérêt à la toucher parce qu'elle est enceinte. Si c'est vrai, vu son gabarit poids plume, elle a dû apprendre la nouvelle récemment... De toutes façons, je me maitrise de nouveau. Elle crie aussi qu'elle va appeller la police, ce à quoi je réponds qu'elle peut y aller, on va l'attendre ensemble.
J'entends du bruit derrière moi. Un autre passager se rapproche à grands pas. Il dit "elle est là, la police". C'est un homme dans le début de la quarantaine, en civil. La grande gueule crie "il a essayé de me voler mon téléphone". Visiblement, il a suivi toute la scène. Il répond "Non, il en avait marre d'avoir du bruit derrière lui, il a cru pouvoir régler le problème en vous en privant pour la durée du trajet". Je retourne récupérer mes lunettes, sur un siège. Une branche est légèrement faussée et une aile pliée. Je commence à redresser. Je m'aperçois qu'il y a du sang sur l'aile pliée. L'aile m'a égratinée le nez. J'en ai plein le pif. Rien de grave, toutefois. J'ai juste l'air con. Après des palabres avec le policier, les deux garces partent effectivement vers de nouvelles aventures au niveau inférieur de la rame. Je me rassieds. Je dis au policier "Vous auriez pu intervenir plus tôt", ce qui est à la fois vrai et profondément injuste. Rien ne l'obligeait à intervenir, en fait. Il méritait mes remerciements. Il me répond "je ne suis pas en service, vous savez, et ,vous n'auriez pas dû prendre son téléphone". C'est possible. Je me rassois. Bientôt, j'entends au loin la musique du téléphone des deux idiotes (je jure que c'est vrai). Evidémment, aucun autre passager (une dizaine) n'a bronché pendant toute l'histoire (je rajoute cette phrase après coup, tellement je n'avais pas pensé à eux avant).
Ca m'amène à la raison pour laquelle je raconte tout ça ici :
Qu'aurais-je dû faire ? Me laisser emmerder ? Ca n'aurait pas été juste pour moi, et après la première invective causée simplement par un de mes regards, ça m'était tout simplement impossible. La frapper ? Je suis content d'avoir réussi à me contrôler. Et elles étaient clairement inaccessibles à toute forme de discussion.
Une situation ingérable, sans issue, en somme. Sans l'intervention du policier, je ne sais pas comment ça se serait terminé, honnêtement. Difficile de se préparer à une confrontation de ce genre. Même maintenant, à tête pas encore tout à fait froide, mais presque, je ne vois pas à quel moment j'aurais pu infléchir les choses pour éviter tout ça. Ca fait peur, car ça peut se reproduire n'importe où et n'importe quand, et je n'ai aucune idée comment réagir mieux que je ne l'ai fait (même si je ne me fais aucun reproche et que je suis content d'avoir réussi garder mon calme).
Je me pose des questions. Comme je l'ai dit, il ne s'agissait pas d'adolescentes. Je n'ai pas eu un comportement irréprochable quand j'avais entre 14 et 17 ans, je dois le reconnaitre. Mais elles avaient passé la vingtaine, clairement.
Qu'est ce qui peut expliquer leur attitude ? Elles semblaient presque rechercher une confrontation qui ne pouvait pas se terminer à leur avantage. Que voulaient-elles, au juste ? Pourquoi emmerder comme ça leur entourage ? Elles devraient avoir passé l'âge de l'affirmation de soi.
Je ne suis pas en colère. En fait, j'ai plutôt pitié d'elles. On imagine facilement le genre de vie pas trop enthousiasmante qu'elles doivent mener, sans vraie perspective de voir les choses s'améliorer. Banlieue de merde, scolarité pas très concluante, boulot merdique ou chômage, sans issue en vue. L'impression de n'avoir aucune maitrise sur le cours de sa propre vie. Ca n'excuse rien, bien sûr. Mais ça explique sans doute beaucoup.
Vos commentaires seront plus qu'appréciés, pour cet article bien plus personnel que ce que j'écris d'habitude. Qu'auriez-vous fait à ma place ? Que pensez-vous du comportement de ces personnes ? La violence est-elle une fatalité ?
Friday, July 27, 2007
DADVSI, le retour
Citation du Président Sarkozy : Si on continue comme ça, on va tuer la culture". Et il vient de nous pondre une commission chargée d'étudier les moyens de réprimer le téléchargement (maintenant) illégal.
Wednesday, July 18, 2007
L'Irak s'invite en plein Manhattan
Monday, July 09, 2007
"Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu'au bout ! Je ne capitule pas !"
Vous ne trouvez pas que DSK et Lang sont étrangement verts, ces jours-ci ?
Wednesday, July 04, 2007
Gesticulations
Je crains que ça ne lasse très rapidement les citoyens, qui ont élu un président, pas un amuseur.
Moins de paroles, plus d'action (vu son programme, j'ai peur de regretter rapidement d'avoir dit ça) !
Quand Chirac a été élu en 1995, on a rapidement compris qu'il n'avait pas vraiment pensé à l'après-élection, et qu'il n'avait d'autre ambition que de ce faire élire. Cette impression ne s'est jamais vraiment démentie, et se remarque sur son bilan d'une vacuité impressionnante.
Deux mois après l'élection de Sarkozy, on s'aperçoit qu'il n'a sans doute pas la carrure pour être président, ce qu'on remarque par son attitude entièrement basée sur la posture, comme s'il cherchait constamment à convaincre qu'il est bien le Président de la République française et par sa propension assumée au micro-management. J'ai bien peur que cette impression ne se démente jamais vraiment non plus...
Friday, June 29, 2007
Eclipse
Wednesday, June 27, 2007
Machines à voter
Ouvrir, changer les ROMs (qui contiennent le logiciel), fermer. Détourner une élection à son avantage, c'est simple comme un coup de tournevis !
Wikipédia
Une première chose : j'ai fortement mis la pédale douce depuis environ un an, faute de temps, au début, puis faute de motivation.
La baisse de motivation est dû au constat que Wikipedia file un mauvais coton, à mon sens, du moins la version francophone (wp:fr, pour les intimes). Une petite clique y pratique clairement l'entrisme dans des cercles de décision, occupant des postes d'administrateurs voire de bureaucrates, et squattant le Comité d'Arbitrage. Ils ont commencé à biaiser certains articles, et les malheureux qui s'opposent à eux se retrouvent sanctionnés lourdement, parfois exclus.
Après avoir (pas complètement, mais presque) vainement tenté de m'opposer à cette situation, j'ai décidé de prendre de la distance, depuis quelques mois.
Un constat s'impose malheureusement : un des postulats initiaux de Wikipédia, qui voulait que Wikipédia s'améliorerait de plus en plus à mesure que plus de gens participeraient, se révèle faux, à mon humble avis. Les "dinosaures" étaient souvent des gens motivés par la simple participation au projet, qui voulaient le voir réussir, qui acceptaient ses valeurs sans conditions. A mesure que la communauté grandit, ce sont les travers du monde réel qui font irruption dans Wikipédia : la malhonnêteté, la mesquinerie, l'esprit revanchard... Certains ont visiblement d'autres buts que la réussite du projet.
Pour l'instant, personne ne semble clairement conscient du problème. Mais faute d'être combattue, cette tendance va clairement faire dériver le projet de ses objectifs, et le mener dans le mur.
Personnellement, j'ai donc décidé de fortement diminuer ma contribution au projet, en particulier à la vie de la communauté. Par exemple, je cherchais à organiser l'édition 2008 de Wikimania à Strasbourg, et j'avais déjà pris certains contact en ce sens, mais j'ai abandonné l'idée, pour l'instant du moins. Je limite ma participation à l'écriture épisodique dans des articles, puisque la licence GFDL de Wikipédia garantit la libre disponibilité du contenu. Mais je dois dire que le coeur n'y est plus vraiment. Après 4 ans et après que Wikipédia soit passé du petit site maintenu par une bande de joyeux givrés à l'un des 10 sites les plus consultés du monde, ça fait drôle. Toutes les bonnes choses ont une fin, dit-on...
Retour sur le DADVSI
Un article d'aujourd'hui de 01net nous explique que la plupart des acheteurs de musique en ligne ne savent pas ce que sont les DRM et une énorme majorité d'utilisateurs d'Apple iPod pensent pouvoir acheter de la musique ailleurs que sur iTunes MusicStore pour leur baladeur fruitier.
Si ça, ça n'est pas une loi votée en catimini : priver les gens de droits qu'ils ne savaient même pas qu'ils avaient...
Tuesday, June 19, 2007
Les manifestations du 7 mai 2007
Et ça va être comme ça pendant au moins 5 ans...
Sunday, June 17, 2007
Et si on se disait tout ?
Maintenant, on va pouvoir arrêter de militer un peu et se dire la vérité. Je veux dire : mon opinion concernant la campagne de la gauche. Pour résumer :
-Les socialistes ont fait une campagne effroyable, exposant leurs divisions internes, le système de primaires laissant leur candidate déjà éreintée et le parti divisé. Les candidats internes déçus n'ont, en fait, jamais accepté leur défaite, critiquant et contestant sans arrêt la candidate. Il va falloir repenser le fonctionnement du parti, et surtout se demander ce qui pouvait bien se passer rue de Solférino entre 2002 et 2007.
-Parmi les trois candidats potentiels du PS, aucun ne réveillait franchement l'enthousiasme, honnêtement. Ce que je leur reproche ? Essentiellement de ne pas être suffisamment de gauche (surtout DSK), de ne pas maitriser leurs dossiers et surtout leur propre discours (Ségolène Royal) ou d'être Fabius (Fabius). Personnellement, j'aurais bien aimé pouvoir voter Jospin, mais il s'y est prit tellement mal que ça ne pouvait évidémment pas se faire. Il est maintenant temps de laisser émerger une nouvelle génération politique. Des gens qui maitrisent leurs dossiers, qui sont réellement de gauche et qui ont du charisme. Des gens, peut-être, qui n'ont pas grandi à l'ombre de Mitterand. Ca doit pouvoir se trouver, quand même ?
-A gauche, il n'y a pas que le PS, donc un petit mot sur l'extrême-gauche : La somme des scores de Buffet, Laguillier, Schivardi, Besancenot et Bové, ça fait 8,99%. Comme le dit très bien Michel Onfray, mais qu'attendent-ils pour s'unir ? Diviser un score tout à fait honorable, qui leur permettrait de se faire réellement entendre et peut-être même d'obtenir quelques sièges à l'Assemblée, en 5 factions rivales, qui finalement n'obtiennent rien du tout, c'est scandaleux. C'est la trahison de tous leurs engagements politiques. Ne font-ils de la politique que par ambition personnelle, comme le premier Sarkozy venu ? Ce qui les divise est-il vraiment plus fort que ce qui les rassemble ?
Les Verts ont au moins attendu d'avoir quelques voix avant de se déchirer (mais ils se sont bien rattrapés depuis)
Bref, il faut refonder une vraie gauche, et pas en se laissant tenter par une quelconque aventure centriste, même appellée "sociale-démocratie". Une gauche vraiment de gauche, cherchant à améliorer le sort des hommes, à commencer par les plus pauvres. La gauche a cinq ans devant elle. Ca serait bien de ne pas les passer à buller, cette fois-ci.
Wednesday, June 13, 2007
TVA sociale, suite
Tuesday, June 12, 2007
La TVA "sociale'
Sans compter que la TVA est payée de manière directement proportionnelle aux dépenses, sans progressivité, donc les bas salaires vont proportionnellement payer plus qu'avant, et les hauts salaires, moins.
Génocide
Un peu de sel, avec vos chapeaux, messieurs ?
Friday, June 01, 2007
Les Etats-Unis
Wednesday, May 30, 2007
Copyright
C'est peut-être une manière de souligner qu'à force de dérives en matière de propriété intellectuelle, un jour toutes les phrases seront sous copyright.
Législatives : Pacte du logiciel libre
Non à la franchise "Sarkozy" !
Ce système de franchise, qui veut qu'un certain montant annuel reste à la charge de l'assuré, fragilise évidémment ceux qui ont le moins d'argent, les pauvres, ceux qui en sont déjà à rogner sur les dépenses de santé. Comment peut-on accepter cela ?
Tuesday, May 29, 2007
Friday, May 25, 2007
Et maintenant, les législatives !
Décidément, il ne reste plus beaucoup de médias, à gauche...
Petit ajout tardif (le 29 mai) : Ca a peut-être un rapport avec le fait qu'Alain Minc, président du Conseil de Surveillance ainsi que de la Société des Lecteurs du Monde, est un fervent soutien de Sarkozy ? Et que Jean-Marie Colombani, le futur ex-directeur du Monde, est également assez proche de l'ancien candidat UMP à la présidentielle ? Lire ceci pour s'en convaincre.
Tuesday, May 22, 2007
Le dilemme de la démocratie
Une remarque toutefois : RCTV a soutenu le coup d'état de 2002 qui a renversé Chavez, démocratiquement élu, encore une fois, pendant deux jours, avec l'appui d'une grande partie des médias, qui sont notamment allé jusqu'à taire les gigantesques manifestations qui ont fini par rétablir le pouvoir légitime. Et ça aussi, c'est mal. L'exigeance démocratique vaut pour tout le monde, et on se demande où était les journalistes, qui manifestent aujourd'hui pour la liberté d'expression, à ce moment-là.
Plutôt que la liberté d'expression, il me semble que les journalistes devraient plutôt se reclamer du devoir d'information. La différence est sensible, et pas seulement au Venezuela.
Wednesday, May 16, 2007
Maintenant, c'est officiel
On ne peut que conseiller à Sarkozy de déguster la journée de demain, quand Fillon annoncera le (probable) ralliement de Kouchner. Ca sera le sommet de sa vie politique (sauf si nos pires cauchemards se réalisent). Après, en principe, ça ne peut plus que redescendre.
Fier comme Artaban
Après avoir démontré qu'il était prêt à tout pour accéder à la magistrature suprême, émaillant son parcours politique de trahisons, de retournements de veste, d'affaires politico-financières et de déclarations démagogiques voire racistes, il a une fois en place, après tant d'efforts et de compromissions, démontré son insignifiance complète comme dirigeant. Essais nucléaires, crises sociales de 1995, dissolution de 1997, référendum sur le traité européen de 2005, il n'y a vraiment pas grand-chose de positif à son bilan. Tout au plus une posture : l'opposition de principe à la guerre en Iraq en 2003, mais on peut lui reprocher son manque de finesse diplomatique, qui a entrainé l'échec de cette posture, la guerre ayant bien eu lieu et les Etats-Unis prenant des mesures de rétorsion contre la France.
Confronter un homme politique à l'heure du bilan à ses promesses électorales devrait être une évidence. Ca semble un tabou, en France. Par charité, je préfère ne même pas parler de la "fracture sociale"...
Si j'étais Jacques Chirac, je serais terrifié par le jugement de l'Histoire.
Tuesday, May 15, 2007
Râleurs !
Ce qui est frappant, c'est que dans l'optique de Metro, le fait que les Français se plaignent beaucoup de leur travail fait forcément d'eux des râleurs. Il y a là un présupposé que je trouve regrettable, mais qui montre bien le point de vue de plus en plus évident chez presque tous les médias français.
Et si les Français étaient tout simplement très malheureux dans leur vie professionnelle ?
Petits ralliements entre ennemis
Les motivations de Sarkozy sont limpides : Faire le plus de mal possible à toute forme d'opposition. Après avoir assassiné le FN (Bon débarras ? Dommage que le président au pouvoir ait repris l'essentiel de son programme) et blessé à mort l'UDF durant la campagne électorale, il espère évidémment infliger des blessures supplémentaires à la gauche et achever les centristes, le laissant seul maitre du champ de bataille. Concrètement, ça veut dire utiliser ses ralliements pour obtenir le meilleur score possible aux législatives (et peut-être aux municipales, puisque des rumeurs parlent déjà d'un énième tripatouillage électoral pour les replacer au mois d'octobre. En 2008, c'est sans doute impossible à gagner : l'agenda sarkozyste doit prévoir qu'à ce moment, il sera en pleine réforme impopulaire) afin d'avoir la majorité la plus large possible (et tout ce qui va avec, y compris une asphyxie financière pour les partis laminés), et d'avoir les coudées franches pour longtemps.
Peu de temps après, sous un pretexte quelconque, un remaniement ministériel laissera les "ralliés" sur le bord du chemin, bien sûr.
Que peuvent-ils donc espérer d'une telle manoeuvre ? Sont-ils naïfs au point de croire que Sarkozy pourrait vraiment avoir envie de gouverner avec la gauche ou même le centre ? Difficile à croire. On s'interroge donc sur leurs motivations. Si quelqu'un a une idée, je suis preneur.
Friday, May 11, 2007
Canard enchainé
Thursday, May 10, 2007
Bas les masques
Un rappel : Le président est au service de la France, pas l'inverse.
Tuesday, May 08, 2007
Elections présidentielles : Bon ben ça y est...
Surtout ne venez pas vous plaindre...« Comme le peuple grossissait tous les jours, les Troglodytes crurent qu'il était à propos de se choisir un roi. Ils convinrent qu'il fallait déférer la couronne à celui qui était le plus juste, et ils jetèrent tous les yeux sur un vieillard vénérable par son âge et par une longue vertu. Il n'avait pas voulu se trouver à cette assemblée; il s'était retiré dans sa maison, le coeur serré de tristesse.
Lorsqu'on lui envoya des députés pour lui apprendre le choix qu'on avait fait de lui: "A Dieu ne plaise, dit-il, que je fasse ce tort aux Troglodytes, que l'on puisse croire qu'il n'y a personne parmi eux de plus juste que moi! Vous me déférez la couronne, et, si vous le voulez absolument, il faudra bien que je la prenne. Mais comptez que je mourrai de douleur d'avoir vu en naissant les Troglodytes libres et de les voir aujourd'hui assujettis." A ces mots, il se mit à répandre un torrent de larmes. "Malheureux jour, disait-il; et pourquoi ai-je tant vécu?" Puis il s'écria d'une voix sévère: "Je vois bien ce que c'est, ô Troglodytes! votre vertu commence à vous peser. Dans l'état où vous êtes, n'ayant point de chef, il faut que vous soyez vertueux malgré vous: sans cela vous ne sauriez subsister, et vous tomberiez dans le malheur de vos premiers pères. Mais ce joug vous paraît trop dur; vous aimez mieux être soumis à un prince et obéir à ses lois, moins rigides que vos moeurs. Vous savez que, pour lors, vous pourrez contenter votre ambition, acquérir des richesses et languir dans une lâche volupté; et que, pourvu que vous évitiez de tomber dans les grands crimes, vous n'aurez pas besoin de la vertu." Il s'arrêta un moment, et ses larmes coulèrent plus que jamais. "Et que prétendez-vous que je fasse? Comment se peut-il que je commande quelque chose à un Troglodyte? Voulez-vous qu'il fasse une action vertueuse parce que je la lui commande, lui qui la ferait tout de même sans moi et par le seul penchant de la nature? O Troglodytes! Je suis à la fin de mes jours, mon sang est glacé dans mes veines, je vais bientôt revoir vos sacrés aïeux. Pourquoi voulez-vous que je les afflige, et que je sois obligé de leur dire que je vous ai laissés sous un autre joug que celui de la vertu?" »
Montesquieu, Les lettres persanes (source : Wikisource)
Wednesday, May 02, 2007
Débat, suite
J-3. Amusons-nous !
C'est effrayant. J'ai l'impression d'être dans une voiture lancée à pleine vitesse, en compagnie de 60 millions d'autres personnes, et d'être l'un des seuls à voir le mur de béton armé en plein dans notre trajectoire. Pourquoi y a-t-il si peu de personnes lucides ?
Un conseil : Profitez de ces derniers jours de liberté. Faites la fête, amusez-vous. Ce qui est pris est pris ! La semaine prochaine, une nouvelle ère commence, pour notre malheur à tous. Les temps à venir seront durs.
Le tonnerre gronde déjà...
Monday, April 30, 2007
Le quatrième pouvoir
Un tel parti pris pour un candidat, Nicolas Sarkozy, c'est du jamais vu en France, je pense. Et depuis le premier tour, c'est pire.
Il faut avoir entendu Olivier de Lagarde, chroniqueur et "intervieweur" de France Info, quand il "interroge" Villepin, le 26 avril. Ca ressemblait plus à une interview fictive de spot de campagne qu'à un travail journalistique. Villepin a quasiment monopolisé la parole, et quand Lagarde posait une question (pas très agressive, ça va de soi), l'aisance de la réponse montrait bien que Villepin connaissait les questions à l'avance.
Rien à voir avec l'interview d'Aurélie Filipetti (une conseillère de Sègolène Royal), le 24 avril, sévèrement malmenée par le même Olivier de Lagarde.
Ca n'est qu'un exemple. On pourrait les multiplier à l'envie, tellement les médias français semblent avoir fait allégeance à Sarkozy. Les quelques médias essayant de s'exprimer librement, comme le Canard enchainé ou Marianne, sont d'ailleurs frappés d'ostracisme et ne sont plus cités par la majorité des autres médias. Autre exemple, plus significatif, le scandale des magouilles immobilières de l'Ile de la Jatte, à Neuilly : Sarkozy ne s'en est jamais expliqué, se contentant d'un "c'est stupide" définitif, alors que la gravité des accusations formulées par le Canard enchainé aurait dû le pousser à porter plainte pour diffamation, si vraiment ces accusations étaient infondées. Dans tout autre pays, ce type d'accusation aurait suffit pour que le candidat retire sa candidature et voit sa carrière politique brisée. En France, apparamment, la collusion et la corruption ne sont plus un problème. L'information a à peine été reprise par les autres médias, pendant un jour ou deux, alors que le Canard s'est fait l'écho des différents détails pendant trois semaines, démontant point par point les dénégations de Sarkozy.
Et c'est comme ça qu'on construit un avantage : en toute occasion, les médias aux ordres avantagent, parfois subtilement, parfois clairement, Sarkozy. Subtilement : Durant le débat avec Bayrou, Royal dit d'entrée de jeu qu'elle n'attend pas un ralliement de Bayrou, ce que celui-ci reprend ensuite dans ses propos ? Sur France-Info, on indique que Bayrou a précisé qu'il ne se rallierait pas Royal. Petit mensonge par omission. Clairement : Les pressions exercées par Sarkozy, pouir empêcher ce débat et à bien d'autres occasions, sont un secret de polichinelle. Pourtant, toute la presse les met régulièrement en doute dans ses articles. Je suis journaliste, je nie dans un article quelque chose que je sais être vrai à 100%. Et ça, étendu à la quasi totalité de la presse !
Une loi du silence concernant les défauts de Sarkozy, et une flagornerie en toute occasion. Ca laisse présager de ce qui se passera si Sarkozy devient président. La perspective est proprement terrifiante. Je pense personnellement que nous sommes devant l'un des pires dangers que notre pays ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale. Espérons simplement que nous, le Peuple français, n'auront pas à prendre les armes pour abattre un tyran.
Il est toujours fécond, le ventre de la bête immonde...
Tuesday, April 17, 2007
Blog
Un mouton dans la baignoire
J'en suis au deux tiers, mais je n'aime pas ce livre, malgré tout ce qu'il révèle sur Nicolas Sarkozy.
Malgré ce qu'en dit l'auteur, il transparait clairement que ce n'est pas par hasard si c'est dans un gouvernement de droite qu'il s'est retrouvé : Les jeunes qui manifestent contre le CPE sont des paresseux qui ont le culot de ne pas vouloir se laisser exploiter (il cite un jeune de 20 ans qui se plaint de la difficulté d'obtenir un crédit immobilier et se demande pourquoi on peut vouloir obtenir un crédit immobilier à 20 ans. C'est vrai, ça ! Laisse-toi d'abord un peu baiser, et quand les entreprises auront bien fait leur beurre sur ton dos, là tu auras le droit d'acheter un petit studio minable. En attendant, tu aurais habité chez papa-maman, parce qu'un CPE, ça aurait pas été génial non plus pour louer un appartement, bien sûr). En fait, il nie la notion même de précarité, en disant que de toute manière rien n'est sûr économiquement, avec la Chine, tout ça. Le classique deux temps, trois mouvements de la droite : d'abord, on supprime les barrières douanières pour que les pays à bas coûts puissent exporter vers ici, ensuite on dit que la main d'oeuvre locale n'est pas compétitive et qu'elle va devoir renoncer à tout ce qu'elle a conquis de haute lutte depuis 2 siècles. A défaut, elle est paresseuse et antipatriotique. Bref, je deteste sa manière de fustiger implicitement la paresse de la jeunesse française. Je trouve ça scandaleux.
En dehors de ça, le livre est largement inintéressant : il se répend en lamentations sur la difficulté du métier de ministre et je sens que je vais en savoir beaucoup plus que je ne le voudrais sur ses états d'âme. Personne ne l'a obligé, pourtant. On aimerait le voir pendant une semaine dans les chaussures d'un ouvrier chez Peugeot... Sans compter les innombrables jeux de mots...
Les calembours sont les pets de l'esprit, monsieur le Ministre.
Friday, March 30, 2007
"Police partout, justice nulle part !"
Le Peuple souverain manifestant pacifiquement, dispersé violemment à coup de grenades lacrymogènes par la police...
Thursday, March 22, 2007
"300"
La réalisation technique est intéressante, avec un choix chromatique des plus judicieux et une photographie de très bonne facture, même si l'usage immodéré des ralentis fait qu'on se demande s'il s'agit là d'un souci d'économie (pour meubler) ou des conséquences d'un visionnage en boucle de Matrix. Les scènes de bataille n'ont rien de bien exceptionnels dans leur réalisation technique, mais évitent au moins la répétition.
Non, le problème n'est pas dans la réalisation. Le problème, c'est le message nauséabond véhiculé par le film.
On a là une civilisation, Sparte, qui pratique l'eugénisme (on va jusqu'à justifier cette attitude durant le film par la trahison d'un spartiate "rejetté", tellement difforme qu'il est réalisé en images de synthèse), où les hommes ne naissent que pour être des guerriers et les femmes des mères de guerriers, bref des barbares au sens le plus strict du terme. Ce qui ne les empêche nullement d'être les "gentils" du film et de figurer comme les combattants de la liberté, et d'exiger de leur peuple le prix du sang, pour la liberté. Ces combattants affrontent des hordes venus d'Orient pour asservir et exterminer tout le monde "parce que". Parce qu'ils sont méchants. En fait, le film ne donne pas d'explication. C'est comme ça, point final.
Evidémment, toute ressemblance avec des problématiques contemporaines ne saurait être fortuite. On se souviendra que les descendants des Perses ne sont autre que les Iraniens, et qu'ils sont toujours (ou plutôt de nouveau) les méchants.
De même, on peut voir comme un analogie entre ce roi , qui sait que la guerre est nécessaire, opposé à un Sénat dans l'erreur, qui la refuse, et la situation dans certain pays occidental déjà engagé dans plusieurs conflits dans des pays entourant l'ancienne Perse...
De là à penser que ce film fait partie d'un plan de propagande servant à préparer l'opinion à un nouveau conflit, il n'y a qu'un pas...
Tuesday, March 13, 2007
Euthanasie
La presse et, malheureusement, la justice, sont en train d'inventer des distingos subtils qui permettent de créer une différence totalement imaginaire avec l'affaire Humbert, basé sur arguments totalement spécieux : le fait que le docteur Chaussoy avait "seulement" débranché les appareils maintenant en vie Vincent Humbert, alors que Laurence Tramois et Chantal Chanel ont injecté un poison à Paulette Bruais (aux yeux de la loi et moralement, ça ne fait pas la plus petite différence : il s'agit d'un homicide volontaire. On effectue délibérement une action qui va entrainer la mort), l'absence de volonté de mourir de la patiente (qui a volé en éclat en plein procès, puisque des témoins l'ont entendu exprimer à plusieurs reprises son envie d'en finir) et l'absence de consentement de la famille (la famille est tellement peu consentante qu'elle a refusé de se porter partie civile dans ce procès, c'est dire).
Petit rappel, histoire de remettre les choses en perspective : au moment où Paulette Bruais est morte, elle était dans le coma depuis 2 jours. Un coma "réactif à la douleur". Elle souffrait d'une occlusion intestinale qui allait entrainer des "vomissements fécaloïdes", le tout ne pouvant déboucher que sur la mort, puisqu'elle souffrait d'un cancer en phase terminale...
On a l'impression que les médias sont en train de nous préparer à l'idée que ces femmes vont être condamnées, histoire de sonner la fin de la récréation concernant l'euthanasie, alors qu'elles n'ont pas hésité à risquer leur liberté et leur carrière, par compassion. Mais ça n'arrivera qu'après les élections, bien entendu.
Vous, je ne sais pas, mais moi, cette histoire me met extrêment mal à l'aise, 4 ans après que Jean-Pierre Raffarin, alors Premier Ministre ait affirmé que l'Etat n'avait pas vocation à légiférer en matière d'euthanasie. L'Etat prend même tellement peu position qu'il s'apprête à mettre deux femmes courageuses en prison et à briser leur vie.
